LE MEMORIAL DE SAINTE-HELENE – 20-23/12/1815

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MOUVEMENT BONAPARTISTE

TOUT POUR ET PAR LE PEUPLE
« Pour l’Honneur de la France, pour les intérêts sacrés de l’Humanité »
(Napoléon le Grand, 17 ventôse an VIII – samedi 8 mars 1800)

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Aigle_Empire_MOUVEMENT BONAPARTISTE

Mercredi 20 au samedi 23 décembre 1815.

*

PREMIERE TOURNEE DE L’EMPEREUR A CHEVAL

DURETE DES INSTRUCTIONS MINISTERIELLES A SON EGARD

NOS PEINES, NOS PLAINTES

PAROLES DE L’EMPEREUR

REPONSES BRUTALES

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L’Empereur est monté à cheval après déjeuner. Nous avons pris le chemin de la ferme ; nous avons rencontré le fermier dans le jardin de la compagnie ; nous nous en sommes fait suivre. Nous avons parcouru tout le terrain avec lui ; l’Empereur lui faisant une foule de questions sur tous les détails de sa ferme, ainsi qu’il le faisait, me disait-il, dans ses chasses aux environs de Versailles, où il discutait avec les fermiers les idées du Conseil d’Etat, pour venir reproduire ensuite à ce même Conseil d’Etat les objections des fermiers. Nous avons prolongé le terrain de Longwood le long de la vallée, jusqu’à ce que les chevaux n’ayant plus de passage, nous nous sommes vus contraints de rétrograder. Nous avons alors traversé le vallon, gagné le plateau du camp, couru jusqu’à la montagne des Signaux, et prolongeant sa crête, nous sommes venus, en dehors du camp, par la maison des Signaux, jusqu’au chemin qui conduit de Longwood chez Mme Bertrand. L’Empereur voulait d’abord aller jusque chez elle, mais à mi-chemin il s’est ravisé, et nous sommes entrés à Longwood.

Les instructions des ministres anglais, à l’égard de l’Empereur à Sainte-Hélène, avaient été dictées avec cette dureté et ce scandale qui ont présidé en Europe à leur violation solennelle du droit des gens. Un officier anglais devait être constamment à la table de l’Empereur ; mesure barbare qui nous eût privés de la douceur de nous trouver en famille : on ne s’en abstint que parce que l’Empereur n’eût jamais mangé que dans sa chambre. Peut-être se repentait-il, et j’ai de bonnes raisons de le croire, de n’en avoir pas agi ainsi à bord du Northumberland.

Un officier anglais devait sans cesse accompagner l’Empereur à cheval ; gêne cruelle qui tendait à ne pas lui permettre un moment de distraction dans sa malheureuse situation. On y renonça, du moins pour l’intérieur de certaines limites qu’on nous fixa à cet effet, parce que l’Empereur avait déclaré qu’autrement il ne monterait jamais à cheval.

Dans notre triste situation, chaque jour venait ajouter quelque chose à nos contrariétés ; c’était sans cesse une piqûre nouvelle, d’autant plus cruelle que le mal s’établissait pour un long avenir.

Ulcérés comme il était permis de l’être, nous étions sensibles à tout ; et trop souvent les motifs qu’on nous donnait prenaient encore les couleurs de l’ironie. Ainsi des sentinelles étaient mises, à la nuit, sous les fenêtres de l’Empereur et jusqu’à nos portes ; c’était, nous disait-on, pour notre propre sûreté. On gênait la libre communication pour les habitans, on nous mettait au secret, et l’on répondait que c’était pour que l’Empereur ne fût point importuné. Les consignes, les ordres, variaient sans cesse ; nous vivions dans la perplexité, dans l’hésitation, dans la crainte d’être exposés à chaque pas à quelque affront imprévu. L’Empereur, qui ressentait vivement toutes ces choses, prit le parti d’en faire écrire à l’amiral par M. de Montholon. Il parlait avec chaleur, et accompagnait ses paroles d’observations dignes de remarque. « Que l’amiral ne s’attende pas, disait-il, que je traite aucun de ces objets avec lui. S’il venait demain, malgré mon juste ressentiment, il me trouverait le visage aussi riant et la conversation aussi insignifiante que de coutume ; non qu’il y eût de la dissimulation de ma part, ce ne serait que le fruit de mon expérience. Je me souviens encore de lord Withworth qui remplit l’Europe d’une longue conversation avec moi dont à peine quelques mots étaient vrais. Toutefois ce fut alors ma faute : elle fut assez forte pour m’apprendre à n’y plus revenir. Aujourd’hui l’Empereur a gouverné trop longtemps pour ne pas savoir qu’il ne doit point se commettre à la discrétion de quelqu’un, auquel il donnerait le droit de dire à faux : l’Empereur m’a dit cela ; car l’Empereur n’aurait pas même la ressource d’affirmer que non. Un témoignage en vaut une autre ; il faut donc de nécessité qu’il emploie quelqu’un qui puisse dire au narrateur qu’il ment dans ce qu’il lui fait dire, et qu’il est prêt à lui rendre raison de son expression, ce que l’Empereur ne saurait faire ».

La lettre de M. de Montholon était vive, la réponse fut injurieuse et brutale : On ne connaissait pas telle chose à Sainte-Hélène qu’un Empereur ; la justice et la modération du gouvernement anglais à notre égard seraient l’admiration des âges futurs, etc., etc… Le docteur O’Meara fut chargé d’accompagner cette réponse écrite d’additions verbales les plus révoltantes ; de demander, par exemple, si l’Empereur désirait que l’amiral lui envoyât des libelles et des lettres anonymes, atroces, qu’il avait reçus à son adresse, etc., etc.

Je travaillais avec l’Empereur quand on lui rendit compte de cette réponse. Je ne pus cacher l’étonnement et l’indignation que me causaient certaines expressions. Toutefois la philosophie seule devait nous tenir lieu de ressentiment : il fallait bien se dire que toute satisfaction était hors de notre pouvoir ; car, adresser une plainte directe au prince régente, c’eût été ménager peut-être une jouissance à ce prince, et à celui qui nous offensait un titre méritoire ; et puis d’ailleurs il ne pouvait exister de plaintes de l’Empereur adressées à qui que ce fût sur la terre ; il n’était plus pour lui, à cet égard, d’autre tribunal que Dieu, les nations et la postérité.

Le 23, la frégate la Doris est arrivée du Cap : elle apportait sept chevaux qui y avaient été achetés pour l’Empereur.

A propos mouvementbonapartiste

JOURNAL OFFICIEL DE LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE 6 février 2010 1016 - * Déclaration à la préfecture de Meurthe-et-Moselle. MOUVEMENT BONAPARTISTE Objet : défendre, faire connaître et étendre les principes et valeurs du Bonapartisme. Il s’appuie sur l’adhésion populaire à une politique de redressement conjuguant les efforts des particuliers, associations et services de l’État. Le mouvement défend les principes bonapartistes sur lesquels il est fondé, et qui régissent son fonctionnement intérieur. Il défend également la mémoire de Napoléon le Grand, ainsi que celle de Napoléon III et de leurs fils, Napoléon II et Napoléon IV. Il reconnait Napoléon IV comme ayant régné sans avoir gouverné, en vertu du plébiscite de mai 1870. Le mouvement ne reconnait pas d’empereur après 1879, en vertu de l’absence de plébiscite. Républicain, il privilégie le bonheur, les intérêts et la gloire des peuples, et n’envisage de rétablissement de l’Empire que si les fondements en sont républicains et le régime approuvé par voie référendaire.
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