LE MEMORIAL DE SAINTE-HELENE – 04-05/12/1815

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MOUVEMENT BONAPARTISTE

TOUT POUR ET PAR LE PEUPLE
« Pour l’Honneur de la France, pour les intérêts sacrés de l’Humanité »
(Napoléon le Grand, 17 ventôse an VIII – samedi 8 mars 1800)

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Aigle_Empire_MOUVEMENT BONAPARTISTE

Lundi 4, mardi 5 décembre 1815.

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GUERRE

PRINCIPES

APPLICATION

PAROLES SUR DIVERS GENERAUX

*

Mes yeux étaient devenus fort malades ; j’ai été obligé d’interrompre mon travail : ils s’en vont tout-à-fait ; je les aurai perdus sur la campagne d’Italie.

Depuis quelque temps la température éprouvait une  variation sensible ; au demeurant, nous n’entendions plus rien aux saisons : le soleil passant dans l’année deux fois sur nos têtes nous devions avoir, disions-nous, du moins deux étés, ou, pour mieux dire, le tout, dans nos idées accoutumées, ne ressemblait plus à rien ; car, pour achever la confusion, nous devions faire tous nos calculs désormais au rebours de l’Europe, puisque nous nous trouvions dans l’hémisphère méridional. Quoi qu’il en fût, il pleuvait souvent, l’atmosphère était très humide, il faisait plus froid. L’Empereur ne sortait plus le soir ; il s’enrhumait à chaque instant, il ne reposait pas bien. Il fut obligé de cesser de manger sous la tente, et de faire servir de nouveau dans sa chambre : il s’y trouvait mieux ; mais il ne pouvait y bouger. La conversation continuait à table après qu’on avait desservi. Aujourd’hui il entreprit le général Gourgaud qui était resté pour dîner, sur les élémens et les premiers exercices de l’artillerie. Celui-ci sortait de cette arme, était encore tout frais émoulu. L’examen fut très curieux et fort gai, l’Empereur ne fut jamais le plus faible : on eût dit qu’il venait de passer lui-même son examen à l’école.

On parla ensuite de guerre, de grands capitaines. « Le sort d’une bataille, disait l’Empereur, est le résultat d’un instant, d’une pensée : on s’approche avec des combinaisons diverses, on se mêle, on se bat un certain temps, le moment décisif se présente, une étincelle morale prononce, et la plus petite réserve accomplit ». Il a été parlé de Lutzen et de Bautzen, etc., etc.

Plus tard l’Empereur a dit qu’à la campagne de Waterloo, s’il avait suivi la pensée de tourner la droite ennemie, il y eût réussi facilement ; il avait préféré de percer le centre et de séparer les deux armées. Mais tout a été fatal dans cette affaire, qu’il dit avoir pris le teint d’une absurdité, et pourtant il devait obtenir la victoire. Jamais aucune de ses batailles n’avait présenté moins de doute à ses yeux ; il est encore à concevoir ce qui est arrivé.

« Grouchy s’est égaré, a-t-il dit.

« Ney était tout hors de lui.

« D’Erlon s’est rendu inutile.

« Personne n’a été soi-même, etc. » 

Si le soir il eût connu la position de Grouchy, continuait-il, et qu’il eût pu s’y jeter, il lui eût été possible au jour, avec cette magnifique réserve, de rétablir les affaires, et peut-être même de détruire les alliés par un de ces prodiges, de ces retours de fortune qui lui étaient familiers et qui n’eussent surpris personne ; mais il n’avait nulle connaissance de Grouchy, et puis il n’était pas facile de se gouverner au milieu des débris de cette armée. « On se la peindrait difficilement dans cette nuit de douleur, disait-il ; c’était un torrent hors de son lit, elle entrainait tout ».

Laissant ensuite cela, il disait que les périls des généraux de nos jours ne pouvaient se comparer à ceux des temps anciens ; il n’y avait pas de position aujourd’hui où un général ne pût être atteint par l’artillerie ; jadis les généraux ne couraient de risque que quand ils chargeaient eux-mêmes ; ce qui n’était arrivé à César que deux ou trois fois.

Il était rare et difficile, disait-il dans un autre moment, de réunir toutes les qualités nécessaires à un grand général. Ce qui était le plus désirable et tirait aussitôt quelqu’un hors de ligne, c’est que chez lui l’esprit ou le talent fût en équilibre avec le caractère ou le courage : c’est ce qu’il appelle  être carré autant de base que de hauteur. Si le courage, continuait-il, était de beaucoup supérieur, le général entreprenait vicieusement au-delà de ses conceptions ; et, au contraire, il n’osait pas les accomplir, si son caractère ou son courage demeurait au-dessous de son esprit. Il citait alors le vice-roi, chez lequel cet équilibre était le seul mérite*, et suffisait néanmoins pour en faire un homme très distingué.

De là on a beaucoup parlé du courage physique et du courage moral ; et l’Empereur disait, au sujet du courage physique, qu’il était impossible à Murat et à Ney de n’être pas braves ; mais qu’on n’avait pas moins de tête qu’eux, le premier surtout.

Quand au courage moral, il l’avait trouvé fort rare, disait-il, celui de deux heures après minuit ; c’est-à-dire le courage de l’improviste, qui, en dépit des événemens les plus soudains, laisse néanmoins la même liberté d’esprit, de jugement et de décision. Il n’hésitait pas à prononcer qu’il était celui qui s’était trouvé avoir le plus de courage de deux heures après minuit, et qu’il avait vu fort peu de personnes qui ne fussent demeurées de beaucoup en arrière.

Il disait à la suite de cela qu’on faisait une idée peu juste de la force d’âme nécessaire pour livrer, avec une pleine méditation de ses conséquences, une de ces grandes batailles d’où vont dépendre le sort d’une armée, d’un pays, la possession d’un trône. Aussi observait-il qu’on trouvait rarement des généraux empressés à donner bataille : « Ils prenaient bien leur position, s’établissaient, méditaient leurs combinaisons ; mais là commençaient leurs indécisions ; et rien de plus difficile et pourtant de plus précieux que de savoir se décider ».

Passant à un grand nombre de généraux, et daignant répondre à quelques questions : « Kléber, disait-il, était doué du plus grand talent ; mais il n’était que l’homme du moment : il cherchait la gloire comme la seule route aux jouissances ; d’ailleurs nullement national, il eût pu, sans effort, servir l’étranger : il avait commencé dans sa jeunesse sous les Prussiens, dont il demeurait fort engoué.

« Desaix possédait à un degré très supérieur cet équilibre précieux défini plus haut.

« Moreau était peu de chose dans la première ligne des généraux : la nature, en lui, n’avait pas fini sa création ; il avait plus d’instinct que de génie.

« Chez Lannes le courage l’emportait d’abord sur l’esprit ; mais chez lui l’esprit montait chaque jour pour se mettre en équilibre. Il était devenu très supérieur quand il a péri : je l’avais pris pygmée, je l’ai perdu géant ».

Chez tel autre qu’il nommait, l’esprit, au contraire, surpassait le caractère : on pouvait lui refuser de la bravoure assurément ; mais enfin il calculait le boulet, ainsi que beaucoup d’autres.

Parlant d’ardeur et de courage, l’Empereur disait : « Il n’est aucun de mes généraux dont je ne connaisse ce que j’appelle son tirant-d’eau. Les uns, disait-il en s’accompagnant du geste, en prennent jusqu’à la ceinture, d’autres jusqu’au menton, enfin d’autres jusque par-dessus la tête, et le nombre de ceux-ci est bien petit, je vous assure ».

Suchet était quelqu’un chez qui le caractère et l’esprit s’étaient accrus à surprendre.

Masséna avait été un homme très supérieur qui, par un privilège très particulier, ne possédait l’équilibre tant désiré qu’au milieu du feu : il lui naissait au milieu du danger.

« Les généraux qui semblaient devoir s’élever ; les destinées de l’avenir, terminait-il, étaient Gérard, Clausel, Foy, Lamarque, etc. : c’étaient là mes nouveaux maréchaux ».

 

NDLR

* Dans le domaine du généralat, bien entendu.

A propos mouvementbonapartiste

JOURNAL OFFICIEL DE LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE 6 février 2010 1016 - * Déclaration à la préfecture de Meurthe-et-Moselle. MOUVEMENT BONAPARTISTE Objet : défendre, faire connaître et étendre les principes et valeurs du Bonapartisme. Il s’appuie sur l’adhésion populaire à une politique de redressement conjuguant les efforts des particuliers, associations et services de l’État. Le mouvement défend les principes bonapartistes sur lesquels il est fondé, et qui régissent son fonctionnement intérieur. Il défend également la mémoire de Napoléon le Grand, ainsi que celle de Napoléon III et de leurs fils, Napoléon II et Napoléon IV. Il reconnait Napoléon IV comme ayant régné sans avoir gouverné, en vertu du plébiscite de mai 1870. Le mouvement ne reconnait pas d’empereur après 1879, en vertu de l’absence de plébiscite. Républicain, il privilégie le bonheur, les intérêts et la gloire des peuples, et n’envisage de rétablissement de l’Empire que si les fondements en sont républicains et le régime approuvé par voie référendaire.
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