LE MÉMORIAL DE SAINTE-HÉLÈNE 1816/02/07-08

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MOUVEMENT BONAPARTISTE

TOUT POUR ET PAR LE PEUPLE
« Pour l’Honneur de la France, pour les intérêts sacrés de l’Humanité »
(Napoléon le Grand, 17 ventôse an VIII – samedi 8 mars 1800)

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Aigle_Empire_MOUVEMENT BONAPARTISTE

Le mercredi 7, jeudi 8 février 1816.

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L’EMPEREUR APPREND LA MORT DE MURAT

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La frégate la Thébaine est arrivée du Cap, et nous a apporté quelques journaux ; je les traduisais à l’Empereur en nous promenant dans le jardin. Un de ces papiers renfermait une grande catastrophe ; je lus que Murat ayant débarqué avec quelques hommes en Calabre, y avait été saisi et fusillé. A ces paroles inattendues, l’Empereur, me saisissant le bras, s’est écrié : « Les Calabrais ont été plus humains, plus généreux que ceux qui m’ont envoyé ici ». C’est tout. Après quelques moments de silence, comme il ne disait plus rien, je continuai.

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Murat, sans vrai jugement, sans vues solides, sans caractère proportionné à ces circonstances, venait de périr dans une tentative évidemment désespérée. Il n’est pas impossible que le retour de l’Empereur de l’île d’Elbe ne lui eût tourné la tête, et qu’il n’espérât peut-être en renouveler le prodige pour son propre compte. Ainsi périt si misérablement celui qui avait été une des causes si actives de nos malheurs ! En 1814, son courage, son audace pouvaient nous tirer de l’abîme ; sa trahison nous y précipita ; il neutralisa le vice-roi sur le Pô ; il l’y combattit, lorsque, réunis ensemble, ils eussent pu forcer les gorges du Tyrol, descendre en Allemagne et venir sur Bâle et les rives du Rhin, détruire, saisir les derrières des alliés et leur couper toute retraite en France.

*

L’Empereur, à l’île d’Elbe, dédaigna toute communication avec le roi de Naples ; mais, partant pour la France, il lui écrivit qu’allant prendre possession de son trône, il se plaisait à lui déclarer qu’il lui pardonnait sa conduite dernière, lui rendait sa bienveillance, lui envoyait quelqu’un pour lui signer la garantie de ses Etats, et lui recommandait, sur toute chose, de se maintenir en bonne intelligence avec les Autrichiens, et de se contenter de les contenir, dans le cas où ils voudraient marcher sur la France. Murat, en ce moment, tout au sentiment de sa première jeunesse, ne voulut ni garantie ni signature : la parole de l’Empereur, son amitié lui suffisaient, s’écria-t-il ; il prouverait qu’il avait été plus malheureux que coupable. Son dévouement, son ardeur allaient, disait-il, lui obtenir l’oubli du passé.

« Mais il était dans la destinée de Murat de nous faire du mal. Il nous avait perdus en nous abandonnant, et il nous perdit en prenant trop chaudement notre parti : il ne garda plus aucune mesure ; il attaqua lui-même les Autrichiens sans plan raisonnable, sans moyens suffisans, et il succomba sans coup férir ».

Les Autrichiens, délivrés de cet obstacle, s’en servirent comme raison ou de prétexte pour en augurer des vues ambitieuses dans Napoléon reparaissant sur la scène. C’est ce qu’ils lui objectèrent constamment toutes les fois qu’il leur protesta de sa modération.

L’Empereur, avant la circonstance malheureuse des hostilités de Murat, avait déjà noué quelques négociations avec l’Autriche. D’autres États inférieurs, que je crois inutiles de nommer, lui avaient fait dire qu’il pouvait compter sur leur neutralité. Nul doute que la chute du roi de Naples n’ait donné aussitôt une autre tournure aux affaires.

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On a essayé de faire passer Napoléon pour un homme terrible, implacable ; le vrai c’est qu’il était étranger à toute vengeance, et ne savait pas conserver de rancune, quelque mal qu’on lui eût fait. Son courroux, d’ordinaire, s’exhalait par des sorties violentes, et c’était là tout. Ceux qui le connaissaient le savaient bien. Murat l’avait outrageusement trahi ; on vient de lire qu’il l’avait perdu deux fois, et cependant c’est à Toulon que Murat accourt chercher un asile. « Je l’eusse amené à Waterloo, nous disait Napoléon ; mais l’armée française était tellement patriotique, si morale, qu’il est douteux qu’elle eût voulu supporter le dégoût et l’horreur qu’avaient inspirés celui qu’elle disait avoir trahi, perdu la France. Je ne me crus pas assez puissant pour l’y maintenir, et pourtant il nous eût valu peut-être la victoire ; car que nous fallait-il dans certains momens de la journée ? enfoncer trois ou quatre carrés anglais ; or Murat était admirable pour une telle besogne ; il était précisément l’homme de la chose ; jamais à la tête de la cavalerie on ne vit quelqu’un de plus déterminé, de plus brave, d’aussi brillant ».

« Quant au parallèle des circonstances de Napoléon et de Murat, celui de leur débarquement respectif en France, et sur le territoire de Naples, il n’en saurait exister aucun, disait l’Empereur : Murat n’avait d’autre bon argument dans sa cause que le succès, et il était purement chimérique au moment où et de la manière dont il l’a entrepris. J’étais l’élu d’un peuple, j’étais le légitime dans leurs doctrines nouvelles ; mais Murat n’était point Napolitain ; les Napolitains n’avaient jamais élu Murat ; était-il à croire qu’il pût exciter parmi eux un bien vif intérêt ; aussi sa proclamation est-elle tout à fait fausse et vide de choses. Ferdinand de Naples devait et pouvait ne le présenter que comme un fauteur d’insurrection ; c’est ce qu’il a fait, et il l’a traité en conséquence.

« Quelle différence avec moi, continuait Napoléon ! Avant mon arrivée, toute la France était déjà pleine d’un même sentiment. Je débarque, et ma proclamation n’est pleine que de ce même sentiment : chacun y lit ce qu’il a dans le cœur. La France était mécontente, j’étais sa ressource ; les maux et le remède furent aussitôt en harmonie : voilà toute la clef de ce mouvement électrique, sans exemple dans l’histoire. Il prit sa source uniquement dans la nature des choses ; il n’y eut point de conspiration, et l’élan fut général ; pas une parole ne fut portée, et tout le monde s’entendit. Les populations entières se précipitaient sur le passage du libérateur. Le premier bataillon que j’enlevai de ma personne, me valut aussitôt la totalité de l’armée. Je me trouvai porté jusqu’à Paris ; le gouvernement existant, tous ses agens disparurent sans efforts, comme les nuages se dissipent à la vue du soleil. Et encore eussé-je tombé dans les mains de mes ennemis, je n’étais pas purement un chef d’insurrection ; j’étais un souverain reconnu de toute l’Europe ; j’avais mon titre, ma bannière, mes troupes ; je venais faire la guerre à mon ennemi ».

A propos mouvementbonapartiste

JOURNAL OFFICIEL DE LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE 6 février 2010 1016 - * Déclaration à la préfecture de Meurthe-et-Moselle. MOUVEMENT BONAPARTISTE Objet : défendre, faire connaître et étendre les principes et valeurs du Bonapartisme. Il s’appuie sur l’adhésion populaire à une politique de redressement conjuguant les efforts des particuliers, associations et services de l’État. Le mouvement défend les principes bonapartistes sur lesquels il est fondé, et qui régissent son fonctionnement intérieur. Il défend également la mémoire de Napoléon le Grand, ainsi que celle de Napoléon III et de leurs fils, Napoléon II et Napoléon IV. Il reconnait Napoléon IV comme ayant régné sans avoir gouverné, en vertu du plébiscite de mai 1870. Le mouvement ne reconnait pas d’empereur après 1879, en vertu de l’absence de plébiscite. Républicain, il privilégie le bonheur, les intérêts et la gloire des peuples, et n’envisage de rétablissement de l’Empire que si les fondements en sont républicains et le régime approuvé par voie référendaire.
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