LE MÉMORIAL DE SAINTE-HÉLÈNE – 1816/01/12-14

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MOUVEMENT BONAPARTISTE

TOUT POUR ET PAR LE PEUPLE
« Pour l’Honneur de la France, pour les intérêts sacrés de l’Humanité »
(Napoléon le Grand, 17 ventôse an VIII – samedi 8 mars 1800)

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Aigle_Empire_MOUVEMENT BONAPARTISTE

Vendredi 12 au dimanche 14 janvier 1816

*

L’EMPEREUR COUCHÉ EN JOUE

NOS PASSE-TEMPS DU SOIR

ROMANS

SORTIE POLITIQUE

*

L’Empereur, depuis plusieurs jours, avait entièrement interrompu ses promenades à cheval. La reprise qu’il voulut en faire le 12 ne fut pas propre à lui en redonner le goût ni l’habitude : nous avions franchi notre vallée ordinaire, nous la remontions sur le revers opposé à Longwood, lorsque d’une des crêtes où jusque-là il n’y avait eu aucun poste, un soldat nous fit beaucoup de cris et de gestes. Comme nous étions dans le bassin de notre enceinte, nous n’en tînmes aucun compte ; alors cet homme descendit hors d’haleine, chargeant son arme en courant. Le général Gourgaud resta de l’arrière pour voir ce qu’il voulait, tandis que nous continuâmes notre route. Je pus le voir, à l’aide de plusieurs tournants, colleter le soldat et le contenir ; puis il le fit suivre de force jusqu’au poste voisin du grand-maréchal, où le général Gourgaud voulait le faire entrer ; mais il lui échappa. Il se trouva que c’était un caporal ivre qui avait mal entendu sa consigne ; il nous avait plusieurs fois couchés en joue. Cette circonstance, qui pouvait se répéter si facilement, nous fît frémir pour l’existence de l’Empereur ; lui n’y vit qu’un affront moral, un nouvel obstacle à son exercice du cheval.

L’Empereur avait interrompu ses invitations à dîner ; l’heure, la distance, la toilette étaient pénibles pour les convives ; quant à nous, nous en éprouvions de la gêne dans nos habitudes, sans en recueillir aucun agrément. L’Empereur était moins avec nous, sa conversation n’avait plus le même abandon.

L’Empereur avait insensiblement repris son travail régulier : il dictait journellement au grand-maréchal sur l’expédition d’Égypte ; quelque temps avant de dîner, il me faisait venir avec mon fils, pour relire et couper en paragraphes les divers chapitres des campagnes d’Italie. Le reversi était tout-à-fait passé de mode, l’Empereur y avait renoncé ; l’après-dîner était désormais consacré à la lecture de quelque ouvrage ; l’Empereur lisait lui-même tout haut ; quand il était fatigué, il passait le livre à quelqu’un ; mais alors il n’en supportait jamais la lecture plus d’un quart d’heure, il s’endormait. Nous en étions en ce moment à des romans ; nous en entamions beaucoup que nous ne finissions pas. C’était Manon Lescaut, que nous rejetâmes bientôt comme roman d’antichambre ; les Mémoires de Grammont, si pleins d’esprit, mais qui ne font point d’honneur aux hautes mœurs du temps ; le Chevalier de Faublas, qui n’est supportable qu’à vingt ans, etc. Quand ces lectures pouvaient nous conduire jusqu’à onze heures ou minuit, l’Empereur en témoignait une véritable joie : il appelait cela des conquêtes sur le temps, et il trouvait qu’elles n’étaient pas les plus faciles.

La politique aussi avait son tour. Environ toutes les trois ou quatre semaines, nous recevions un gros paquet de journaux d’Europe : c’était un coup de fouet qui nous ravivait et nous agitait fort durant quelques jours, pendant lesquels nous discutions, classions et résumions les nouvelles ; après quoi nous retombions insensiblement dans le marasme. Les derniers journaux nous avaient été apportés par la corvette la Levrette, arrivée depuis quelques jours ; ils remplirent une de nos soirées, et firent éclater dans l’Empereur un de ces momens de chaleur et de verve dont j’ai été parfois le témoin au Conseil d’État, et qui lui échappent de temps à autre ici.

Il marchait à grands pas au milieu de nous, s’animant par degrés et ne s’interrompant que par quelques instans de méditation.

« Pauvre France, disait-il, quelles seront tes destinées ? Surtout qu’est-ce devenue ta gloire ? Quelles sont tes espérances, tes ressources ? Un roi sans système, incertain, à demi-mesures, quand elles devraient être positives et extrêmes. Une ombre de ministère, quand il lui faudrait tant de force et de talent ! Division dans la maison royale, quand il n’y faudrait qu’une volonté ! Un prince du sang à la tête d’une opposition toute nationale ! Que des sujets de troubles, que de combinaisons pour l’avenir ! Qui pourrait assigner le dénouement ? Quelles adresses que celles de ces deux Chambres ? On les a lues tout à l’heure, à qui de nous en reste-t-il quelque chose ? Elles sont sans couleur, sans but, sans résultats ; propres à tous les temps, à toutes les circonstances ; de mauvais oripeaux de souveraineté, guenilles de trônes, lieux communs ; flagorneries abjectes et stupides qui nous dégradent et nous avilissent aux yeux des étrangers ! Y a-t-il rien dans tout cela de national, je le demande ? Aperçoit-on une lueur de cette opposition utile à la dignité et à la force du souverain ? Comment osent-ils parler de son chagrin, pleurer avec lui, c’est lui qui cause tous leurs maux ; il était de la coalition, il est l’allié de leurs bourreaux !… Ils disent qu’il n’a qu’à parler, que tous les sacrifices qu’il demandera ils sont prêts à les faire… Ils appuient surtout sur le système de la légitimité auquel ne croit aucun de ceux qui parlent… Mais c’est là le discours de Metternich, de Nesselrode, de Castelreagh, et non celui de Français !… A quoi bon des assemblées sous le roi ? C’est de sa part une faute de plus, elles ne feront qu’éveiller et il fallait endormir. Elles ne sont composées que de ses affidés, dit-on, soit ; mais qu’en peut-il attendre ? Croit-il qu’elles lui donneront du crédit dans la nation ? Elles sont antinationales si elles marchent avec lui ; furieuses dans leurs réactions, elles le porteront plus loin qu’il ne voudra ; si au contraire elles témoignent la moindre opposition, elles le gêneront dans sa marche. Jamais les Assemblées n’ont réuni prudence et énergie, sagesse et vigueur, et c’est pourtant aujourd’hui ce qu’il faut au roi.

« Louis XVIII, l’année dernière, pouvait s’identifier avec la nation ; aujourd’hui il n’a plus de choix. Il faut qu’il pèse avec les principes de son parti ; il ne peut plus essayer que le régime de ses pères… D’un autre côté les alliés n’ont pas mieux entendu leurs intérêts. Il fallait affaiblir la France et non la désespérer, il fallait lui enlever du territoire et non lui imposer des contributions. Ce n’est pas ainsi qu’on traite vingt-huit millions d’hommes. Les Français devaient au moins racheter la perte de leur gloire par du repos et du bonheur. En imposant des humiliations, il fallait donner du pain, il fallait essayer de réduire ce grand corps à la stagnation ».

L’Empereur a terminé en disant qu’il était bien sinistre sans doute ; mais qu’il avait beau faire, qu’il ne pouvait voir que des catastrophes, des massacres, du sang.

A propos mouvementbonapartiste

JOURNAL OFFICIEL DE LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE 6 février 2010 1016 - * Déclaration à la préfecture de Meurthe-et-Moselle. MOUVEMENT BONAPARTISTE Objet : défendre, faire connaître et étendre les principes et valeurs du Bonapartisme. Il s’appuie sur l’adhésion populaire à une politique de redressement conjuguant les efforts des particuliers, associations et services de l’État. Le mouvement défend les principes bonapartistes sur lesquels il est fondé, et qui régissent son fonctionnement intérieur. Il défend également la mémoire de Napoléon le Grand, ainsi que celle de Napoléon III et de leurs fils, Napoléon II et Napoléon IV. Il reconnait Napoléon IV comme ayant régné sans avoir gouverné, en vertu du plébiscite de mai 1870. Le mouvement ne reconnait pas d’empereur après 1879, en vertu de l’absence de plébiscite. Républicain, il privilégie le bonheur, les intérêts et la gloire des peuples, et n’envisage de rétablissement de l’Empire que si les fondements en sont républicains et le régime approuvé par voie référendaire.
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