LE MÉMORIAL DE SAINTE-HÉLÈNE 1816/02/1er

DRAPEAU DU MOUVEMENT BONAPARTISTE

MOUVEMENT BONAPARTISTE

TOUT POUR ET PAR LE PEUPLE
« Pour l’Honneur de la France, pour les intérêts sacrés de l’Humanité »
(Napoléon le Grand, 17 ventôse an VIII – samedi 8 mars 1800)

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Aigle_Empire_MOUVEMENT BONAPARTISTE

 

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Jeudi 1er février 1816

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ÉLOGE DE SAINTE-HÉLÈNE PAR L’EMPEREUR

PETITES RESSOURCES DE L’ÎLE

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La philosophie la plus heureuse et la plus sage est celle qui nous fait voir parfois le côté le moins défavorable des circonstances les plus fâcheuses : l’Empereur, dans ce sentiment sans doute, nous disait aujourd’hui en se promenant au fond du jardin, qu’après tout, exil pour exil, Sainte-Hélène était peut-être encore la meilleure place. Dans les latitudes élevées, nous aurions eu beaucoup à souffrir des rigueurs du froid ; et nous aurions expiré misérablement sous l’ardeur brûlante de toute autre île du tropique. « Le rocher de Sainte-Hélène, continuait-il, était stérile, sauvage sans doute, le climat y était monotone, insalubre ; mais la température, il fallait en convenir, était douce ».

La conversation l’a amené à me demander ce qui eût été préférable, de l’Amérique ou de l’Angleterre, dans le cas où nous eussions été libres de nos mouvemens. Je répondais que, si l’Empereur avait voulu vivre en philosophe, en sage, dans le repos et loin désormais de l’agitation du monde, il aurait fallu choisir l’Amérique, mais pour peu qu’il eût conservé le sentiment ou l’arrière-pensée des affaires, il eût fallu préférer l’Angleterre. Et ne voulant pas rester en arrière sur la peinture flatteuse que l’Empereur venait de tracer de notre misérable rocher, j’osai même dire qu’il pourrait être telles chances qui fissent que Sainte-Hélène ne serait pas trouvée le pire des exils : nous y demeurions à l’écart, quand la tempête rugissait pour les autres ; nous nous y trouvions hors de l’atmosphère des passions, circonstance favorable aux chances possibles d’un meilleur avenir ; c’était assurément un grand désir de voir en beau ; je reculais l’horizon de toute l’étendue de l’imagination.

En attendant, pour se faire une juste idée de l’état de notre exil et de ses ressources, il nous a été dit, dans la journée, que nous devions mettre de l’économie dans plusieurs de nos consommations, peut-être même nous attendre à en faire le sacrifice momentané : on nous a dit que le café devenait extrêmement rare et qu’il pourrait manquer bientôt ; depuis longtemps nous n’avons plus de sucre blanc, il n’en reste plus aujourd’hui que fort peu et très mauvais, réservé exclusivement pour l’Empereur, et nous sommes menacés de le voir bientôt finir ; il en est de même de plusieurs autres productions essentielles. Notre île est un vaisseau qui tient la mer ; il manque bientôt si la traversée se prolonge ou si on le surcharge de bouches outre mesure. Nous avons suffi pour affamer Sainte-Hélène, d’autant plus que les bâtimens de commerce ne peuvent désormais en approcher : on dirait que ce lieu est devenu pour eux un écueil maudit et redouté, si l’on ne savait que la croisière anglaise donne ses soins à les tenir éloignés. Mais ce qui, dans les privations dont nous sommes menacés, nous a surpris davantage et nous affecterait le plus, c’est le manque de papier à écrire. On nous a dit que depuis trois mois que nous étions ici, nous avions épuisé les magasins de la colonie, ce qui prouverait qu’ils sont d’ordinaire légèrement fournis, ou bien que nous en faisions une furieuse consommation : notre seule réunion à Longwood en emploierait donc à elle seule six ou huit fois plus que tout le reste de la colonie ensemble. Qu’on joigne à ces détails matériels nos privations physiques et morales ; qu’on se dise que nous ne jouissions pas même des ressources de l’île, dont l’arbitraire et le caprice nous privent en partie : on nous y refuse l’herbe et le feuillage, qui se trouvent dans d’autres sites de l’île. L’amiral avait promis à l’Empereur qu’il pourrait circuler par toute l’île, parce qu’il pourvoirait à une surveillance que le captif soupçonnerait à peine ; on a vu qu’à la seconde épreuve l’amiral avait rompu cette espèce d’engagement ; un officier, par ses ordres, a prétendu se mêler avec nous ; l’Empereur a renoncé dès lors à toute excursion, et nous demeurons séquestrés réellement du commerce des hommes.

Notre vie animale est des plus misérables : soit impossibilité d’être mieux, soit mauvaise administration à cet égard, toutefois est-il rien de mangeable : le vin est des plus mauvais ; on ne saurait employer l’huile ; je viens de dire que le café, le sucre manquent et que nous affamons l’île. On sait bien qu’on peut se passer de tout, qu’on pourrait ne pas mourir à beaucoup moins ; mais quand on prétend nous traiter avec magnificence et nous persuader que nous sommes très bien, on nous amène à nous récrier sur ce que nous sommes très mal et sur ce que nous manquons de tout. Si l’on avisait de supposer, sur notre silence, que nous sommes heureux, qu’on apprenne du moins que la seule force de notre moral peut nous faire résister à des maux que les expressions ne sauraient rendre.

A propos mouvementbonapartiste

JOURNAL OFFICIEL DE LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE 6 février 2010 1016 - * Déclaration à la préfecture de Meurthe-et-Moselle. MOUVEMENT BONAPARTISTE Objet : défendre, faire connaître et étendre les principes et valeurs du Bonapartisme. Il s’appuie sur l’adhésion populaire à une politique de redressement conjuguant les efforts des particuliers, associations et services de l’État. Le mouvement défend les principes bonapartistes sur lesquels il est fondé, et qui régissent son fonctionnement intérieur. Il défend également la mémoire de Napoléon le Grand, ainsi que celle de Napoléon III et de leurs fils, Napoléon II et Napoléon IV. Il reconnait Napoléon IV comme ayant régné sans avoir gouverné, en vertu du plébiscite de mai 1870. Le mouvement ne reconnait pas d’empereur après 1879, en vertu de l’absence de plébiscite. Républicain, il privilégie le bonheur, les intérêts et la gloire des peuples, et n’envisage de rétablissement de l’Empire que si les fondements en sont républicains et le régime approuvé par voie référendaire.
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