LE MEMORIAL DE SAINTE-HELENE – 1816/01/01-03

Aigle_Empire_MOUVEMENT BONAPARTISTE

 

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MOUVEMENT BONAPARTISTE

TOUT POUR ET PAR LE PEUPLE
« Pour l’Honneur de la France, pour les intérêts sacrés de l’Humanité »
(Napoléon le Grand, 17 ventôse an VIII – samedi 8 mars 1800)

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Aigle_Empire_MOUVEMENT BONAPARTISTE

Lundi 1er janvier 1816 au mercredi 3.

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PREMIERE DE L’AN

FUSILS DE CHASSE ETC

FAMILLE DU GOUVERNEUR WILKS

*

Le premier jour de l’an, nous nous sommes tous réunis vers les dix heures du matin pour présenter nos hommages à l’Empereur, au sujet de la nouvelle année ; il nous a reçus quelques instants après ; nous avions bien plutôt à lui offrir des vœux que des félicitations. L’Empereur a voulu que nous déjeunassions et passassions tout ce jour ensemble en véritable famille, a-t-il dit, et il s’est arrêté sur notre situation ici. « Vous ne composez plus qu’une poignée au bout du monde, observait-il, et votre consolation doit être au moins de vous y aimer ». Nous l’avons tous accompagné dans le jardin, où il a été se promener pendant qu’on préparait le déjeuner. En cet instant on lui a apporté ses fusils de chasse, qui avaient été jusque-là retenus par l’amiral. Cet envoi n’était, du reste, de la part de l’amiral, qu’un procédé qui témoignait ses dispositions nouvelles ; ces fusils ne pouvaient être d’aucun autre agrément pour l’Empereur, la nature du terrain et le défaut du gibier ne lui permettant aucune illusion sur le divertissement de la chasse : il ne se trouvait parmi nos arbres à gomme que des tourterelles, que quelques coups de fusil de la part du général Gourgaud et de mon fils eurent bientôt détruites ou forcées à l’émigration.

Mais il était dit que les meilleures intentions de l’amiral, les plus bienveillantes, porteraient toujours quelques restrictions, quelques teintes de caprice propres à en détruire l’effet : avec les deux ou trois fusils de l’Empereur, il s’en trouvait deux ou trois autres à nous ; ils nous furent délivrés, mais avec la condition qu’ils seraient remis chaque soir dans la tente de l’officier de garde. On s’imagine bien qu’une pareille sujétion fit remercier sans hésiter l’offre d’une telle faveur, et ces fusils ne nous restaient qu’après quelques pourparlers. Cependant, qui étions-nous ? quelques malheureux isolés du reste de l’univers, entourés de sentinelles, gardés par tout un camp ! Et de quoi s’agissait-il ? de deux fusils de chasse. Je cite cette circonstance : elle est bien petite en elle-même ; mais elle est caractéristique, et peindra mieux que beaucoup d’autres choses la vérité de notre situation et la nature de nos peines.

Le 3, j’ai été déjeuner chez Mme Bertrand avec laquelle je devais aller dîner chez le gouverneur. La distance de Plantation House, sa demeure, demande une heure et demie de voyage avec six bœufs ; un attelage de chevaux serait dangereux. On traverse ou on tourne cinq ou six gorges bordées de précipices de plusieurs centaines de pieds de profondeur ; on ôte quatre bœufs aux descentes trop rapides, et on les remet aux montées. Noun nous sommes arrêtés aux trois quarts de la route pour visiter une vieille bonne dame de quatre-vingt-trois ans, qui avait fait beaucoup de prévenances aux enfants de Mme Bertrand. Sa demeure était agréable ; il y avait seize ans qu’elle n’en était sortie, lorsque, apprenant l’arrivée de l’Empereur, elle se mit en route pour la ville, disant que, dût-il lui en coûter la vie, elle serait heureuse si elle parvenait à l’apercevoir ; elle avait eu le bonheur de réussir.

Plantation-House est le lieu le mieux situé et le plus agréable de l’île ; le château, le jardin et les dépendances rappellent les demeures, dans nos provinces, des familles de vingt-cinq à trente mille livres de rente. Cet endroit est bien soigné et tenu avec goût : enfermé dans l’enceinte de Plantation-House, on pourrait se croire en Europe, et ne pas soupçonner les lieux de désolation qui composent la plus grande partie du reste de l’île. Le maître de la maison, en ce moment le colonel Wilks, le gouverneur pour la compagnie que l’amiral était venu déplacer, est un homme du meilleur ton, fort agréable ; sa femme est bonne et aimable ; sa fille charmante.

Le gouverneur avait réuni une trentaine de personnes ; les manières, les expressions, les formes, tout y était européen. Nous y avons passé que quelques heures qui ont été les seules d’oubli et de distraction que j’aie éprouvées depuis notre sorti de France. Le colonel Wilks me montrait une partialité et une bienveillance toutes particulières ; nous en étions aux complimens et à la sympathie de deux auteurs qui s’encensent réciproquement. Nous avons fait échange de nos productions : il complait M. Le Sage de choses flatteuses, et celles que je lui rendais étaient des plus sincères ; car son ouvrage renferme des points intéressants et nouveaux sur l’Hindoustan, qu’il a habité longtemps en mission diplomatique ; une douce philosophie, beaucoup d’instruction et un style fort pur, concourent à en faire un livre distingué. M. Wilks, dans ses opinions politiques, est, du reste, un homme très froid, qui juge avec calme et sans passion des affaires du moment, qui conserve les idées saines, les principes libéraux d’un Anglais sage et indépendant.

Au moment de nous mettre à table, à notre grande surprise, on nous a annoncé que l’Empereur venait de passer avec l’amiral presqu’à la porte de Plantation-House, et un des convives (M. Doveton de Sandy-Bay) nous dit alors avoir eu la bonne fortune de le posséder ce matin même chez lui pendant trois quarts d’heure.

 

insignes

A propos mouvementbonapartiste

JOURNAL OFFICIEL DE LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE 6 février 2010 1016 - * Déclaration à la préfecture de Meurthe-et-Moselle. MOUVEMENT BONAPARTISTE Objet : défendre, faire connaître et étendre les principes et valeurs du Bonapartisme. Il s’appuie sur l’adhésion populaire à une politique de redressement conjuguant les efforts des particuliers, associations et services de l’État. Le mouvement défend les principes bonapartistes sur lesquels il est fondé, et qui régissent son fonctionnement intérieur. Il défend également la mémoire de Napoléon le Grand, ainsi que celle de Napoléon III et de leurs fils, Napoléon II et Napoléon IV. Il reconnait Napoléon IV comme ayant régné sans avoir gouverné, en vertu du plébiscite de mai 1870. Le mouvement ne reconnait pas d’empereur après 1879, en vertu de l’absence de plébiscite. Républicain, il privilégie le bonheur, les intérêts et la gloire des peuples, et n’envisage de rétablissement de l’Empire que si les fondements en sont républicains et le régime approuvé par voie référendaire.
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