LE MEMORIAL DE SAINTE-HELENE – 29-30/11/1815

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MOUVEMENT BONAPARTISTE

TOUT POUR ET PAR LE PEUPLE
« Pour l’Honneur de la France, pour les intérêts sacrés de l’Humanité »
(Napoléon le Grand, 17 ventôse an VIII – samedi 8 mars 1800)

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Aigle_Empire_MOUVEMENT BONAPARTISTE

Mercredi 29, jeudi 30 novembre 1815

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CONSPIRATION DE GEORGES, PICHEGRU, ETC

AFFAIRE DU DUC D’ENGHIEN

ESCLAVE TOBIE

REFLEXIONS CARACTERISTIQUES DE NAPOLEON

 

Je trouve ici, dans mon manuscrit, des détails précieux sur la conspiration de Georges, de Pichegru, de Moreau, et sur le procès du duc d’Enghien ; mais comme il en est question à différentes reprises dans mon journal, je renvoie plus loin ce qui se trouve ici, afin d’en présenter l’ensemble complet.

Le petit jardin de M. Balcombe, où nous nous promenions souvent, se trouvait cultivé par un vieux nègre. La première fois que nous le rencontrâmes, l’Empereur, suivant sa coutume, me le fit questionner, et son récit nous intéressa fort. C’était un Indien-Malais, qui avait été frauduleusement enlevé de chez lui, il y avait nombre d’années, par un équipage anglais, transporté à bord et vendu à Sainte-Hélène, où il demeurait depuis dans l’esclavage. Sa narration portait tout le caractère de la sincérité ; sa figure était franche et bonne, ses yeux spirituels et encore vifs ; tout son maintien nullement avili, mais tout à fait attachant.

Nous fûmes indignés au récit d’un tel forfait ; et à peu de jours de là l’Empereur pensa à l’acheter pour le faire reconduire dans son pays. Il en parla à l’amiral, dont le premier mot, en défense des siens, fut de prétendre que le vieux Tobie (c’était le nom du malheureux esclave) ne devait être qu’un imposteur, et que la chose était impossible. Toutefois il fit une enquête à ce sujet, et la chose ne se trouva que trop vraie ; alors il partagea notre indignation, et promit d’en faire son affaire. Nous avons quitté Briars, nous avons été transportés à Longwood, et le pauvre Tobie, partageant le sort commun de toutes choses ici-bas, a été bientôt oublié ; je ne sais pas ce que le tout sera devenu.

Quoi qu’il en soit, lorsque nous venions dans le jardin, l’Empereur s’arrêtait la plupart du temps près de Tobie, et me le faisait questionner sur son pays, sa jeunesse, sa famille, sa situation actuelle ; on eût dit qu’il cherchait à étudier ses sensations. L’Empereur terminait toujours la conversation en me faisant lui donner un napoléon.

Tobie s’était fort attaché à nous ; notre venue semblait être sa joie ; interrompant aussitôt son travail, et appuyé sur sa bêche, il contemplait d’un air satisfait nos deux figures, n’entendant pas un mot de notre langage entre nous, mais souriant d’avance aux premières paroles que je lui traduirais. Il n’appelait l’Empereur que le bon monsieur (the good gentleman) : c’était le seul nom qu’il lui donnait ; il n’en savait pas davantage.

Je me suis arrêté sur ces détails parce que les rencontres de Tobie étaient suivies, de la part de l’Empereur, de réflexions toujours neuves, piquantes, et surtout caractéristiques. On connaît la mobilité de son esprit ; aussi la chose était-elle traitée chaque fois sous une face nouvelle. Je me suis contenté de consigner ici les suivantes.

« Ce pauvre Tobie que voilà, disait-il une fois, est un homme volé à sa famille, à son sol, à lui-même, et vendu : peut-il être de plus grand tourment pour lui ! de plus grand crime dans d’autres ! Si ce crime est l’acte du capitaine anglais tout seul, c’est à coup sûr un des hommes les plus méchans ; mais s’il a été accompli par la masse de l’équipage, ce forfait peut avoir été accompli, après tout, par des hommes peut-être pas si méchans que l’on croirait ; car la perversité est toujours individuelle, presque jamais collective. Les frères de Joseph ne peuvent se résoudre à le tuer ; Judas, froidement, hypocritement, avec un lâche calcul, livre son maître au supplice.

« Un philosophe a pretendu que les hommes naissent méchans ; ce serait une grande affaire et fort oiseuse que d’aller rechercher s’il a dit vrai. Ce qu’il y a de certain, c’est que la masse de la société n’est point méchante ; car si la très grande majorité voulait être criminelle et méconnaître les lois, qui est-ce qui aurait la force de l’arrêter ou de la contraindre ? Et c’est là précisément le triomphe de la civilisation, parce que cet heureux résultat sort de son sein, naît de sa propre nature. La plupart des sentimens sont des traditions ; nous les éprouvons parce qu’ils nous ont précédés : aussi la raison humaine, son développement, celui de nos facultés, voilà toute la clef sociale, tout le secret du législateur. Il n’y a que ceux qui veulent tromper les peuples, et gouverner à leur profit qui peuvent vouloir les retenir dans l’ignorance ; car plus ils sont éclairés, plus il y aura de gens convaincus de la nécessité des lois, du besoin de les défendre, et plus la société sera assise, heureuse, prospère. Et s’il peut arriver jamais que les lumières soient nuisibles dans la multitude, ce ne sera que quand le gouvernement, en hostilité avec les intérêts du peuple, l’acculera dans une position forcée, où réduira la dernière classe à mourir de misère ; car alors il se trouvera plus d’esprit pour se défendre ou devenir criminel.

« Mon seul Code, par sa simplicité, a fait plus de bien en France que la masse de toutes les lois qui m’ont précédé. Mes écoles, mon enseignement mutuel préparent des générations inconnues. Aussi sous mon règne les crimes allèrent-ils en décroissant avec rapidité, tandis que chez nos voisins, en Angleterre, ils allaient au contraire croissant d’une manière effrayante. Et c’en est assez pour pouvoir prononcer hardiment sur les deux administrations respectives ! »

« Et voyez comme aux Etats-Unis, sans efforts aucuns, tout y prospère ; combien on y est heureux et tranquille : c’est qu’en réalité c’est la volonté, ce sont les intérêts publics qui y gouvernent. Mettez le même gouvernement en guerre avec la volonté, les intérêts de tous, et vous verrez aussitôt quel tapage, combien de tiraillemens, de troubles, de confusion, et surtout quel accroissement de crimes.

« Arrivé au pouvoir, on eût voulu que j’eusse été un Washington : les mots ne coûtent rien, et bien sûrement ceux qui l’ont dit avec autant de facilité, le faisaient sans connaissance des temps, des lieux, des hommes et des choses. Si j’eusse été en Amérique, volontiers j’eusse été un Washington, et j’y eusse eu peu de mérite ; car je ne vois pas comment il eût été raisonnablement possible de faire autrement. Mais si lui se fût trouvé en France sous la dissolution du dedans et sous l’invasion du dehors, je lui eusse défié d’être lui-même, ou s’il eût voulu l’être, il n’eût été qu’un niais, et n’eût fait que continuer de grands malheurs. Pour moi, je ne pouvais être qu’un Washington couronné. Ce n’ était que dans un congrès des rois, au milieu des rois convaincus ou maitrisés, que je pouvais le devenir. Alors, et là seulement, je pouvais montrer avec fruit sa modération, son désintéressement, sa sagesse ; je n’y pouvais raisonnablement parvenir qu’au travers de la dictature universelle : j’y ai prétendu, m’en ferait-on un crime ? Penserait-on qu’il fut au-dessous des forces humaines de s’en demettre ? Sylla, gorgé de crimes, a bien osé abdiquer, poursuivi par l’exécration publique. Quel motif eût pu m’arrêter, moi qui n’aurais eu que des bénédictions à recueillir !… Mais demander de moi avant le temps ce qui n’était pas de saison était d’une bêtise vulgaire ; moi l’annoncer, le promettre eût été pris pour du verbiage, du charlatanisme ; ce n’était point mon genre… Je le répète, il me fallait vaincre à Moscou !… »

Une autre fois, arrêté devant Tobie il disait : « Ce que c’est pourtant que cette pauvre machine humaine ! pas une enveloppe qui se ressemble ; pas un intérieur qui ne diffère ! et c’est pour se refuser à cette vérité qu’on commet tant de fautes. Faites de Tobie un Brutus, il se serait donné la mort ; un Esope, il serait peut-être le conseiller du gouverneur ; un chrétien ardent et zélé, il porterait ses chaînes en vue de Dieu et les bénirait. Pour le pauvre Tobie, il n’y regarde pas de si près, il se courbe et travaille innocemment ! » Et après l’avoir considéré quelques instans en silence, il dit en s’éloignant : « Il est sûr qu’il y a loin du pauvre Tobie à un roi Richard !… Et toutefois, continuait-il en marchant, le forfait n’en est pas moins atroce ; car cet homme, après tout, avait sa famille, ses jouissances, sa propre vie. Et l’on a commis un horrible forfait en venant le faire mourir ici sous le poids de l’esclavage ». Et s’arrêtant tout à coup, il me dit : « Mais je lis dans vos yeux : vous pensez qu’il n’est pas le seul exemple de la sorte à Sainte-Hélène ! » Et soit qu’il fût heurté de se voir en parallèle avec Tobie, soit qu’il crût que mon courage eût besoin d’être relevé, soit enfin toute autre chose, il poursuivit avec feu et majesté : « Mon cher, il ne saurait y avoir ici le moindre rapport ; si l’attentat est plus relevé, les victimes aussi offrent bien d’autres ressources. On ne nous a point soumis à des souffrances corporelles, et, l’eût-on tenté, nous avons une âme à tromper nos tyrans !… Notre situation peut même avoir des attraits ! L’univers nous contemple !… Nous demeurons les martyrs d’une cause immortelle !… Des millions d’hommes nous pleurent, la patrie soupire, et la gloire est en deuil !… Nous luttons ici contre l’oppression des dieux, et les vœux des nations sont pour nous !… » Et après une pause de quelques secondes, il reprit : « Mes véritables souffrances ne sont point ici !… Si je ne considérais que moi, peut-être aurais-je à me réjouir !… Les malheurs ont aussi leur héroïsme et leur gloire !… L’adversité manquait à ma carrière !… Si je fusse mort sur le trône, dans les nuages de ma toute-puissance, je serais demeuré un problème pour bien des gens ; aujourd’hui, grâce au malheur, on pourra me juger à nu ! »

Code Napoléon napoleoncreateurdelois

A propos mouvementbonapartiste

JOURNAL OFFICIEL DE LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE 6 février 2010 1016 - * Déclaration à la préfecture de Meurthe-et-Moselle. MOUVEMENT BONAPARTISTE Objet : défendre, faire connaître et étendre les principes et valeurs du Bonapartisme. Il s’appuie sur l’adhésion populaire à une politique de redressement conjuguant les efforts des particuliers, associations et services de l’État. Le mouvement défend les principes bonapartistes sur lesquels il est fondé, et qui régissent son fonctionnement intérieur. Il défend également la mémoire de Napoléon le Grand, ainsi que celle de Napoléon III et de leurs fils, Napoléon II et Napoléon IV. Il reconnait Napoléon IV comme ayant régné sans avoir gouverné, en vertu du plébiscite de mai 1870. Le mouvement ne reconnait pas d’empereur après 1879, en vertu de l’absence de plébiscite. Républicain, il privilégie le bonheur, les intérêts et la gloire des peuples, et n’envisage de rétablissement de l’Empire que si les fondements en sont républicains et le régime approuvé par voie référendaire.
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