LE MEMORIAL DE SAINTE-HELENE – 18/11/1815

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MOUVEMENT BONAPARTISTE

TOUT POUR ET PAR LE PEUPLE
« Pour l’Honneur de la France, pour les intérêts sacrés de l’Humanité »
(Napoléon le Grand, 17 ventôse an VIII – samedi 8 mars 1800)

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Aigle_Empire_MOUVEMENT BONAPARTISTE

Samedi 18 novembre 1815

 

IDEE DE L’EMPEREUR DE SE RESERVER LA CORSE

OPINION SUR ROBESPIERRE

IDEE SUR L’OPINION PUBLIQUE

INTENTION EXPIRATOIRE DE L’EMPEREUR SUR LES VICTIMES DE LA REVOLUTION

 

Après le travail accoutumé, l’Empereur m’a amené au jardin vers les quatre heures. Il ventait de finir la dictée sur la Corse : ayant épuisé le sujet sur cette île, celui de Paoli, et parlé de l’influence que lui-même s’était créée si jeune encore, lors de sa séparation politique avec Paoli, il a ajouté que dernièrement il eût été bien sûr d’y réunir tous les vœux, toutes les opinions, tous les efforts ; que s’il s’y était retiré en quittant Paris, il eût été à l’abri contre toute puissance étrangère ; il en avait eu la pensée. En abdiquant pour son fils, il avait été sur le point de se réserver la jouissance de la Corse durant sa vie ; aucun obstacle de mer ne l’eût empêché d’y arriver. Il ne le voulait point, pour rendre, disait-il, son abdication plus franche, plus fructueuse pour la France. Son séjour au centre de la Méditerranée, au sein de l’Europe, si près de la France et de l’Italie, pouvait demeurer un prétexte durable pour les alliés. Il préféra même l’Amérique à l’Angleterre, par le même motif et dans la même pensée : il est vrai qu’il n’avait pas prévu, disait-il, et ne pouvait prévoir, d’après la confiance de ses démarches, l’injuste et violente déportation à Sainte-Hélène.

Plus tard l’Empereur, parcourant divers points de la révolution, s’est arrêté sur Robespierre, qu’il n’a pas connu, il est vrai, mais auquel il ne croyait ni talent, ni force, ni système. Il le pensait néanmoins le vrai bouc émissaire de la révolution, immolé dès qu’il avait voulu entreprendre de l’arrêter dans sa course ; destinée commune, du reste, observait-il, à tous ceux qui, jusqu’à lui, Napoléon, avaient osé l’essayer. Les terroristes et leur doctrine ont survécu à Robespierre ; et si leurs excès ne se sont pas continués, c’est qu’il leur a fallu plier devant l’opinion publique. Ils ont tout jeté sur Robespierre ; mais celui-ci leur répondait, avant de périr, qu’il était étranger aux dernières exécutions ; que, depuis six semaines, il n’avait pas paru aux comités. Napoléon confessait qu’à l’armée de Nice, il avait vu de longues lettres de lui à son frère, blâmant les horreurs des commissaires conventionnels, qui perdaient, disait-il, la révolution par leur tyrannie et leurs atrocités, etc., etc. Cambacérès, qui doit être une autorité sur cette époque, observait l’Empereur, a répondu à l’interpellation qu’il lui adressait un jour sur la condamnation de Robespierre, par ces paroles remarquables : « Sire, cela a été un procès jugé, mais non plaidé », ajoutant que Robespierre avait plus de suite et de conception qu’on ne pensait ; qu’après avoir renversé les factions effrénées qu’il avait eues à combattre, son intention avait été le retour à l’ordre et à la modération. « Quelque temps avant sa chute, ajoutait Cambacérès, il prononça un discours à ce sujet, plein des plus grandes beautés : on ne l’a point laissé insérer au Moniteur, et toutes les traces nous en ont été enlevées ».

Ce n’est pas la première fois que j’ai entendu parler d’une lacune d’exactitude dans le Moniteur. Il doit y avoir, vers ce temps-là, dans les transactions de l’Assemblée, une époque tout-à-fait infidèle, les procès-verbaux ayant été arbitrairement rédigé par l’un des comités.

Ceux qui sont portés à croire que Robespierre, étant lassé, gorgé, effrayé de la révolution, avait résolu de l’arrêter, disent qu’il ne voulut agir qu’après avoir lu son fameux discours : il le trouvait si beau qu’il ne doutait pas de son effet sur l’Assemblée. S’il en est ainsi, son erreur ou sa vanité lui coûtèrent cher.

Ceux qui pensent différemment objectent que Danton et Camille Desmoulins avaient précisément la même pensée, et que pourtant Robespierre les immola. Les premiers répondent que ce ne serait pas une raison ; que Robespierre les immola pour conserver sa popularité, quand il jugea que le moment n’était pas encore venu ; ou bien encore pour ne pas leur laisser la gloire de l’entreprise.

Quoi qu’il en soit, plus on s’est rapproché des instrumens et des acteurs de cette catastrophe, et plus on y a trouvé d’obscurité et de mystère : cela ne fera que s’accroître encore avec le temps ; aussi la vérité de l’histoire, sur ce point comme sur tant d’autres, ne sera probablement pas ce qui a eu lieu, mais seulement ce qui sera raconté.

Au sujet de ce même Robespierre, l’Empereur disait qu’il avait beaucoup connu son frère, représentant à l’armée d’Italie. Il n’en disait point de mal ; il l’avait conduit au feu, lui avait inspiré beaucoup de confiance et un grand enthousiasme pour sa personne ; si bien que, rappelé par son frère, quelque temps avant le 9 thermidor qui se préparait sourdement, Robespierre le jeune voulait absolument mener Napoléon à Paris. Celui-ci eut toutes les peines du monde à s’en défendre, et ne parvint à lui échapper qu’en faisant intervenir le général en chef Dumerbion dont il avait toute la confiance, et auquel il se montra comme absolument nécessaire. « Si je l’eusse suivi, disait l’Empereur, quelle pouvait être la différence de ma destinée ? A quoi tient, après tout, une carrière ? On eût sans doute voulu m’employer ; je pouvais donc être destiné, dès cet instant à tenter une espèce de vendémiaire. Mais j’étais bien jeune encore, je n’avais point encore mes idées arrêtées comme je les ai eues depuis ; je crois bien que je n’eusse pas voulu l’accepter. Mais, dans le cas contraire, et même victorieux, quels résultats eussé-je pu espérer ? En vendémiaire, la fièvre de la révolution était tout-à-fait affaissée ; en thermidor, elle était encore dans toute sa force, dans la rage de son ascension et de ses excès, etc., etc.

« L’opinion publique, disait-il dans un autre moment et sur un autre sujet, est une puissance invisible, mystérieuse, à laquelle rien ne résiste ; rien n’est plus mobile, plus vague et plus fort ; et toute capricieuse qu’elle est, elle est cependant vraie, raisonnable, juste, beaucoup plus souvent qu’on ne pense ».

« Etant consul provisoire, un des premiers actes de mon administration fut la déportation d’une cinquantaine d’anarchistes. L’opinion publique, à laquelle ils étaient en horreur, tourna subitement pour eux, disait l’Empereur, et me força de reculer. Mais quelques temps après, ces mêmes anarchistes ayant voulu comploter, ils furent terrassés de nouveau par cette même opinion publique qui me revint aussitôt. C’était ainsi qu’à la restauration, en s’y prenant mal, on était venu à bout de rendre les régicides populaires, eux que la masse de la nation proscrivait un instant auparavant ».

« Il n’appartenait qu’à moi, disait-il, de pouvoir relever en France la mémoire de Louis XVI, et laver la nation dont l’avaient souillée quelques forcenés et des fatalités malheureuses. Les Bourbons, étant de la famille et venant du dehors, ne faisaient que venger leur cause particulière et accroître l’opprobre national. Moi, au contraire, parti du peuple, je soignais sa gloire en faisant, en son nom, sortir des rangs ceux qui l’avaient souillée, et c’était bien mon intention ; mais j’y procédais avec sagesse : les trois autels expiatoires à Saint-Denis n’avaient été qu’un prélude ; le Temple de la Gloire sur les fondemens de la Madeleine devait y être consacré avec un bien plus grand éclat : c’était là, près de leur tombeau, sur leurs ossemens mêmes, que les monumens des hommes et les cérémonies de la religion eussent relevé, au nom du peuple français, la mémoire des victimes politiques de notre révolution. C’était un secret qui n’a pas été connu de plus de dix personnes ; mais encore avait-il fallu en laisser percer quelque chose à ceux qui dirigeaient l’ordonnance de cet édifice. Du reste, je ne l’aurais pas fait avant dix ans, et encore eût-il fallu voir les précautions que j’y aurais employées, comme tout y eût été arrondi, les aspérités soigneusement écartées. Tous eussent pu y applaudir, aucun n’en eût souffert. Tout consiste tellement dans les circonstances et dans les formes, continuait-il, que Carnot n’aurait pas osé écrire un mémoire sous mon règne pour se vanter de la mort du roi, et il l’a fait sous les Bourbons. C’est que j’eusse marché avec l’opinion publique pour l’en punir, tandis que l’opinion publique marchait avec lui pour le rendre inattaquable ».

A propos mouvementbonapartiste

JOURNAL OFFICIEL DE LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE 6 février 2010 1016 - * Déclaration à la préfecture de Meurthe-et-Moselle. MOUVEMENT BONAPARTISTE Objet : défendre, faire connaître et étendre les principes et valeurs du Bonapartisme. Il s’appuie sur l’adhésion populaire à une politique de redressement conjuguant les efforts des particuliers, associations et services de l’État. Le mouvement défend les principes bonapartistes sur lesquels il est fondé, et qui régissent son fonctionnement intérieur. Il défend également la mémoire de Napoléon le Grand, ainsi que celle de Napoléon III et de leurs fils, Napoléon II et Napoléon IV. Il reconnait Napoléon IV comme ayant régné sans avoir gouverné, en vertu du plébiscite de mai 1870. Le mouvement ne reconnait pas d’empereur après 1879, en vertu de l’absence de plébiscite. Républicain, il privilégie le bonheur, les intérêts et la gloire des peuples, et n’envisage de rétablissement de l’Empire que si les fondements en sont républicains et le régime approuvé par voie référendaire.
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