LE MEMORIAL DE SAINTE-HELENE – 11-14/12/1815

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MOUVEMENT BONAPARTISTE

TOUT POUR ET PAR LE PEUPLE
« Pour l’Honneur de la France, pour les intérêts sacrés de l’Humanité »
(Napoléon le Grand, 17 ventôse an VIII – samedi 8 mars 1800)

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Aigle_Empire_MOUVEMENT BONAPARTISTE

Lundi 11 au jeudi 14 décembre 1815

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DESCRIPTION DE LONGWOOD, ETC

DETAIL DES APPARTEMENS

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Enfin se déroulait pour nous une portion nouvelle de notre existence sur le malheureux rocher de Sainte-Hélène. On venait de nous établir dans nos futures demeures, et de nous assigner les limites de notre sauvage prison.

Longwood, dans le principe, simple ferme de la compagnie, abandonné au sous-gouverneur pour lui tenir lieu de maison de campagne, se trouve dans l’une des parties les plus élevées de l’île. Le thermomètre anglais marque dix degrés de différence en moins avec la vallée où nous avions débarqué. C’est un plateau assez étendu sur la côte orientale, et assez près du rivage. Des vents éternels, parfois violens et toujours de la même partie, en balayent constamment la surface ; des nuages le couvrent presque toujours ; le soleil, qui y paraît rarement, n’en a pourtant pas moins d’influence sur l’atmosphère : il attaque le foie, si on ne s’en préserve avec soin. Des pluies abondantes et soudaines achèvent d’empêcher qu’on ne distingue ici aucune saison régulière ; il n’en est point à Longwood, ce n’est qu’une continuité de vents, de nuages d’humidité ; toujours une température modérée et monotone qui présente, du reste, peut-être plus d’ennui que d’insalubrité. L’herbe, en dépit des fortes pluies, disparaît rongée par le vent ou flétrie par la chaleur ; l’eau y est amenée par un conduit, et se trouve si malsaine que le sous-gouverneur, que nous avons remplacé, n’en faisait usage, pour lui ou pour ses gens, qu’après l’avoir fait bouillir : nous avons été contraints d’en faire autant nous-mêmes. Les arbres qu’on y voit, et qui de loin lui prêtent un aspect riant, ne sont que des arbres à gomme, arbuste chétif et bâtard qui ne donne point d’ombre. Une partie de l’horizon présente au loin l’immense mer ; le reste n’offre plus que d’énormes rochers stériles, des abîmes profonds, des vallées déchirées, et au loin la chaîne nuageuse et verdie du Pic-de-Diane. En résumé, l’aspect de Longwood ne saurait être agréable qu’au voyageur fatigué d’une longue navigation, pour qui toute terre a des charmes. S’il s’y trouve transporté par un beau jour, frappé des objets bizarres qui s’offrent soudainement à sa vue, il peut s’écrier même : Que c’est beau ! Mais cet homme n’y est que pour un instant ; et quel supplice sa fausse admiration ne fait-elle pas éprouver aux captifs condamnés à y demeurer pour toujours !

Depuis deux mois on n’avait pas cessé de travailler pour mettre Longwood en état de nous recevoir ; toutefois les résultats étaient bien peu de chose.

On entre à Longwood par une pièce qui venait d’être bâtie, destinée à servir tout à la fois d’antichambre et de salle à manger ; de là on passe dans une pièce attenante, dont on avait fait le salon ; on entre ensuite dans une troisième fort obscure, en travers sur celles-ci ; on l’avait désignée pour recevoir les cartes et les livres de l’Empereur : elle est devenue plus tard la salle à manger. En tournant à droite, dans cette chambre, on trouvait la porte de l’appartement de l’Empereur : cet appartement consistait en deux très petites pièces égales, à la suite l’une de l’autre, formant son cabinet et sa chambre à coucher ; un petit corridor extérieur, en retour de ces deux pièces, lui servait de salle de bain. A l’opposite de l’appartement de l’Empereur, à l’autre extrémité du bâtiment, était le logement de madame de Montholon, de son mari et de son fils, local qui a formé depuis la bibliothèque de l’Empereur. En dehors de tout cela, et au travers d’issues informes, une petite pièce carrée, au rez-de-chaussée, contiguë à la cuisine, fut ma demeure. Au travers d’une trappe pratiquée au plancher, et à l’aide d’une échelle de vaisseau, on arrivait au gîte de mon fils, véritable grenier qui ne renfermait guère que la place de son lit. Nos fenêtres et nos lits demeuraient sans rideaux ; le peu de meubles de nos chambres provenait évidemment de ceux dont les habitants s’étaient défaits dans cette circonstance ; heureux, sans doute, de trouver cette occasion de les placer à profit pour les renouveler ensuite avec avantage.

Le grand maréchal, sa femme et ses enfants avaient été laissés à deux milles en arrière de nous, dans un abri tel que dans le pays même il porte le nom de Hutte (Hut’s-gate).

Le général Gourgaud fut mis sous une tente, ainsi que le médecin* et l’officier préposé à notre garde, en attendant que l’on eût achevé leurs chambres, que construisaient à la hâte les matelots du Northumberland.

Une espèce de jardin régnait autour de nous ; mais le défaut d’eau, la nature du climat, le peu de soin que nous pouvions lui donner, faisaient qu’il n’en avait réellement que le nom. En face de nous, et séparé par un ravin assez profond, était campé, à une assez petite distance, le 53e, dont divers postes couronnaient les sommités voisines : tel était notre nouveau séjour.

Le 12, je rendis compte de l’Empereur de l’objet particulier sur lequel il m’avait dit, deux jours auparavant, de lui représenter mes idées ; il ne décida rien, croyant la chose tout-à-fait inutile. J’avais osé insister, parce que, dans le doute même, il n’y avait du moins rien à risquer ni à perdre : c’était se donner la chance de la loterie sans la dépense de la mise. L’événement a prouvé, du reste, qu’il avait bien jugé ; la chose eût été parfaitement inutile ; elle n’eût pu amener aucun résultat…

Le même jour le colonel Wilks, ancien gouverneur pour la compagnie, que l’amiral était venu déplacer, vint faire sa visite à l’Empereur ; je servis d’interprète. Le lendemain ou le surlendemain, le Minden fit voile pour l’Europe, j’en profitai pour écrire à Londres et à Paris.

NOTE DU COMTE DE LAS CASES

*Ce médecin était le docteur O’Meara du Northumberland, qui, voyant Napoléon partir pour Sainte-Hélène sans médecin, s’offrit généreusement, aux grands applaudissemens de tous les siens, et à la vive reconnaissance de nous tous. Les ministres anglais seuls semblent s’en être irrités : tout le monde sait les outrages, les injustices révoltantes, les persécutions que leur froide et barbare furie ont accumulés plus tard sur la tête de ce digne Irlandais, qui n’avait faut pourtant qu’honorer l’humanité, son pays et son cœur.

A propos mouvementbonapartiste

JOURNAL OFFICIEL DE LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE 6 février 2010 1016 - * Déclaration à la préfecture de Meurthe-et-Moselle. MOUVEMENT BONAPARTISTE Objet : défendre, faire connaître et étendre les principes et valeurs du Bonapartisme. Il s’appuie sur l’adhésion populaire à une politique de redressement conjuguant les efforts des particuliers, associations et services de l’État. Le mouvement défend les principes bonapartistes sur lesquels il est fondé, et qui régissent son fonctionnement intérieur. Il défend également la mémoire de Napoléon le Grand, ainsi que celle de Napoléon III et de leurs fils, Napoléon II et Napoléon IV. Il reconnait Napoléon IV comme ayant régné sans avoir gouverné, en vertu du plébiscite de mai 1870. Le mouvement ne reconnait pas d’empereur après 1879, en vertu de l’absence de plébiscite. Républicain, il privilégie le bonheur, les intérêts et la gloire des peuples, et n’envisage de rétablissement de l’Empire que si les fondements en sont républicains et le régime approuvé par voie référendaire.
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