30e BULLETIN DE LA GRANDE ARMÉE

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MOUVEMENT BONAPARTISTE

TOUT POUR ET PAR LE PEUPLE
« Pour l’Honneur de la France, pour les intérêts sacrés de l’Humanité »
(Napoléon le Grand, 17 ventôse an VIII – samedi 8 mars 1800)

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Picbadge Aigle et Bleuet

Austerlitz, 12 frimaire an XIV / 3 décembre 1805

Le 6 frimaire (27 novembre), l’Empereur, en recevant la communication des pleins pouvoirs de MM. de Stadion et Gyulai, offrit préalablement un armistice, afin d’épargner le sang, si l’on avait effectivement envie de s’arranger et d’en venir à un accommodement définitif. Mais il fut facile à l’Empereur de s’apercevoir qu’on avait d’autres projets; et, comme l’espoir du succès ne pouvait venir à l’ennemi que du côté de l’armée russe, il conjectura aisément que les deuxième et troisième armées étaient arrivées ou sur le point d’arriver à Olmütz, et que les négociations n’étaient plus qu’une ruse de guerre pour endormir sa vigilance.

Le 7 (28 novembre), à neuf heures du matin, une nuée de Cosaques soutenue par la cavalerie russe fit plier les avant-postes du prince Murat, cerna Wischau et y prit 50 hommes à pied du 6e régiment de dragons. Dans la journée, l’empereur de Russie se rendit à Wischau, et toute l’armée russe prit position derrière cette ville.

L’Empereur avait envoyé son aide de camp le général Savary pour complimenter l’empereur de Russie, dès qu’il avait su ce prince arrivé à l’armée. Le général Savary retint au moment où l’Empereur faisait la reconnaissance des feux des bivouacs ennemis placés à Wischau.

Il se loua beaucoup du bon accueil, des grâces et des bons sentiments personnels de l’empereur de Russie, et même du grand-duc Constantin, qui eut pour lui toute espèce de soins et d’attentions; mais il lui fut facile de comprendre, par la suite des conversations qu’il eut, pendant trois jours, avec une trentaine de freluquets qui, sous différents titres, environnent l’empereur de Russie, que la présomption , l’imprudence et l’inconsidération régneraient dans les décisions du cabinet militaire comme elles avaient régné dans celles du cabinet politique.

Une armée ainsi conduite ne pouvait tarder à faire des fautes. Le plan de l’Empereur fut, dès ce moment, de les attendre et d’épier l’instant d’en profiter. Il donna sur-le-champ ordre de retraite à son armée, se retira de nuit comme s’il eût essuyé une défaite, prit une bonne position, à trois lieues en arrière, et fit travailler avec beaucoup d’ostentation à la fortifier et à y établir des batteries.

Il fit proposer une entrevue à l’empereur de Russie, qui lui envoya son aide de camp le prince Dolgorouki. Cet aide de camp put remarquer que tout respirait, dans la contenance de l’armée française, la réserve et la timidité. Le placement des grand’gardes, les fortifications que l’on faisait en toute hâte, tout laissait voir à l’officier russe une armée à demi battue.

Contre l’usage de l’Empereur, qui ne reçoit jamais avec tant de circonspection les parlementaires à son quartier général, il se rendit lui-même à ses avant-postes. Après les premiers compliments, l’officier russe voulut entamer des questions politiques. Il tranchait sur tout avec une impertinence difficile à imaginer. Il était dans l’ignorance la plus absolue des intérêts de l’Europe et de la situation du continent. C’était, en un mot, une jeune trompette de l’Angleterre. Il parlait à l’Empereur comme il parle aux officiers russes, que depuis longtemps il indigne par sa hauteur et ses mauvais procédés. L’Empereur contint toute son indignation, et ce jeune homme, qui a pris une véritable influence sur l’empereur Alexandre, retourna plein de l’idée que l’armée française était à la veille de sa perte. On se convaincra de tout ce qu’a du souffrir l’Empereur, quand on saura que, sur la fin de la conversation , il lui proposa de céder la Belgique et de mettre la couronne de fer sur la tête des plus implacables ennemis de la France.

Toutes ces différentes démarches remplirent leur effet. Les jeunes têtes qui dirigent les affaires russes se livrèrent sans mesure à leur présomption naturelle. Il n’était plus question de battre l’armée française, mais de la tourner et de la prendre : elle n’avait tant fait que par la lâcheté des Autrichiens. On assure que plusieurs vieux généraux autrichiens, qui avaient fait des campagnes contre l’Empereur, prévinrent le conseil que ce n’était pas avec cette confiance qu’il fallait marcher contre une armée qui comptait tant de vieux soldats et d’officiers du premier mérite. Ils disaient qu’ils avaient vu I’Empereur, réduit à une poignée de monde, dans les circonstances les plus difficiles, ressaisir la victoire par des opérations rapides et imprévues, et détruire les armées les plus nombreuses; que cependant, ici, on n’avait obtenu aucun avantage; qu’au contraire, toutes les affaires d’arrière-garde de la première armée russe avaient été en faveur de l’armée française. Mais à cela cette jeunesse présomptueuse opposait la bravoure de 80,000 Russes, l’enthousiasme que leur inspirait la présence de leur empereur, le corps d’élite de la garde impériale de Russie, et, ce qu’ils n’osaient probablement pas dire, leur talent, dont ils étaient étonnés que les Autrichiens voulussent méconnaître la puissance.

Le 10 (1er décembre), l’Empereur, du haut de son bivouac, aperçut, avec une indicible joie, l’armée russe commençant, à deux portées de canon de ses avant-postes, un mouvement de flanc pour tourner sa droite. Il vit alors jusqu’à quel point la présomption et l’ignorance de l’art de la guerre avaient égaré les conseils de cette brave armée; il dit plusieurs fois : « Avant demain au soir, cette armée est à moi ». Cependant le sentiment de l’ennemi était bien différent. Il se présentait devant nos grand’gardes à portée de pistolet. Il défilait par une marche de flanc, sur une ligne de quatre lieues, en prolongeant l’armée française, qui paraissait ne pas oser sortir de sa position. Il n’avait qu’une crainte, c’était que l’armée française ne lui échappât. On fit tout pour confirmer l’ennemi dans cette idée. Le prince Murat fit avancer un petit corps de cavalerie dans la plaine; mais tout d’un coup il parut étonné des forces immenses de l’ennemi, et rentra à la hâte. Ainsi tout tendait à confirmer le général russe dans l’opération mal calculée qu’il avait arrêtée.

L’Empereur fit mettre à l’ordre la proclamation ci-jointe.

Le soir, il voulut visiter à pied et incognito tous les bivouacs; mais à peine eut-il fait quelques pas qu’il fut reconnu. Il serait impossible de peindre l’enthousiasme des soldats en le voyant. Des fanaux de paille furent mis en un instant au haut de milliers de perches, et 80,000 hommes se présentèrent au-devant de l’Empereur en le saluant par des acclamations; les uns pour fêter l’anniversaire de son couronnement, les autres disant que l’armée donnerait le lendemain son bouquet à l’Empereur. Un des plus vieux grenadiers s’approcha de lui, et lui dit :

 « Sire, tu n’auras pas besoin de t’exposer. Je te promets, au nom des grenadiers de l’armée, que tu n’auras à combattre que des yeux, et que nous t’amènerons demain les drapeaux et l’artillerie de l’armée russe, pour célébrer l’anniversaire de ton couronnement ».

L’Empereur dit, en entrant dans son bivouac, qui consistait en une mauvaise cabane de paille sans toit que lui avaient faite les grenadiers :

« Voilà la plus belle soirée de ma vie, mais je regrette de penser que je perdrai bon nombre de ces braves gens. Je sens, au mal que cela me fait, qu’ils sont véritablement mes enfants; et, en vérité, je me reproche quelquefois ce sentiment, car je crains qu’il ne finisse par me rendre inhabile à faire la guerre ».

Si l’ennemi eût pu voir ce spectacle, il eût été épouvanté; mais l’insensé continuait toujours son mouvement et courait à grands pas à sa perte.

L’Empereur fit sur-le-champ toutes ses dispositions de bataille. Il fit partir le maréchal Davout en toute hâte, pour se rendre au couvent de Raigern. Il devait, avec une de ses divisions et une division de dragons, y contenir l’aile gauche de l’ennemi, afin qu’au moment donné elle se trouvât toute enveloppée. Il donna le commandement de la gauche au maréchal Lannes, de la droite au maréchal Soult, du centre an maréchal Bernadotte, et de toute la cavalerie, qu’il réunit sur un seul point, au prince Murat. La gauche du maréchal Lannes était appuyée au Santon , position superbe que l’Empereur avait fait fortifier, et où il avait fait placer dix-huit pièces de canon. Dès la veille, il avait confié la garde de cette belle position au 17e régiment d’infanterie légère; et certes elle ne pouvait être gardé par de meilleures troupes. La division du général Suchet formait la gauche du maréchal Lannes; celle du général Caffarelli formait sa droite, qui était appuyée à la cavalerie du prince Murat; celle-ci avait devant elle les hussards et les chasseurs, sous les ordres du général Kellermann, et les divisions de dragons Walther et Beaumont, et en réserve, les divisions de cuirassiers des généraux Nansouty et d’Hautpoul, avec vingt-quatre pièces d’artillerie légère.

Le maréchal Bernadotte, c’est-à-dire le centre, avait à sa gauche la division du général Rivaud, appuyée à la droite du prince Murat et à sa droite la division du général Drouet.

Le maréchal Soult, qui commandait la droite de l’armée, avait à sa gauche la division du général Vandamme, au centre la division du général Saint-Hilaire, à sa droite la division du général Legrand.

Le maréchal Davout était détaché, et sur la droite du général Legrand, qui gardait les débouchés des étangs des villages de Sokolnitz et de Telnitz. Il avait avec lui la division Friant et les dragons de la division du général Bourcier. La division du général Gudin devait se mettre, de grand matin, en marche de Nikolsburg pour contenir le corps ennemi qui aurait pu déborder la droite.

L’Empereur, avec son fidèle compagnon de guerre le maréchal Berthier, son premier aide de camp le colonel général Junot, et tout son état-major, se trouvait en réserve avec les dix bataillons de sa Garde et les dix bataillons de grenadiers du général Oudinot, dont le général Duroc commandait une partie.

Cette réserve était rangée sur deux lignes, en colonnes par bataillon, à distance de déploiement, ayant dans les intervalles quarante pièces de canon servies par les canonniers de la Garde. C’est avec cette réserve que l’Empereur avait le projet de se précipiter partout où il eût été nécessaire. On peut dire que cette réserve seule valait une armée.

A une heure du matin, l’Empereur monta à cheval pour parcourir ses postes, reconnaître les feux des bivouacs de l’ennemi, et se faire rendre compte par les grand’gardes de ce qu’elles avaient pu entendre des mouvements des Russes. Il apprit qu’ils avaient passé la nuit dans l’ivresse et des cris tumultueux , et qu’un corps l’infanterie russe s’était présenté au village de Sokolnitz, occupé par un régiment de la division du général Legrand, qui reçut ordre de le renforcer.

Le 11 frimaire (2 décembre), le jour parut enfin. Le soleil se leva radieux, et cet anniversaire du couronnement de l’Empereur, où allait se passer un des plus beaux faits d’armes du siècle, fut une des plus belles journées de l’automne.

Cette bataille, que les soldats s’obstinent à appeler la journée des trois empereurs, que d’autres appellent la journée de l’anniversaire et que l’Empereur a nommée la bataille d’Austerlitz, sera à jamais mémorable dans les fastes de la grande nation.

L’Empereur, entouré de tous les maréchaux, attendait pour donner ses derniers ordres que l’horizon fût bien éclairci. Aux premiers rayons du soleil les ordres furent donnés, et chaque maréchal rejoignit son corps au grand galop. L’Empereur dit en passant sur le front de bandière de plusieurs régiments :

« Soldats, il faut finir cette campagne par un coup de tonnerre qui confonde l’orgueil de nos ennemis »

et aussitôt les chapeaux au bout des baïonnettes et des cris de Vive l’Empereur ! furent le véritable signal du combat. Un instant après, la canonnade se fit entendre à l’extrémité de la droite que l’avant-garde ennemie avait déjà débordée. Mais la rencontre imprévue du maréchal Davout arrêta l’ennemi tout court, et le combat s’engagea.

Le maréchal Soult s’ébranle au même instant, se dirige sur les hauteurs du village de Pratzen avec les divisions des généraux Vandamme et Saint-Hilaire, et coupe entièrement la droite de l’ennemi dont tous les mouvements devinrent incertains. Surprise par une marche de flanc pendant qu’elle fuyait, se croyant attaquante et se voyant attaquée, elle se regarde comme à demi battue.

Le prince Murat s’ébranle avec sa cavalerie. La gauche, commandée par le maréchal Lannes, marche en échelons par régiment comme à l’exercice. Une canonnade épouvantable s’engage sur toute la ligne. Deux cents pièces de canon et près de 200,000 hommes faisaient un bruit affreux. C’était un véritable combat de géants. Il n’y avait pas une heure que l’on se battait, et toute la gauche de l’ennemi était coupée. Sa droite se trouvait déjà arrivée à Austerlitz au quartier général des deux empereurs, qui durent faire marcher sur-le-champ la garde de l’empereur de Russie pour tâcher de rétablir la communication du centre avec la gauche. Un bataillon du 4e de ligne fut chargé par la garde impériale russe à cheval, et culbuté; mais l’Empereur n’était pas loin; il s’aperçut de ce mouvement, il ordonne au maréchal Bessières de se porter an secours de sa droite avec ses invincibles, et bientôt les deux gardes furent aux mains. Le succès ne pouvait être douteux : dans un moment la garde russe fut en déroute; colonel, artillerie, étendards, tout fut enlevé. Le régiment du grand-duc Constantin fut écrasé; lui-même ne dut son salut qu’à la vitesse de son cheval.

Des hauteurs d’Austerlitz, les deux empereurs virent la défaite de toute la garde russe. Au même moment, le centre de l’armée, commandé par le maréchal Bernadotte, s’avança. Trois de ses régiments soutinrent une très-belle charge de cavalerie. La gauche, commandée par le maréchal Lannes, donna plusieurs fois; toutes les charges furent victorieuses. La division du général Caffarelli s’est distinguée. Les divisions de cuirassiers se sont emparées des batteries de l’ennemi.

A une heure après midi la victoire était décidée. Elle n’avait pas été un moment douteuse. Pas un homme de la réserve n’avait été nécessaire et n’avait donné nulle part.

La canonnade ne se soutenait plus qu’à notre droite. Le corps ennemi qui avait été cerné et chassé de toutes ses hauteurs se trouvait dans un bas-fonds et acculé à un lac. L’Empereur s’y porta avec vingt pièces de canon. Ce corps fut chassé de position en position, et l’on vit un spectacle horrible, tel qu’on l’avait vu à Aboukir : 20,000 hommes se jetant dans l’eau et se noyant dans les lacs !

Deux colonnes, chacune de 4,000 Russes, mettent bas les armes et se rendent prisonnières. Tout le parc ennemi est pris. Les résultats de cette journée sont quarante drapeaux russes, parmi lesquels sont les étendards de la garde impériale, un nombre considérable de prisonniers (l’état-major ne les connaît pas encore tous; on avait déjà la note de 20,000) ; 12 ou 15 généraux, au moins 15,000 Russes tués, restés sur le champ de bataille. Quoiqu’on n’ait pas encore les rapports, on peut, au premier coup d’œil, évaluer notre perte à 800 hommes tués et à 15 ou 1,600 blessés. Cela n’étonnera pas les militaires, qui savent que ce n’est que dans la déroute qu’on perd des hommes, et nul autre corps que le bataillon du 4e n’a été rompu. Parmi les blessés sont le général Saint-Hilaire, qui, blessé au commencement de l’action, est resté toute la journée sur le champ de bataille; il s’est couvert de gloire; les généraux de division Kellermann et Walther, les généraux de brigade Valhubert, Thiebault, Sebastiani, Compans et Rapp, aide de camp de l’Empereur. C’est ce dernier qui, en chargeant à la tète des grenadiers de la Garde, a pris le prince Repnine, commandant les chevaliers de la garde impériale de Russie.

Quant aux hommes qui se sont distingués, c’est toute l’armée qui s’est couverte de gloire. Elle a constamment chargé aux cris de Vive l’Empereur! et l’idée de célébrer si glorieusement l’anniversaire du couronnement animait encore le soldat.

L’armée française, quoique nombreuse et belle, était moins nombreuse que l’armée ennemie, qui était forte de 105,000 hommes, dont 80,000 Russes et 25,000 Autrichiens. La moitié de cette armée est détruite; le reste a été mis en déroute complète, et la plus grande partie a jeté ses armes.

Cette journée coûtera des larmes de sang à Saint-Pétersbourg. Puisse-t-elle y faire rejeter avec indignation l’or de l’Angleterre, et puisse ce jeune prince, que tant de vertus appelaient à être le père de ses sujets, s’arracher à l’influence de ces trente freluquets que l’Angleterre solde avec art, et dont les impertinences obscurcissent ses intentions, lui font perdre l’amour de ses soldats, et le jettent dans les opérations les plus erronées ! La nature, en le douant de si grandes qualités, l’avait appelé à être le consolateur de l’Europe.

Des conseils perfides, en le rendant l’auxiliaire de l’Angleterre, le placeront dans l’histoire au rang des hommes qui, en perpétuant la guerre sur le continent, auront consolidé la tyrannie britannique sur les mers et fait le malheur de notre génération. Si la France ne peut arriver à la paix qu’aux conditions que l’aide de camp Dolgorouki a proposées à l’Empereur, et que M. de Novosiltzof avait été chargé de porter, la Russie ne les obtiendrait pas, quand même une armée serait campée sur les hauteurs de Montmartre.

Dans une relation plus détaillée de cette bataille, l’état-major fera connaître ce que chaque corps, chaque officier, chaque général, a fait pour illustrer le nom français et donner un témoignage de l’amour à leur Empereur.

Le 12 (3 décembre), à la pointe du jour, le prince Jean de Liechtenstein, commandant l’armée autrichienne, est venu trouver l’Empereur à son quartier général, établi dans une grange ; il en a eu une longue audience.

Cependant nous poursuivons nos succès. L’ennemi s’est retiré le chemin d’Austerlitz à Goeding. Dans cette retraite, il prête le flanc. L’armée française est déjà sur ses derrières et le suit l’épée dans reins.

Jamais champ de bataille ne fut plus horrible. Du milieu de lacs immenses, on entend encore les cris de milliers d’hommes qu’on ne peut secourir. Il faudra trois jours pour que tous les blessés ennemis soient évacués sur Brünn; le cœur saigne. Puisse tant de sang versé, puissent tant de malheurs retomber enfin sur les perfides insulaires qui en sont la cause ! Puissent les lâches oligarques de Londres porter la peine de tant de maux !

Picbadge Aigle et Bleuet

Austerlitz, 13 frimaire an XIV / 4 décembre 1805

30e BULLETIN (BIS) DE LA GRANDE ARMÉE

En ce moment arrive au quartier général la capitulation, envoyée par le maréchal Augereau, du corps d’armée autrichien commandé par le général Jellachich. L’Empereur eût préféré que l’on eût gardé les prisonniers en France, cela eût-il dû occasionner quelques jours de blocus de plus; car l’expérience a prouvé que, renvoyés en Autriche, les soldats servent incontinent après.

Le général de Wrede, commandant les Bavarois, a eu différentes affaires en Bohême contre l’archiduc Ferdinand. Il a fait quelques centaines de prisonniers.

Le prince de Rohan, à la tête d’un corps de 6,000 hommes qui avait été coupé par le maréchal Ney et par le maréchal Augereau, s’est jeté sur Trente, a passé les gorges de Bassano, et tenté de pénétrer à Venise. Il a été battu par le général Saint-Cyr, qui l’a fait prisonnier avec ses 6,000 hommes. Ci-joint la dépêche du maréchal Masséna, qui en rend compte au ministre de la guerre.

AUSTERLITZ

A propos mouvementbonapartiste

JOURNAL OFFICIEL DE LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE 6 février 2010 1016 - * Déclaration à la préfecture de Meurthe-et-Moselle. MOUVEMENT BONAPARTISTE Objet : défendre, faire connaître et étendre les principes et valeurs du Bonapartisme. Il s’appuie sur l’adhésion populaire à une politique de redressement conjuguant les efforts des particuliers, associations et services de l’État. Le mouvement défend les principes bonapartistes sur lesquels il est fondé, et qui régissent son fonctionnement intérieur. Il défend également la mémoire de Napoléon le Grand, ainsi que celle de Napoléon III et de leurs fils, Napoléon II et Napoléon IV. Il reconnait Napoléon IV comme ayant régné sans avoir gouverné, en vertu du plébiscite de mai 1870. Le mouvement ne reconnait pas d’empereur après 1879, en vertu de l’absence de plébiscite. Républicain, il privilégie le bonheur, les intérêts et la gloire des peuples, et n’envisage de rétablissement de l’Empire que si les fondements en sont républicains et le régime approuvé par voie référendaire.
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