LE MÉMORIAL DE SAINTE-HÉLÈNE 1816/01/18 – 20

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MOUVEMENT BONAPARTISTE

TOUT POUR ET PAR LE PEUPLE
« Pour l’Honneur de la France, pour les intérêts sacrés de l’Humanité »
(Napoléon le Grand, 17 ventôse an VIII – samedi 8 mars 1800)

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Aigle_Empire_MOUVEMENT BONAPARTISTE

Jeudi 18 au samedi 20 janvier 1816

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NOS HABITUDES JOURNALIÈRES

CONVERSATION AVEC LE GOUVERNEUR WILKS

ARMÉES

CHIMIE

POLITIQUE

DÉTAILS SUR L’INDE

DELPHINE, DE MME DE STAËL

NECKER, CALONNE

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Notre vie se passait dans une grande uniformité. L’Empereur ne sortait pas de tout le matin ; vers les deux heures, la leçon d’anglais était devenue très régulière ; venait ensuite la promenade de jardin ou quelques présentations qui étaient fort rares ; puis une petite course en calèche, car les chevaux étaient enfin arrivés ; avant le dîner, la révision des campagnes d’Italie ou d’Égypte, après le dîner, la lecture de nos romans.

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Le 20, l’Empereur reçut le gouverneur Wilks, avec lequel il eut une conversation à fond sur l’armée, les sciences, l’administration et les Indes. Parlant de l’organisation de l’armée anglaise, il s’est arrêté sur son mode d’avancement, s’étonnant que chez un peuple où existait l’égalité des droits, les soldats devinssent si rarement officiers. Le colonel Wilks avouait que leurs soldats n’étaient pas faits pour le devenir, et que les Anglais s’étonnaient à leur tour de l’immense différence, à cet égard, qu’ils avaient remarquée dans l’armée française, ou presque chaque soldat leur avait montré les germes d’un officier. « C’est une des grandes conséquences de la conscription, faisait observer l’Empereur : elle avait rendu l’armée française la mieux composée qui fut jamais. C’était, continuait-il, une institution éminemment nationale et déjà fort avancée dans nos mœurs : il n’y avait plus que les mères qui s’en affligeassent encore ; et le temps serait venu où une fille n’eût pas voulu d’un garçon qui n’aurait pas acquitté son devoir envers la patrie. Et c’est dans cet état seulement, ajoutait-il, que la conscription aurait acquis la dernière mesure de ses avantages : quand elle ne se présente plus comme un supplice ou comme une corvée, mais qu’elle est devenue un point d’honneur dont chacun demeure jaloux, alors seulement la nation est grande, glorieuse, forte ; c’est alors que son existence peut défier les revers, les invasions, les siècles.

« Du reste, continuait-il, il est vrai de dire encore qu’il n’est rien qu’on n’obtienne des Français par l’appât du danger ; il semble leur donner de l’esprit ; c’est leur héritage gaulois… La vaillance, l’amour de la gloire sont chez les Français un instinct, une espèce de sixième sens. Combien de fois, dans la chaleur des batailles, je me suis arrêté à contempler mes jeunes conscrits se jetant dans la mêlée pour la première fois : L’honneur et le courage leur sortaient par tous les pores ! »

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De là, l’Empereur, sachant que le gouverneur Wilks était très fort sur la chimie, l’a attaqué sur cet objet. Il lui a parlé des immenses progrès que cette science avait fait faire à toutes nos manufactures. Il lui a dit que l’Angleterre et la France avaient sans doute également de grands chimistes ; mais que la chimie était bien plus généralement répandue en France, et surtout beaucoup plus dirigée vers des résultats utiles ; qu’en Angleterre elle demeurait une science ; qu’en France elle commençait à n’être plus qu’une pratique. Le gouverneur convenait de la vérité littérale de ces assertions, et ajoutait, avec grâce de son côté, que c’était à lui, Empereur, que ces avantages étaient dus, et que toutes les fois que la science serait conduite par la main du pouvoir, elle aurait de grands et heureux résultats pour le bien-être de la société. L’Empereur disait que, dans les derniers temps, la France avait conquis le sucre de betterave, de même qualité et de même prix que le sucre de canne. Le gouverneur en a été fort étonné ; il ne le soupçonnait pas. L’Empereur lui a affirmé que c’était un fait des plus avérés, bien qu’en opposition directe aux préjugés encore existans de l’Europe, et même de la France. Il a ajouté de plus qu’il en était de même du pastel, substitut de l’indigo, et ainsi de presque tous les objets coloniaux, à l’exception du bois de teinture. Ce qui le portait à conclure que, si la découverte de la boussole avait produit une révolution dans le commerce, les progrès de la chimie étaient appelés à en produire la contre-révolution.

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On a parlé ensuite des émigrations nombreuses actuelles des ouvriers de France et d’Angleterre en Amérique. L’Empereur remarquait que ce pays privilégié s’enrichissait de nos folies. Le gouverneur a souri, disant que celles de l’Angleterre se trouvaient en tête du catalogue, par les nombreuses fautes ministérielles qui avaient amené la révolte de ces colonies et leur émancipation. A cela l’Empereur faisait observer que cette émancipation, au surplus, avait dû être inévitable ; que quand les enfans sont devenus plus grands que leurs pères, il est difficile qu’ils obéissent longtemps.

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Alors la conversation a conduit naturellement aux Indes ; le gouverneur y a demeuré nombre d’années, il y occupait de hauts emplois, il y a fait de grandes recherches, il a pu répondre à une foule de questions de l’Empereur sur les lois, les mœurs, les usages des Indous, l’administration des Anglais, la nature et la confection des lois actuelles, etc.

Les Anglais, aux Indes, sont régis par les lois d’Angleterre ; les indigènes, par les lois locales faites par les divers conseils, agents de la compagnie qui ont pour règle fondamentale de se rapprocher le plus possible des lois mêmes de ces peuples.

Hyder Aly était un homme de génie. Tippoo, son fils, n’était qu’un présomptueux, fort ignorant et très inconsidéré. Hyder Aly avait jusqu’au-delà de cent mille hommes ; Tippoo n’en avait guère jamais eu que cinquante mille. Ces peuples ne manquent pas de courage ; mais ils n’ont pas nos forces physiques ; ils sont sans discipline et sans tactique. Dix-sept mille hommes de troupes anglaises, dont quatre mille Européens seulement, avaient suffi pour détruire cet empire de Misoor. Cependant il était à croire que tôt ou tard l’esprit national affranchirait ces contrées du joug britannique : le mélange du sang européen avec celui des indigènes créait une race mixte, dont le nombre et la nature préparaient certainement, de loin, une grande révolution. Toutefois, aujourd’hui, ces peuples étaient certainement plus heureux qu’avant la domination anglaise : l’administration d’une exacte justice et la douceur du gouvernement étaient, quant à présent, les plus fortes garanties de la métropole. On avait cru devoir y joindre aussi la défense aux Anglais et aux Européens d’y acheter des terres ou d’y former des établissemens héréditaires, etc., etc. Voilà ce que j’ai recueilli de plus marquant dans l’intéressante conversation de M. Wilks.

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Delphine, de Mme de Staël, occupait en ce moment nos soirées. L’Empereur l’analysait : peu de choses trouvaient grâce devant lui. Le désordre d’esprit et d’imagination qui y règne animait sa critique : c’était toujours, disait-il, les mêmes défauts qui l’avaient jadis éloigné de son auteur, en dépit des avances et des cajoleries les plus vives de celle-ci.

Dès que la victoire eut consacré le jeune général de l’armée d’Italie, Mme de Staël, sans le connaître, et par la seule sympathie de la gloire, professa dès cet instant pour lui des sentimens d’enthousiasme dignes de sa Corinne ; elle lui écrivait, disait Napoléon, de longues et nombreuses épîtres pleines d’esprit, de feu, de métaphysique : c’était une erreur des institutions humaines, lui mandait-elle, qui avait pu lui donner pour femme la douce et tranquille Mme Bonaparte : c’était une âme de feu, comme la sienne, que la nature avait sans doute destinée à celle d’un héros tel que lui, etc.

Je renvoie aux campagnes d’Italie pour faire voir que l’ardeur de Mme de Staël ne s’était pas ralentie pour n’avoir pas été partagée. Opiniâtre à ne pas se décourager, elle était parvenue plus tard à lier connaissance, même à se faire admettre ; et elle usait de ce privilège, disait l’Empereur, jusqu’à l’importunité. Il est très vrai, ainsi qu’on l’a dit dans le monde, que le général voulant le lui faire sentir, s’excusait un jour d’être à peine vêtu, et qu’elle avait répondu, avec sentiment et vivacité, que cela importait peu, que le génie n’avait point de sexe.

Mme de Staël nous a transportés naturellement à son père, M. Necker. L’Empereur racontait qu’en allant à Marengo, il avait reçu sa visite à Genève ; que là il avait assez lourdement montré le désir de rentrer au ministère, désir du reste que M. de Calonne, son rival, vint aussi témoigner plus tard à Paris, avec une inconcevable légèreté. M. Necker avait ensuite écrit un ouvrage dangereux sur la politique de la France, pays qu’il essayait de prouver ne pouvoir plus être ni monarchie ni république, et dans lequel il appelait le Premier Consul l’homme nécessaire.

Le Premier Consul proscrivit l’ouvrage, qui dans ce moment pouvait lui être fort nuisible ; il en livra la réfutation au consul Lebrun, qui, avec sa belle prose, disait l’Empereur, en fit pleine et prompte justice. La coterie Necker s’en aigrit, Mme de Staël intrigua et reçut l’ordre de sortir de France ; depuis elle demeura toujours une ardente et fort active ennemie. Toutefois, au retour de l’île d’Elbe, Mme de Staël écrivit ou fit dire à l’Empereur, lui exprimant à sa manière tout l’enthousiasme que venait de lui causer ce merveilleux événement, qu’elle était vaincue, que ce dernier acte n’était pas d’un homme, qu’il plaçait dès cet instant son auteur dans le ciel. Puis, en se résumant, elle finissait par insinuer que si l’Empereur daignait laisser payer les deux millions déjà ordonnancés par le roi en sa faveur, elle lui consacrerait à jamais sa plume et ses principes. L’Empereur lui fit répondre que rien ne le flatterait plus que son suffrage, car il appréciait tout son talent ; mais qu’en vérité, il n’était pas assez riche pour le payer tout ce prix.

A propos mouvementbonapartiste

JOURNAL OFFICIEL DE LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE 6 février 2010 1016 - * Déclaration à la préfecture de Meurthe-et-Moselle. MOUVEMENT BONAPARTISTE Objet : défendre, faire connaître et étendre les principes et valeurs du Bonapartisme. Il s’appuie sur l’adhésion populaire à une politique de redressement conjuguant les efforts des particuliers, associations et services de l’État. Le mouvement défend les principes bonapartistes sur lesquels il est fondé, et qui régissent son fonctionnement intérieur. Il défend également la mémoire de Napoléon le Grand, ainsi que celle de Napoléon III et de leurs fils, Napoléon II et Napoléon IV. Il reconnait Napoléon IV comme ayant régné sans avoir gouverné, en vertu du plébiscite de mai 1870. Le mouvement ne reconnait pas d’empereur après 1879, en vertu de l’absence de plébiscite. Républicain, il privilégie le bonheur, les intérêts et la gloire des peuples, et n’envisage de rétablissement de l’Empire que si les fondements en sont républicains et le régime approuvé par voie référendaire.
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