LE MEMORIAL DE SAINTE-HELENE – 16/11/1815

DRAPEAU DU MOUVEMENT BONAPARTISTE

MOUVEMENT BONAPARTISTE

TOUT POUR ET PAR LE PEUPLE
« Pour l’Honneur de la France, pour les intérêts sacrés de l’Humanité »
(Napoléon le Grand, 17 ventôse an VIII – samedi 8 mars 1800)

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Aigle_Empire_MOUVEMENT BONAPARTISTE

Jeudi 16 novembre 1815.

SUR LE FAUBOURG SAINT-GERMAIN, ETC.

L’EMPEREUR SANS PREJUGES, SANS FIEL, ETC.

PAROLES CARACTERISTIQUES.

 

Aujourd’hui l’Empereur s’informait du faubourg Saint-Germain ; il me questionnait sur ce dernier boulevard, disait-il, de la vieille aristocratie, ce refuge encroûté des vieux préjugés ; la ligue germanique, ainsi qu’il l’appelait. Je lui disais qu’avant les derniers revers, son pouvoir y avait pénétré de toutes parts ; il se trouvait envahi, il n’en restait plus que le nom ; il avait été ébranlé, vaincu par la gloire ; les victoires d’Austerlitz et d’Iéna, le triomphe de Tilsit, l’avaient conquis. Les jeunes gens, tous les cœurs généreux, n’avaient pu être insensibles au lustre de la patrie. Son mariage avec Marie-Louise avait porté le dernier coup ; il n’y avait plus eu d’autres mécontens que ceux dont l’ambition était non satisfaite, ce qui se retrouve dans toutes les classes et dans tous les temps ; ou bien encore quelques vieillards intraitables ou de vieilles femmes pleurant leur influence passée. Tous les gens raisonnables et sensés avaient plié sous les talens supérieurs du chef de l’Etat, et cherchaient à se consoler de leurs pertes, dans l’espoir d’un meilleur avenir pour leurs enfans ; vers ce point se tournaient désormais toutes leurs illusions. Ils savaient gré à l’Empereur de sa partialité pour les anciens noms ; tout autre, convenaient-ils, eût achevé de les anéantir. Ils mettaient du prix à la confiance avec laquelle l’Empereur s’était entouré d’eux, ils lui tenaient compte d’avoir dit, en se saisissant de leurs enfans pour l’armée : « Ces noms appartiennent à la France, à l’histoire ; je suis le tuteur de leur gloire, je ne les laisserai pas périr ». Ces mots et d’autres semblables lui avaient fait un grand nombre de prosélytes.

L’Empereur disait en ce moment que ce parti n’avait peut-être pas été assez caressé. « Mon système de fusion le demandait, et je l’avais voulu, ordonné même ; mais les ministres, les grands intermédiaires, n’ont jamais bien rempli mes véritables intentions à cet égard, soit qu’ils n’y vissent pas plus loin, soit qu’ils craignissent d’amener aussi des rivaux de faveur, et de diminuer leurs chances. M. de Talleyrand surtout s’y était toujours montré contraire et n’avait jamais cessé de combattre l’ancienne noblesse dans ma bienveillance et ma pensée ». Je lui faisais la remarque pourtant que le grand nombre de ceux qu’il avait appelés s’était bientôt montrés attachés à sa personne ; qu’ils l’avaient servi de bonne foi, et étaient en général demeurés fidèles au moment de la crise. L’Empereur n’en disconvenait pas, et allait même jusqu’à dire que le roi revenu, et lui ayant abdiqué, cette double circonstance avait dû beaucoup influer sur certaines doctrines ; qu’aussi, dans son jugement, il mettait une grande différence entre la même conduite tenue en 1814 ou en 1815.

Et ici je dois dire que depuis que j’apprends à connaître l’Empereur, je ne lui ai jamais vu encore un seul moment de colère ou d’animosité contre aucun de ceux qui se sont le plus mal conduits à son égard. Il ne s’exalte pas sur ceux dont on lui vante la belle conduite : ils avaient fait leur devoir. Il ne s’emporte pas contre ceux qui se sont rendus si coupables ; il les avait en partie devinés ; ils avaient cédé à leur nature ; il les peignait froidement, sans fiel ; attribuant une partie de leur conduite aux circonstances, qu’il confessait avoir été bien difficiles ; rejetant le reste sur les faiblesses humaines. « La vanité avait perdu Marmont ; la postérité flétrira justement sa vie, disait-il ; pourtant son cœur vaudra mieux que sa mémoire. Augereau devait sa conduite à son peu de lumières et à son mauvais entourage ; Berthier à son manque d’esprit et à sa nullité, etc ».

Je faisais observer que ce dernier avait laissé échapper la plus belle occasion, la plus facile de s’illustrer à jamais, celle d’aller présenter de bonne foi ses soumissions au roi, et de le supplier de trouver bon qu’il allât dans la solitude pleurer celui qui l’avait honoré du titre de son compagnon d’armes et l’avait appelé son ami. « Eh bien ! quelque simple que fût cette marche, disait l’Empereur, elle était encore au-dessus de ses forces – Ses moyens, sa capacité avaient toujours été un objet de discussion parmi nous, disais-je alors ; le choix de Votre Majesté, votre grande confiance, votre grand attachement, nous étonnaient beaucoup. – C’est que Berthier, après tout, n’était pas sans talent, disait à cela l’Empereur ; et je suis loin de renier da personne et ses sentimens ; mais ses talens, son mérite, étaient spéciaux et techniques, et hors de là nul esprit quelconque, et puis si faible !… » Je faisais observer que pourtant il était plein de prétentions et de morgue avec nous. « Et le titre de favori, disait l’Empereur, le comptez-vous pour rien ? » J’ajoutais qu’il était très dur, fort absolu. « – Mais rien de plus impérieux, mon cher, disait alors l’Empereur, que la faiblesse qui se sent étayée de la force : voyez les femmes ».

L’Empereur dans ses campagnes avait Berthier dans sa voiture. C’était pendant sa route ou sur les grands chemins que l’Empereur, parcourant les livres d’ordre et les états de situation, prenait ses décisions, arrêtait ses plans et ordonnait les mouvemens. Berthier en prenait note, et à la première station ou au premier moment de repos, soit de jour, soit de nuit, il expédiait à son tour tous les ordres et les différens détails particuliers avec une régularité, une précision et une promptitude admirables, disait l’Empereur ; c’était un travail pour lequel il était toujours prêt et infatigable. « Voilà quel était le mérite spécial de Berthier ; il était des plus grands et des plus précieux pour moi ; nul autre n’eût pu le remplacer ».

Je reviens encore à quelques touches caractéristiques sur l’Empereur. Il est sûr qu’il parle froidement, sans passion, sans préjugés, sans ressentiment des circonstances et des personnes qui remplissent sa vie. On sent qu’il pourrait devenir l’allié de ses plus cruels ennemis, comme de vivre avec l’homme qui lui a fait le plus de mal. Il parle de son histoire passée comme si elle avait déjà trois cents ans de date ; ses récits et ses observations ont le langage des siècles ; c’est une ombre conversant aux Champs-Elysées, de vrais dialogues des morts. Il s’exprime souvent sur lui-même comme sur une tierce personne ; parlant des actes de l’Empereur, indiquant les faits que l’histoire pourrait lui reprocher, analysant les raisons et les motifs qu’on pourrait alléguer pour sa justification.

Il n’aurait pas, disait-il, à s’excuser d’aucune faute sur autrui, n’ayant jamais suivi que sa propre décision ; il aurait à se plaindre tout au plus de fausses informations, mais jamais de mauvais conseils. Il s’était entouré de plus de lumières possible, mais s’en était toujours tenu à son propre jugement ; il était loin de s’en repentir.

A propos mouvementbonapartiste

JOURNAL OFFICIEL DE LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE 6 février 2010 1016 - * Déclaration à la préfecture de Meurthe-et-Moselle. MOUVEMENT BONAPARTISTE Objet : défendre, faire connaître et étendre les principes et valeurs du Bonapartisme. Il s’appuie sur l’adhésion populaire à une politique de redressement conjuguant les efforts des particuliers, associations et services de l’État. Le mouvement défend les principes bonapartistes sur lesquels il est fondé, et qui régissent son fonctionnement intérieur. Il défend également la mémoire de Napoléon le Grand, ainsi que celle de Napoléon III et de leurs fils, Napoléon II et Napoléon IV. Il reconnait Napoléon IV comme ayant régné sans avoir gouverné, en vertu du plébiscite de mai 1870. Le mouvement ne reconnait pas d’empereur après 1879, en vertu de l’absence de plébiscite. Républicain, il privilégie le bonheur, les intérêts et la gloire des peuples, et n’envisage de rétablissement de l’Empire que si les fondements en sont républicains et le régime approuvé par voie référendaire.
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