LE MEMORIAL DE SAINTE-HELENE – 26-28/11/1815

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MOUVEMENT BONAPARTISTE

TOUT POUR ET PAR LE PEUPLE
« Pour l’Honneur de la France, pour les intérêts sacrés de l’Humanité »
(Napoléon le Grand, 17 ventôse an VIII – samedi 8 mars 1800)

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Aigle_Empire_MOUVEMENT BONAPARTISTE

Dimanche 26 au mardi 28 novembre 1815

 

CONTINUATION DE LA VIE DE BRIARS, ETC.

MA PREMIERE VISITE A LONGWOOD.

MACHINE INFERNALE, SON HISTORIQUE

 

Le 26, l’Empereur s’est habillé de très bonne heure, il était tout-à-fait bien ; il avait voulu sortir ; le temps était charmant, et d’ailleurs sa chambre n’avait pas été faite depuis trois jours. Nous avons été dans le jardin, où il a voulu déjeuner sous le berceau ; il se trouvait fort gai, et sa conversation a parcouru beaucoup d’objets et de personnes.

L’Empereur, tout-à-fait rétabli, reprit ses occupations ordinaires : elles étaient sa seule ressource ; sa chambre, la lecture, la dictée, le jardin, devaient remplir toute sa journée ; quelquefois encore l’allée inférieure, dont une nouvelle saison où l’état de la lunaison nous bannissait insensiblement. Les nombreuses visites que la curiosité attirait chez notre hôte pour y rencontrer l’Empereur l’avaient gêné et l’en avaient tout-à-fait éloigné. Nous demeurions claquemurés dans notre petite enceinte. Nous n’avions dû y rester que quelques jours : six semaines étaient écoulées, et il n’était pas encore question de notre changement. Durant ce temps, l’Empereur s’était trouvé aussi resserré que s’il fût demeuré à bord du vaisseau. Il ne s’était encore permis qu’une seule excursion chez le major Hodgson, et nous apprîmes plus tard qu’elle avait même causé une extrême inquiétude : elle était parvenue, au milieu du bal de l’amiral, aux oreilles des autorités et les avait mises tout en émoi.

On travaillait toujours à Longwood, qui devait être notre nouvelle demeure. Les troupes que nous avions amenées d’Angleterre étaient campées aux environs. Le colonel donnait un bal, nous y étions invités ; l’Empereur voulut que j’y allasse et que j’examinasse l’endroit. Je m’y rendis avec madame Bertrand, dans une voiture attelée de six bœufs ; c’est dans cet équipage mérovingien que nous escaladâmes la distance qui nous séparait de Longwood. C’était la première fois que je voyais de nouvelles parties de l’île ; toute la route ne me montra qu’une constante répétition des grandes convulsions de la nature : toujours d’énormes rochers hideux et nus, entièrement privés de végétation. Si, à chaque changement d’horizon, on apercevait au loin quelque verdure, quelques bouquets de bois, tout cela disparaissait en approchant, comme les ombres des poètes ; ce n’était plus que quelques plantes marines, quelques arbrisseaux sauvages, ou bien encore quelques tristes arbres à gomme ; ceux-ci sont toute la parure de Longwood. Je revins à cheval vers les six heures pour me retrouver à temps auprès de l’Empereur. Il me questionna beaucoup sur notre nouvelle demeure. Il ne m’en trouva nullement enthousiaste. Il me demandait, en résumé, s’il y avait à gagner ou à perdre. Je pus lui rendre toute ma pensée en deux mots : « Sire, nous sommes ici en cage ; là, nous serons parqués ».

Le 28, l’Empereur quitta son habit militaire, qu’il avait repris pour se rendre à bord du Bellérophon, et mit un frac de fantaisie.

Dans diverses conversations de ce jour, il a touché un grand nombre de conspirations dirigées contre lui. La machine infernale a eu son tour : cette invention diabolique, qui causa tant de rumeur et fit tant de victimes, fut exécutée par les royalistes, qui en reçurent l’idée des jacobins.

Une centaine de jacobins forcenés, disait l’Empereur, les vrais exécuteurs de septembre, du 10 août, etc., etc., avaient résolu de se défaire du Premier Consul ; ils avaient imaginé, à cet effet, une espèce d’obus de quinze ou seize livres qui, jeté dans la voiture, eût éclaté par son propre choc, et anéanti tout ce qui l’eût entouré ; se proposant, pour être plus sûrs de leur coup, de semer une certaine partie de la route de chausse-trapes qui, arrêtant subitement les chevaux, devaient amener l’immobilité de la voiture. L’ouvrier auquel on proposa l’exécution de ces chausse-trapes, prenant des soupçons sur ce qu’on lui demandait, aussi bien que sur la moralité de ceux qui l’ordonnaient, en prévint la police. On eut bientôt tracé ces gens-là si bien qu’on les prit sur le fait essayant hors de Paris, près du Jardin des Plantes, l’effet de cette machine qui fit une explosion terrible. Le Premier Consul, qui avait pour système de ne point divulguer les nombreuses conspirations dont il était l’objet, ne voulut pas qu’on donnât de suite à celle-ci ; on se contenta d’emprisonner les coupables. Bientôt on se lassa de les tenir au secret, et ils eurent une certaine liberté. Or, dans la même prison se trouvaient des royalistes, enfermés pour avoir voulu tuer le Premier Consul à l’aide d’un fusil à vent : ces deux bandes fraternisèrent, et ceux-ci transmirent à leurs amis du dehors l’idée de la machine infernale, comme de beaucoup préférable à tout autre moyen.

Il est très remarquable que, pendant la soirée de la catastrophe, le Premier Consul montra une répugnance extrême pour sortir : en donnait un Oratorio, madame Bonaparte et quelques intimes du Premier Consul voulaient absolument l’y faire aller ; celui-ci était tout endormi sur un canapé, et il fallut qu’on l’en arrachât, que l’un lui apportât son épée, l’autre son chapeau. Dans la voiture même, il sommeillait de nouveau, quand il ouvrit subitement les yeux, rêvant, dit-il, qu’il se noyait dans le Tagliamento. Pour comprendre ceci, il faut savoir que quelques années auparavant, étant général de l’armée d’Italie, il avait passé de nuit, en voiture, le Tagliamento, contre l’opinion de tout ce qui l’entourait. Dans le feu de la jeunesse, et ne connaissant aucun obstacle, il avait tenté ce passage, entouré d’une centaine d’hommes armés de perches et de flambeaux. Toutefois la voiture se mit à la nage, il courut le plus grand danger, et se crut réellement perdu. Or, en cet instant, il s’éveillait au milieu d’une conflagration, la voiture était soulevée, il retrouvait en lui toutes les impressions du Tagliamento, lesquelles, du reste, n’eurent que la durée d’une seconde ; car une effroyable détonation se fit aussitôt entendre. « Nous sommes minés ! » furent les paroles qu’il adressa à Lannes et à Bessières qui se trouvaient avec lui. Ceux-ci voulaient arrêter à toute force ; mais il leur dit de s’en bien donner de garde. Le Premier Consul arriva et parut à l’Opéra, comme si de rien n’était. Il fut sauvé par l’audace et la dextérité de son cocher César, à qui cette circonstance non moins que son dévouement et sa fidélité imprimèrent une sorte de célébrité.

La machine n’atteignit qu’un ou deux hommes de la queue de l’escorte.

Aussitôt après l’événement, on s’en prit aux jacobins qu’on avait jadis convaincus de la préméditation de cet attentat ; et on en déporta un grand nombre : ils n’étaient pourtant pas les vrais coupables ; un autre hasard bien bizarre fit découvrir ceux-ci.

Trois ou quatre cents cochers de fiacre donnèrent un repas de corps à un louis ou douze francs par tête, au cocher du Premier Consul, devenu pour eux le héros du jour et du métier. Dans la chaleur du repas, un des convives buvant à son habileté, lui dit qu’il savait qui lui avait joué ce tour-là. On s’en saisit aussitôt, et il se trouva que le jour même, ou la veille de la fatale explosion, ce cocher s’était arrêté avec son fiacre devant une porte cochère pour laisser passer la petite charrette qui avait fait tout le mal. On courut à cet endroit, où l’on louait en effet des voitures de toute espèce ; les propriétaires ne la renièrent pas ; ils montrèrent le hangar où elle avait été raccommodée ; des traces de poudre y étaient encore. Ils croyaient, dirent-ils, l’avoir louée à des contrebandiers bretons. On retraça facilement tous ceux qui y avaient travaillé, celui qui avait vendu le cheval, etc., etc, ; et l’on acquit des indices que ce complot partait des royalistes chouans. On dépêcha quelques gens intelligens à leur quartier-général dans le Morbihan : ils ne s’en cachaient pas, ne se plaignaient que de n’avoir pas réussi ; quelques coupables, par-là, furent saisis et punis. On assure que le chef a depuis cherché dans les austérités de la religion l’expiation de son crime ; qu’il s’est fait trappiste.

A propos mouvementbonapartiste

JOURNAL OFFICIEL DE LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE 6 février 2010 1016 - * Déclaration à la préfecture de Meurthe-et-Moselle. MOUVEMENT BONAPARTISTE Objet : défendre, faire connaître et étendre les principes et valeurs du Bonapartisme. Il s’appuie sur l’adhésion populaire à une politique de redressement conjuguant les efforts des particuliers, associations et services de l’État. Le mouvement défend les principes bonapartistes sur lesquels il est fondé, et qui régissent son fonctionnement intérieur. Il défend également la mémoire de Napoléon le Grand, ainsi que celle de Napoléon III et de leurs fils, Napoléon II et Napoléon IV. Il reconnait Napoléon IV comme ayant régné sans avoir gouverné, en vertu du plébiscite de mai 1870. Le mouvement ne reconnait pas d’empereur après 1879, en vertu de l’absence de plébiscite. Républicain, il privilégie le bonheur, les intérêts et la gloire des peuples, et n’envisage de rétablissement de l’Empire que si les fondements en sont républicains et le régime approuvé par voie référendaire.
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