LE MEMORIAL DE SAINTE-HELENE – 07/11/1815

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MOUVEMENT BONAPARTISTE

TOUT POUR ET PAR LE PEUPLE
« Pour l’Honneur de la France, pour les intérêts sacrés de l’Humanité »
(Napoléon le Grand, 17 ventôse an VIII – samedi 8 mars 1800)

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Aigle_Empire_MOUVEMENT BONAPARTISTE

Mardi 7 novembre 1815.

IDEES, PROJETS, INSINUATIONS POLITIQUES, ETC

 

L’Empereur a déjeuné seul, et a travaillé beaucoup dans la journée avec le grand maréchal et M. de Montholon.

Le soir, n’étant que nous deux, nous promenant seuls, assez tard, dans l’allée inférieure devenue le lieu favori, je lui dis qu’une personne importante, dont les idées, les récits pouvaient être notre intermédiaire avec le monde régulateur, et influer sur notre destinée future, avait, avec des formes et des préalables assez significatifs, interpellé l’un de nous de lui dire en conscience ce qu’il croyait de l’Empereur, touchant certains objets politiques ; s’il avait donné sa dernière constitution avec la véritable intention de la maintenir ; s’il avait renoncé de bonne foi à ses anciens projets du grand empire ; s’il consentirait à laisser l’Angleterre jouir de la suprématie maritime ; s’il ne lui envierait pas la tranquille possession de l’Inde ; s’il ne se prêterait pas à renoncer aux colonies, et à acheter des Anglais seuls les denrées coloniales au véritable prix du commerce ; s’il ne s’unirait pas aux Américains, dans le cas de leur rupture avec l’Angleterre ; s’il ne consentirait pas à l’existence d’un grand royaume en Allemagne, pour la maison d’Angleterre qui va perdre incessamment celui de la Grande-Bretagne, lors de l’accession au trône de la jeune princesse de Galles, ou, à défaut de l’Allemagne, s’il ne consentirait pas à laisser établir cette domination en Portugal, au cas que l’Angleterre s’en arrangeât avec la cour du Brésil, etc.

Ces questions ne reposaient pas sur des idées vagues ou des opinions oiseuses ; le personnage les appuyait sur des faits positifs : « Nous avons besoin, disait-il, d’une paix longue et durable sur le continent ; d’une jouissance paisible de nos avantages actuels pour sortir de la crise financière où nous sommes, et alléger la dette incommensurable sous laquelle nous courbons : or, l’état présent de la France, ajoutait-il, celui de l’Europe ne sauraient, avec les élémens actuels, nous procurer ce résultat.

« Notre victoire de Waterloo vous a perdus ; mais elle est loin de nous avoir sauvés ; tous les hommes de bon sens, chez nous, tous ceux qui peuvent échapper à l’influence momentanée des passions, le pensent ou le penseront ainsi, etc., etc. ».

L’Empereur doutait d’une partie de ce récit, et traitait le reste de rêverie ; puis se ravisant, il me dit : « Eh bien ! votre opinion ? Allons, Monsieur, vous voilà au Conseil d’Etat ! – Sire, disais-je, on se permet souvent de rêver sur les matières les plus graves, et, pour être emprisonné à Sainte-Hélène, il n’est pas défendu de composer des romans ; j’en vais donc faire un. Pourquoi pas un mariage politique des deux peuples, où l’un porterait l’armée en dot et l’autre la flotte ? idée folle sans doute aux yeux du vulgaire, trop hardie peut-être aux yeux des gens plus exercés, et cela parce qu’elle est tout-à-fait neuve et hors de toute routine, mais pourtant dans le genre de ces créations imprévues, lumineuses, utiles, qui caractérisent Votre Majesté, qu’elle seule peut faire écouter et savoir accomplir.

« Comment, disais-je allant au-delà des idées de l’interlocuteur anglais lui-même, Votre Majesté ne donnerait pas demain, si c’était en son pouvoir, tous les vaisseaux français pour racheter à la France la Belgique et la rive du Rhin ? Elle ne donnerait pas cent cinquante millions pour recevoir des dizaines de milliards ? Et quel marché du reste que celui qui procurerait aux deux peuples à la fois l’objet pour lequel l’un et l’autre se ruinent et s’entre-égorgent depuis tant d’années ! marché qui réduirait ces deux peuples à avoir réellement besoin l’un de l’autre, au lieu d’être entretenus en une perpétuelle inimitié ? Ne serait-ce donc rien pour la France, reçue désormais dans toutes les colonies anglaises sur le pied des Anglais mêmes, que d’avoir ainsi sans coup férir la jouissance du commerce de toute la terre ? Ne serait-ce pas tout pour l’Angleterre que de s’assurer de son côté la souveraineté des mers, l’universalité du commerce, pour l’obtention et la conservation desquelles elle se met sans cesse en péril, en attachant désormais pour toujours à ce système la France, devenue le régulateur, l’arbitre même du continent ?

« A l’abri désormais de toute crainte, et forte de toutes les forces de sa compagne, l’Angleterre licencierait sa flotte ; elle pourrait même aussi réduire de beaucoup le nombre de ses vaisseaux ; alors elle paierait sa dette, allégerait ses peuples ; elle prospérerait ; et, loin de jalouser la France à l’avenir, on la verrait, une fois que le système serait compris et que les passions auraient fait place aux vrais intérêts, on la verrait travailler elle-même à son agrandissement continental, puisque la France ne serait plus alors que l’avant-garde dont elle, l’Angleterre, demeurerait les ressources et la réserve.

« L’unité de législation politique des deux peuples, leurs intérêts communs, des résultats si visiblement avantageux, achèveraient de suppléer dans ce plan à ce que les passions des gouvernans pourraient présenter d’obstacles ou de difficultés, etc., etc. ».

L’Empereur m’écouta, mais ne répondit rien : rarement il se laisse pénétrer ou se prête à des conversations politiques. Dans la crainte de ne m’être pas assez clairement exprimé, je lui demandai de me permettre d’exposer ces idées sur le papier ; il y consentit, et ne s’en expliqua pas davantage. Il était fort tard, il se retira.

A propos mouvementbonapartiste

JOURNAL OFFICIEL DE LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE 6 février 2010 1016 - * Déclaration à la préfecture de Meurthe-et-Moselle. MOUVEMENT BONAPARTISTE Objet : défendre, faire connaître et étendre les principes et valeurs du Bonapartisme. Il s’appuie sur l’adhésion populaire à une politique de redressement conjuguant les efforts des particuliers, associations et services de l’État. Le mouvement défend les principes bonapartistes sur lesquels il est fondé, et qui régissent son fonctionnement intérieur. Il défend également la mémoire de Napoléon le Grand, ainsi que celle de Napoléon III et de leurs fils, Napoléon II et Napoléon IV. Il reconnait Napoléon IV comme ayant régné sans avoir gouverné, en vertu du plébiscite de mai 1870. Le mouvement ne reconnait pas d’empereur après 1879, en vertu de l’absence de plébiscite. Républicain, il privilégie le bonheur, les intérêts et la gloire des peuples, et n’envisage de rétablissement de l’Empire que si les fondements en sont républicains et le régime approuvé par voie référendaire.
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