LE MEMORIAL DE SAINTE-HELENE – 24/12/1815

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MOUVEMENT BONAPARTISTE

TOUT POUR ET PAR LE PEUPLE
« Pour l’Honneur de la France, pour les intérêts sacrés de l’Humanité »
(Napoléon le Grand, 17 ventôse an VIII – samedi 8 mars 1800)

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Aigle_Empire_MOUVEMENT BONAPARTISTE

Dimanche 24 décembre 1815

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MEPRIS DE L’EMPEREUR POUR LA POPULARITE ; SES MOTIFS, SES ARGUMENS, ETC

SUR MA FEMME

LA MERE ET LA SŒUR DU GENERAL GOURGAUD

*

L’Empereur lisait quelque chose où on le faisait parler avec trop de bonté ; il s’est récrié sur l’erreur de l’écrivain : « Comment a-t-on pu me faire dire cela ? C’est trop tendre, trop doucereux pour moi ; on sait bien que je ne le suis pas. – Sire, disais-je, on a eu une bonne intention ; la chose est innocente en elle-même, et a pu produire un bon résultat au dehors. Cette réputation de bonté, que vous semblez vouloir dédaigner, eût pu avoir un poids immense sur l’opinion ; elle eût prévenu du moins les couleurs dont un système en Europe a faussement peint Votre Majesté aux yeux des peuples. Votre cœur, que je connais à présent, est certainement aussi bon que celui de Henri IV, que je n’ai pas connu ; eh bien ! sa bonté est encore proverbiale ; il est demeuré une idole, et je soupçonne que Henri IV était un tant soit peu charlatan ; pourquoi Votre Majesté a-t-elle dédaigné de l’être ? Elle montre trop d’horreur pour cette espèce de moyen. Après tout, c’est le charlatanisme qui gouverne le monde ; heureux toutefois quand il n’est qu’innocent ! »

L’Empereur s’est mis à rire de ce qu’il appelait mon verbiage. « Mon cher, qu’est-ce que la popularité, la débonnaireté ? disait-il. Qui fut plus populaire, plus débonnaire que le malheureux Louis XVI ? Pourtant quelle a été sa destinée ? Il a péri ! C’est qu’il faut servir dignement le peuple, et ne pas s’occuper de lui plaire : la belle manière de le gagner, c’est de lui faire du bien ; rien n’est plus dangereux que de le flatter : s’il n’a pas ensuite ce qu’il veut, il s’irrite et pense qu’on lui a manqué de parole ; et si alors on lui résiste, il hait d’autant plus qu’il se dit trompé. Le premier devoir du prince, sans doute, est de faire ce que veut le peuple ; mais ce que veut le peuple n’est presque jamais ce qu’il dit : sa volonté, ses besoins, doivent se trouver moins dans sa bouche que dans le cœur du prince.

« Tout système peut sans doute se soutenir ; celui de la débonnaireté comme celui de la sévérité ; chacun a ses avantages et ses inconvéniens : tout se balance dans ce bas monde. Que si vous me demandez à quoi ont pu me servir mes expressions et mes formes sévères, je répondrai : « A m’épargner de faire ce dont je menaçais ». Quel mal après tout, ai-je fait ? Quel sang ai-je versé ? Qui peut se vanter, dans les circonstances où je me suis trouvé, qu’il eût fait mieux ? Quelle époque de l’histoire, semblable à mes difficultés, offre mes innocens résultats ? Car, que me reproche-t-on ? On a saisi les archives de mon administration, on est demeuré maître de mes papiers, qu’a-t-on eu à mettre au grand jour ? Tous les souverains, dans ma position, au milieu des factions, des troubles, des conspirations, ne sont-ils pas entourés de meurtres et d’exécutions ? Voyez pourtant quel a été avec moi le calme subit de la France ? Cette marche vous étonne, continua-t-il en riant, vous qui parfois montrez la douceur et la naïveté d’un enfant ? »

Et me voilà, dans ma propre défense, soutenant vivement à mon tour que tous les systèmes pouvaient avoir leur avantage. « Tout homme, convenais-je, doit se créer sans doute un caractère par l’éducation ; mais il faut qu’il en pose les bases sur celui que lui a donné la nature ; autrement il court le risque de perdre les avantages de celui-ci, sans obtenir ceux du caractère qu’il voudrait se donner ; ce pourrait n’être plus qu’un instrument qui fausserait sans cesse. Le cours de la vie de chacun doit être, après tout, le résultat évident, le vrai jugement de son caractère. Or, de quoi pourrais-je avoir à me plaindre ? Du dernier degré de la misère ? Je me suis relevé seul à une assez belle aisance, et du pavé de Londres, je suis parvenu aux marches de votre trône, aux sièges de votre conseil ; le tout sans que j’aie à être embarrassé, devant qui que ce soit, d’aucune parole, d’aucun écrit, d’aucune démarche. N’est-ce pas aussi avoir produit en petit mes petites merveilles ? Et qu’aurais-je donc pu faire de mieux avec un autre tour donné à mon caractère ? »

On est venu interrompre la conversation, pour dire à l’Empereur que l’amiral et des dames, venues pas la Doris, sollicitaient la faveur d’être présentées. L’Empereur a répondu sèchement qu’il ne voyait personne, qu’on le laissât tranquille.

Au point où nous en étions, la politesse personnelle de l’amiral était une injure de plus, et quant à ceux qui le suivaient, comme on ne pouvait venir à nous qu’avec la permission de l’amiral, l’Empereur ne pouvait accorder qu’on fît ainsi les honneurs de sa personne : s’il était au secret, il fallait qu’on le signifiât ; s’il n’y était pas, il devait voir qui bon lui semblait sans l’intervention de personne. Il ne fallait pas surtout qu’on se targuât en Europe de l’entourer de toutes sortes d’égards et de respects, quand on ne l’abreuvait que d’inconvenances et de caprices.

L’Empereur est sorti à cinq heures et s’est promené dans le jardin. Le général-colonel du 53e régiment est venu l’y trouver, et lui a demandé la permission de lui présenter, le lendemain, son corps d’officiers ; l’Empereur l’a accepté pour trois heures.

Demeurés seuls nous deux, l’Empereur a prolongé sa promenade ; il s’est arrêté devant une des plates-bandes à considérer une fleur, et m’a demandé si ce n’était pas là un lis ; c’en était un magnifique…

Après le dîner, durant notre reversi accoutumé, dont l’Empereur commençait du reste à se fatiguer :

– Où croyez-vous, m’a-t-il dit tout à coup, que soit en ce moment Mme de Las Cases ?

– Hélas ! Sire, lui ai-je répondu, Dieu le sait !

Elle est à Paris, a-t-il continué, c’est aujourd’hui mardi, il est neuf heures, elle est à l’Opéra.

– Non, Sire, elle est trop bonne femme pour être au spectacle quand je suis ici.

Voilà bien les maris, disait l’Empereur en riant, toujours confians et crédules !

Puis passant au général Gourgaud, il l’a plaisanté de même sur sa mère et sa sœur*. Celui-ci, s’en attristant beaucoup, et ses yeux se mouillant, l’Empereur le regardant de côté, disait d’une manière bien charmante : « N’est-ce pas bien méchant à moi, bien barbare, bien tyran, de toucher ainsi des cordes si tendres ? »

L’Empereur me demandait ensuite combien j’avais d’enfans ; quand et comment j’avais connu Mme de Las Cases. Je lui répondais que Mme de Las Cases était ma première connaissance dans la vie ; que notre mariage était un nœud que nous avions lié nous-mêmes dans notre enfance, et que pourtant il avait fallu la plupart des événemens de la Révolution pour pouvoir l’accomplir, etc., etc.

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NOTE DU COMTE DE LAS CASES

* Le général Gourgaud avait pour sa mère et sa sœur une tendresse extrême ; il en était aimé de même. Ses soins pour elles allaient au point de leur peindre, dans ses lettres, Sainte-Hélène comme un lieu de délices, afin de les tranquilliser sur son compte : c’étaient des forêts d’orangers, de citronniers, un printemps perpétuel, en un mot tout à fait du roman. Et les ministres anglais n’ont pas rougi, plus tard, de faire tourner contre lui ces innocentes supercheries de sa sollicitude filiale !!!

A propos mouvementbonapartiste

JOURNAL OFFICIEL DE LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE 6 février 2010 1016 - * Déclaration à la préfecture de Meurthe-et-Moselle. MOUVEMENT BONAPARTISTE Objet : défendre, faire connaître et étendre les principes et valeurs du Bonapartisme. Il s’appuie sur l’adhésion populaire à une politique de redressement conjuguant les efforts des particuliers, associations et services de l’État. Le mouvement défend les principes bonapartistes sur lesquels il est fondé, et qui régissent son fonctionnement intérieur. Il défend également la mémoire de Napoléon le Grand, ainsi que celle de Napoléon III et de leurs fils, Napoléon II et Napoléon IV. Il reconnait Napoléon IV comme ayant régné sans avoir gouverné, en vertu du plébiscite de mai 1870. Le mouvement ne reconnait pas d’empereur après 1879, en vertu de l’absence de plébiscite. Républicain, il privilégie le bonheur, les intérêts et la gloire des peuples, et n’envisage de rétablissement de l’Empire que si les fondements en sont républicains et le régime approuvé par voie référendaire.
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