LE MEMORIAL DE SAINTE-HELENE – 08-09/12/1815

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MOUVEMENT BONAPARTISTE

TOUT POUR ET PAR LE PEUPLE
« Pour l’Honneur de la France, pour les intérêts sacrés de l’Humanité »
(Napoléon le Grand, 17 ventôse an VIII – samedi 8 mars 1800)

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Aigle_Empire_MOUVEMENT BONAPARTISTE

 

Vendredi 8, samedi 9 décembre 1815.

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LIEUTENTANT ANGLAIS

SINGULARITE

DEPART POUR LONGWOOD ARRETE

POLITIQUE

ETAT DE LA FRANCE

MEMOIRE JUSTIFICATIF DE NEY

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Le doute élevé hier sur l’odeur de la peinture à Longwood m’ayant donné l’idée d’aller le vérifier moi-même, et désirant pouvoir en rendre compte à l’Empereur à son déjeuner, je suis parti de très grand matin, faisant les trois quarts de la route à pied, parce que personne n’était encore levé aux écuries ; j’étais de retour avant neuf heures. Il était très vrai que les appartemens sentaient peu ; mais c’était encore trop pour l’Empereur.

Le 9, l’Empereur a reçu au jardin la présentation du capitaine du Minden, de soixante-quatorze, venant du Cap, et repartant sous peu de jours pour l’Europe. Ce capitaine avait déjà eu l’honneur de lui être présenté à Paris sous le Consulat, douze ans auparavant. Il a demandé la permission de présenter à l’Empereur un de ses lieutenans, à cause de quelques circonstances personnelles qui nous ont paru bien singulières. Ce jeune homme était né à Boulogne, précisément lors de la première entrée de l’armée française dans cette ville. Le général français, lui Napoléon, était même intervenu, pour quelque chose que le jeune homme ne sut pas expliquer, dans la cérémonie de son baptême ; et le général français avait fait présent, à cette occasion, d’une cocarde tricolore, conservée précieusement depuis dans sa famille.

Après le départ de ces personnes, le grand maréchal arriva de Longwood ; il trouvait que l’odeur était réellement peu de chose. L’Empereur était si mal ! une portion de ses effets était déjà partie, il arrêta de se rendre à Longwood le lendemain. J’en fus bien aise pour mon compte ; depuis quelques jours j’avais pu me convaincre du parti pris d’obliger l’Empereur à déguerpir. J’avais gardé pour moi les communications publiques ou secrètes qu’on m’en avait faites ; je me faisais une loi de lui épargner autant de contrariétés que possible, me contentant d’agir en conséquence. Il y avait deux jours qu’on était venu enlever la tente, sans que nous l’eussions désiré ; l’officier qui en était chargé avait aussi ordre d’enlever en même temps les contrevens de la demeure de l’Empereur. Je pris sur moi de m’y opposer ; cela ne se pouvait pas, lui dis-je, l’Empereur dormait encore, et je le renvoyai. D’un autre côté, afin de m’effrayer, on me dit, on me confia avec mystère et sous le secret que si l’Empereur demeurait plus longtemps, il était question d’envoyer cent soldats camper aux portes de l’enclos. Je répondis que c’était très bien, et n’en tins nul compte, etc., etc.

Quel pouvait être le motif de cette presse nouvelle ? Je soupçonnai que le caprice de nos geôliers et l’exercice de l’autorité y avaient beaucoup plus de part que toute autre chose.

Nous avions reçu des papiers jusqu’au 15 septembre ; ils devinrent le sujet de la conversation ; l’Empereur les analysa : l’avenir demeurait enveloppé des nuages les plus sinistres. Toutefois trois grands résultats seulement s’offraient à la pensée, disait l’Empereur, le partage de la France, le règne violent, précaire, des Bourbons, ou une dynastie nouvelle, avec des institutions nationales. Louis XVIII, observait-il, avait pu régner facilement en 1814, en se faisant national ; aujourd’hui il ne lui restait plus que la chance, fort odieuse et très incertaine, d’une excessive sévérité, celle de la terreur ; sa dynastie pouvait demeurer, ou celle qui lui succéderait n’être encore que dans le secret du temps. Un de nous ayant fait la remarque qu’il pourrait se faire que ce fût le duc d’Orléans, l’Empereur a, par un mouvement fort serré, fort éloquent, prouvé qu’à moins que le duc d’Orléans n’arrivât au trône par son tour de succession, il eût été dans l’intérêt bien entendu de tous les souverains d’Europe de le préférer, lui Napoléon, au duc d’Orléans arrivant par un crime ; « car que prétend aujourd’hui la doctrine des rois contre les événemens du jour ? Empêcher le renouvellement de l’exemple que j’ai fourni contre ce qu’ils appellent la légitimité ? Or, l’exemple que j’ai fourni ne se renouvelle pas dans des siècles : celui que donnerait le duc d’Orléans, proche parent du monarque sur le trône, peut se renouveler chaque jour, à chaque instant, dans chaque pays. Il n’est pas de souverain qui n’ait à quelques pas de lui, dans son propre palais, des cousins, des neveux, des frères, quelques parens, propres à imiter facilement celui qui une fois les aurait remplacés ».

Nous lûmes dans les mêmes papiers l’extrait du Mémoire justificatif du maréchal Ney. L’Empereur le trouvait des plus pitoyables : il n’était pas propre à lui sauver la vie, il ne relevait nullement son honneur. Ses moyens étaient pâles, sans couleur, pour ne pas dire plus. Avec ce qu’il avait fait, il protestait encore son dévouement au roi, et surtout de son éloignement pour l’Empereur. « Système absurde, disait Napoléon, que semblent avoir généralement adopté ceux qui ont paru dans ces momens mémorables, sans faire attention que je suis tellement identifié avec nos prodiges, nos monumens, nos institutions, tous nos actes nationaux, qu’on ne saurait plus m’en séparer sans faire injure à la France : sa gloire est de m’avouer ! et quelque subtilité, quelque détour, quelque mensonge qu’on emploie pour essayer de prouver le contraire, je n’en demeurerai pas moins encore tout cela aux yeux de cette nation.

« La défense politique de Ney, continuait l’Empereur, semblait toute tracée : il avait été entraîné par un mouvement général qui lui avait paru la volonté et le bien de la patrie ; il y avait obéi sans préméditation, sans trahison. Les revers avaient suivi, il se trouvait traduit devant un tribunal, il ne lui restait plus rien à répondre sur ce grand événement. Quant à la défense de sa vie, il n’avait rien à répondre encore, si ce n’est qu’il était à l’abri derrière une capitulation sacrée qui garantissait à chacun l’oubli sur tous les actes, sur toutes les opinions politiques. Si, dans ce système, il succombait, ce serait du moins à la face des peuples, en violation des lois les plus simples ; laissant le souvenir d’un grand caractère, emportant l’intérêt des âmes généreuses, et couvrant de réprobation et d’infamie ceux qui, au mépris d’un traité solennel, l’abandonnaient sans pudeur. Mais ce rôle est peut-être au-dessus de ses forces morales, disait l’Empereur. Ney est le plus brave des hommes : là se bornent toutes ses facultés ».

Il est certain que Ney quitta Paris tout au roi ; qu’il n’a tourné qu’entraîné par ses soldats. Si alors il s’est montré ardent en sens contraire, c’est qu’il sentait qu’il avait beaucoup à se faire pardonner. Du reste, il est juste de dire qu’après son fameux ordre du jour, il écrivit à l’Empereur que ce qu’il venait de faire était principalement dans l’intérêt de la patrie ; et que ne devant pas lui être agréable, il le priait de trouver bon qu’il se retirât. L’Empereur lui fit répondre de venir, qu’il le recevrait comme le lendemain de la bataille de la Moskowa. Ney, rendu près de Napoléon, lui disait encore que, d’après ce qui était arrivé à Fontainebleau, il devait lui rester sans doute des préventions sur son attachement et sa fidélité, qu’en conséquence il ne lui demandait d’autre poste que celui de grenadier dans sa garde. L’Empereur, pour réponse, lui tendit la main, en l’appelant le Brave des Braves, comme il faisait souvent. Plus tard il disait à l’Empereur …..

L’Empereur fit alors le parallèle de la situation de Ney avec celle de Turenne révolté. Ney pouvait être défendu, disait-il ; Turenne était injustifiable ; et pourtant Turenne fut pardonné, honoré, et Ney, allait probablement périr.

« En 1649, Turenne, disait-il,  commandait l’armée du roi ; ce commandement lui avait été conféré par Anne d’Autriche, régente du royaume. Quoiqu’il eût prêté serment de fidélité, il corrompit son armée, se déclara pour la Fronde, et marcha sur Paris. Mais dès qu’il fut reconnu coupable de haute trahison, son armée repentante l’abandonna, et Turenne, poursuivi, se réfugia auprès du prince de Hesse, pour échapper à la justice.

« Ney, au contraire, fut entraîné par le vœu, par les clameurs unanimes de son armée. Il n’y avait que neuf mois seulement auparavant qu’il reconnaissait un monarque qu’avaient précédé six cent mille baïonnettes étrangères ; monarque qui n’avait pas accepté la constitution à lui présenté par le Sénat, comme condition formelle et nécessaire de son retour, et qui, déclarant qu’il régnait depuis dix-neuf ans, manifestait par là qu’il regardait tous les gouvernemens précédens comme des usurpations. Ney, élevé dans la souveraineté nationale, avait combattu pendant vingt-cinq ans pour soutenir cette cause, et de simple soldat s’était élevé au rang de maréchal. Si sa conduite au 20 mars n’est pas honorable, elle est au moins explicable, et sous quelques rapports excusable ; mais celle de Turenne était véritablement criminelle, parce que la Fronde était un parti allié à l’Espagne, lequel faisait alors la guerre à son roi ; enfin, parce qu’il était poussé par son propre intérêt et celui de sa famille, espérant obtenir une souveraineté aux dépens de la France, et par conséquent au préjudice de sa patrie ».

A propos mouvementbonapartiste

JOURNAL OFFICIEL DE LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE 6 février 2010 1016 - * Déclaration à la préfecture de Meurthe-et-Moselle. MOUVEMENT BONAPARTISTE Objet : défendre, faire connaître et étendre les principes et valeurs du Bonapartisme. Il s’appuie sur l’adhésion populaire à une politique de redressement conjuguant les efforts des particuliers, associations et services de l’État. Le mouvement défend les principes bonapartistes sur lesquels il est fondé, et qui régissent son fonctionnement intérieur. Il défend également la mémoire de Napoléon le Grand, ainsi que celle de Napoléon III et de leurs fils, Napoléon II et Napoléon IV. Il reconnait Napoléon IV comme ayant régné sans avoir gouverné, en vertu du plébiscite de mai 1870. Le mouvement ne reconnait pas d’empereur après 1879, en vertu de l’absence de plébiscite. Républicain, il privilégie le bonheur, les intérêts et la gloire des peuples, et n’envisage de rétablissement de l’Empire que si les fondements en sont républicains et le régime approuvé par voie référendaire.
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