LE MEMORIAL DE SAINTE-HELENE – 06/11/1815

DRAPEAU DU MOUVEMENT BONAPARTISTE

MOUVEMENT BONAPARTISTE

TOUT POUR ET PAR LE PEUPLE
« Pour l’Honneur de la France, pour les intérêts sacrés de l’Humanité »
(Napoléon le Grand, 17 ventôse an VIII – samedi 8 mars 1800)

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Aigle_Empire_MOUVEMENT BONAPARTISTE

Lundi 6 novembre 1815
*
SUR LES GENERAUX DE L’ARMEE D’ITALIE
ARMEE DES ANCIENS
GENGIS-KHAN, ETC
INVASIONS MODERNES
CARACTERE DES CONQUERANS

*

L’Empereur a été souffrant, et a travaillé beaucoup dans sa chambre. Il m’a dicté les portraits des généraux de l’armée d’Italie : Masséna, d’un rare courage et d’une ténacité si remarquable, dont le talent croissait par l’excès du péril ; qui, vaincu, était toujours prêt à recommencer, comme s’il eût été vainqueur.

Augereau, qui, tout au rebours, en avait toujours assez, était fatigué et comme découragé par la victoire même. Toutefois Napoléon dit, sans sa dictée, que c’est Augereau surtout qui décida de la journée de Castiglione, et que, quelques torts que l’Empereur eût à lui reprocher par la suite, le souvenir de ce grand service national lui demeura constamment présent, et triompha de tout.

Serrurier, qui avait conservé toutes les formes de la sévérité d’un ancien major d’infanterie ; honnête homme, probe, sûr, mais général malheureux.

Steingel, qui possédait si éminemment toutes les qualités d’un général d’avant-garde.

Laharpe, grenadier par le cœur comme par la taille, qui périt si malheureusement.

Vaubois, etc., etc. On trouvera le développement de tout cela aux divers chapitres de la campagne d’Italie.

Dans divers objets de la conversation du jour, je note ce que l’Empereur disait sur les armées des anciens. Il se demandait si l’on devait croire aux grandes armées dont il est question dans l’histoire. Il pensait que la plus grande partie des citations était fausse et ridicule. Ainsi il ne croyait pas aux innombrables armées des Carthaginois en Sicile. « Tant de troupes, observait-il, eussent été inutiles dans une aussi petite entreprise ; et si Carthage eût pu en réunir autant, on en eût vu davantage dans l’expédition d’Annibal, qui était d’une bien autre importance, et qui pourtant n’avait pas au-delà de quarante à cinquante mille hommes ». Ainsi il ne croyait point aux millions d’hommes de Darius et de Xerxès, qui eussent couvert toute la Grèce, et se seraient sans doute subdivisés en une multitude d’armées partielles. Il doutait même de toute cette partie brillante de l’histoire de la Grèce ; il ne voyait, dans le résultat de cette fameuse guerre persique, que de ces actions indécises où chacun s’attribue la victoire. Xerxès s’en retourna triomphant d’avoir pris, brûlé, détruit Athènes ; et les Grecs exaltèrent leur victoire de n’avoir pas succombé à Salamine. « Quant aux détails pompeux des victoires des Grecs et des défaites de leurs innombrables ennemis, qu’on n’oublie pas, observait l’Empereur, que ce sont les Grecs qui le disent, qu’ils étaient vains, hyperboliques, et qu’aucune chronique de Perse n’a jamais été produite pour assurer notre jugement par un débat contradictoire ».

Mais l’Empereur croyait à l’histoire romaine, sinon dans tous ses détails, du moins dans ses résultats, parce qu’ils étaient des faits aussi patens que le soleil. Il croyait encore aux armées de Gengis-Khan et de Tamerlan, quelques nombreuses qu’on les ait prétendues, parce qu’ils traînaient à leur suite des peuples nomades entiers qui se grossissaient encore d’autres peuples dans leur route ; et qu’il ne serait pas impossible, disait l’Empereur, que l’Europe finît un jour de cette manière. La révolution opérée par les Huns, et dont on ignore la cause, parce que la trace s’en perd dans le désert, peut se renouveler.

La Russie est admirablement bien située pour amener une telle catastrophe. Elle peut aller puiser à son gré d’innombrables auxiliaires et les déverser sur nous ; elle trouvera tous ces peuples errans d’autant mieux disposés, d’autant plus impatiens, que le récit et les succès de ceux des leurs qui dernièrement ont exécuté chez nous des courses si heureuses et si productives auront frappé leur imagination et excité leur avidité.

De là la conversation a conduit aux conquêtes et aux conquérans ; et l’Empereur concluait que, pour être conquérant avec succès, il fallait nécessairement être féroce, et que, s’il eût voulu être féroce, il eût conquis le monde. J’ai osé me permettre de combattre ces dernières paroles échappées sans doute à l’humeur du moment. J’ai osé représenter que lui, Napoléon, était précisément la preuve du contraire ; qu’il n’avait point été féroce, et pourtant avait conquis le monde ; qu’avec de la férocité et nos mœurs modernes il n’eût certainement jamais été jusque-là. En effet, la terreur n’est plus aujourd’hui ce qui peut nous soumettre à un homme ; mais seulement de bonnes lois et la persuasion du grand caractère, la connaissance d’une énergie à toute épreuve dans celui chargé de les faire exécuter. Or telle avait été précisément, disais-je, la cause des succès de Napoléon, celle de la soumission et de l’obéissance des peuples.

La Convention fut féroce et inspira la terreur : on plia, mais on ne put la supporter. Si elle eût été un seul homme, on s’en fût bientôt défait ; mais c’était une hydre ; et encore que de tentatives ne hasarda-t-on pas ! que de dangers auxquels elle n’échappa que par miracle ! elle fut obligée de s’ensevelir elle-même au milieu de ses triomphes !

Pour qu’un conquérant pût être féroce avec succès, il faudrait qu’il commandât à des soldats féroces eux-mêmes, et qu’il régnât sur des peuples sans lumières : or, sous ce rapport, la Russie encore possède un avantage immense sur le reste de l’Europe ; elle a le rare avantage d’avoir un gouvernement civilisé et des peuples barbares : chez eux les lumières dirigent et commandent, l’ignorance exécute et dévaste. Un sultan turc ne saurait aujourd’hui gouverner long-temps aucune des nations éclairées de l’Europe ; l’empire des lumières serait plus fort que sa puissance.

Sur un autre sujet l’Empereur observait que nous autres Français, si nous avions moins d’énergie que les Romains, nous avions plus de bienséance ; nous ne nous serions pas donné la mort comme eux sous les premiers empereurs, mais aussi nous n’aurions pas montré toutes les turpitudes, toute la servilité qu’on rencontre sous les derniers. « Même dans nos momens les plus corrompus, disait-il, notre bassesse n’était pas sans de certaines restrictions : tels des courtisans à qui le prince eût tout fait faire chez lui, lui eussent refusé de s’agenouiller à son lever, etc ».

J’ai déjà dit que nous n’avions avec nous presque aucun des documens sur les affaires de nos jours. Le peu de livres qui avaient suivi l’Empereur n’étaient guère que des classiques qui l’accompagnaient dans toutes ses campagnes. Je reçus du major Hodgson, habitant de l’île, une collection politique depuis 1793 jusqu’à 1807, qui, sous le titre d’Annual register (régistre annuel), donne la suite assez bien rédigée des événemens de chaque année, ainsi que quelques pièces officielles des plus importantes. Dans notre disette, ce fut une riche acquisition.

A propos mouvementbonapartiste

JOURNAL OFFICIEL DE LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE 6 février 2010 1016 - * Déclaration à la préfecture de Meurthe-et-Moselle. MOUVEMENT BONAPARTISTE Objet : défendre, faire connaître et étendre les principes et valeurs du Bonapartisme. Il s’appuie sur l’adhésion populaire à une politique de redressement conjuguant les efforts des particuliers, associations et services de l’État. Le mouvement défend les principes bonapartistes sur lesquels il est fondé, et qui régissent son fonctionnement intérieur. Il défend également la mémoire de Napoléon le Grand, ainsi que celle de Napoléon III et de leurs fils, Napoléon II et Napoléon IV. Il reconnait Napoléon IV comme ayant régné sans avoir gouverné, en vertu du plébiscite de mai 1870. Le mouvement ne reconnait pas d’empereur après 1879, en vertu de l’absence de plébiscite. Républicain, il privilégie le bonheur, les intérêts et la gloire des peuples, et n’envisage de rétablissement de l’Empire que si les fondements en sont républicains et le régime approuvé par voie référendaire.
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