LE MEMORIAL DE SAINTE-HELENE – 28-31/10/1815

DRAPEAU DU MOUVEMENT BONAPARTISTE

MOUVEMENT BONAPARTISTE

TOUT POUR ET PAR LE PEUPLE
« Pour l’Honneur de la France, pour les intérêts sacrés de l’Humanité »
(Napoléon le Grand, 17 ventôse an VIII – samedi 8 mars 1800)

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Aigle_Empire_MOUVEMENT BONAPARTISTE

Samedi 28 au mardi 31 octobre 1815.

L’EMPEREUR COMMENCE LA CAMPAGNE D’EGYPTE AVEC LE GRAND MARECHAL
ANECDOTES SUR BRUMAIRE, ETC
LETTRE DU COMTE DE LILLE
LA BELLE DUCHESSE DE GUICHE

Nous travaillions mon fils et moi avec la plus grande constance. Il commençait à être malade, la poitrine lui faisait mal ; mes yeux se perdaient ; nous souffrions réellement de notre grande occupation : il est vrai que nous avions fait un travail étonnant ; nous étions déjà presque à la fin des campagnes d’Italie.

N.B. Je conserve encore quelques-unes de ces premières dictées de l’Empereur. Bien qu’elles aient éprouvé depuis des variations et reçu un plus grand développement, ce premier jet n’en est pas moins précieux, ne fût-ce même que par sa comparaison avec les idées arrêtées plus tard. Aussi je ne résisterai pas à les reproduire. On les trouvera jetées pêle-mêle dans ce journal ; malheureusement je n’en ai qu’un fort petit nombre ; lors de mon enlèvement de Longwood et de la saisie de mes papiers, l’Empereur fit réclamer ce que je pouvais avoir des campagnes d’Italie, pour les soustraire à sir H. Lowe ; j’en renvoyai ce qui tomba sous mes mains. En ayant retrouvé plus tard quelques autres cahiers, je fis demander à l’Empereur, au moment de mon départ, qu’il me permît de les garder en souvenir de lui. Il me fit répondre qu’il y consentait avec plaisir, sachant que ce qui demeurait entre mes mains était encore comme si cela n’était pas sorti des siennes. Aussi aucune de ces feuilles ne m’a-t-elle quitté, tant que j’ai eu le bonheur de pouvoir espérer qu’il aurait quelque instruction à me faire parvenir relativement aux campagnes d’Italie.

Cependant l’Empereur ne se trouvait pas encore assez occupé, le travail était sa seule ressource, et ce qu’il avait déjà dicté avait pris assez de couleur pour l’y attacher encore davantage. Il allait atteindre bientôt l’époque de son expédition d’Egypte, il avait souvent parlé d’y employer le grand maréchal ; d’un autre côté, ceux d’entre nous qui demeuraient à la ville y étaient mal, et s’y trouvaient malheureux d’être éloignés de l’Empereur. Leur caractère s’aigrissait par cette circonstance, et des contrariétés de toute espèce venaient ajouter à leur chagrin. Je suggérai à l’Empereur de nous employer tous ensemble à son travail, et d’attaquer ainsi tout à la fois les campagnes d’Italie, celles d’Egypte, le consulat, le retour de l’île d’Elbe. Les heures lui deviendraient plus courtes ; ce bel ouvrage, la gloire de la France, marcherait plus vite, et ces messieurs seraient beaucoup moins malheureux. Cette idée lui sourit, et, à compter de cet instant, un ou deux de ces messieurs venaient régulièrement recevoir la dictée de l’Empereur : ils la lui rapportaient le lendemain, restaient à dîner, et lui procuraient ainsi un peu plus de diversion.

Nous nous étions arrangés aussi de manière à ce qu’insensiblement l’Empereur se trouvât un peu mieux, sous bien des rapports. En prolongement de la chambre qu’il occupait, on dressa une assez grande tente que m’avait fait offrir le général-colonel du 53e. Le cuisinier de l’Empereur vint s’établir à Briars ; on tira du linge des malles, on sortit l’argenterie, et le premier dîner de la sorte se trouva être une petite fête. Mais les soirées demeuraient toujours aussi difficiles à passer ; l’Empereur retournait quelquefois dans la maison voisine ; quelquefois il essayait de marcher hors de sa chambre ; plus souvent encore il y demeurait à causer, cherchant à atteindre dix ou onze heures. Il redoutait de se coucher trop tôt : il s’éveillait alors au milieu de la nuit, et, cherchant à fuir ses réflexions, il était obligé de se relever pour lire.

Un de ces jours, à dîner, l’Empereur trouva sous ses yeux une de ses propres assiettes de campagne aux armes royales. « Comme ils m’ont gâté tout cela ! » dit-il en expressions bien autrement énergiques ; et il ne put s’empêcher d’observer que le roi s’était bien pressé de prendre possession de ces objets ; qu’à coup sûr il ne pouvait réclamer cette argenterie comme lui ayant été enlevée, qu’elle était bien incontestablement à lui, Napoléon ; car quand il monta sur le trône il ne s’était trouvé nul vestige de propriété royale : en le quittant, il avait laissé à la couronne cinq millions d’argenterie, et peut-être quarante ou cinquante millions de meubles ; le tout de ses propres deniers provenant de sa liste civile.

L’Empereur, dans la conversation d’une de ses soirées, a raconté l’événement de brumaire. J’en supprime ici les détails, parce qu’ils ont été dictés plus tard au général Gourgaud, et qu’on retrouvera l’ensemble de ce grand événement dans la publication des dictées de Napoléon.

Sieyès, qui était un des consuls provisoires de Napoléon, et qui, à la première conférence, le vit discuter tout à la fois les finances, l’administration, l’armée, la politique, les lois, sortit déconcerté, et courut dire à ses intimes, en parlant de lui : « Messieurs, vous avez un maître ! Cet homme sait tout, veut tout, et peut tout ».

J’étais à Londres à cette époque, et je disais à l’Empereur que nous y avions conçu de grandes espérances, et que nous avions beaucoup compté sur le 18 brumaire et sur son consulat. Plusieurs de nous, qui avaient connu jadis madame de Beauharnais, partirent aussitôt pour Paris, dans l’espoir de parvenir, par elle, à exercer quelque influence ou imprimer quelque direction aux affaires qui se présentaient sous une face nouvelle.

Nous pensâmes généralement, dans le temps, que le Premier Consul avait attendu des propositions de nos princes ; nous nous appuyions, sur ce qu’il avait été assez long-temps sans se prononcer à leur égard, ce qu’il avait fait plus tard, dans une proclamation, d’une manière accablante. Nous attribuions ce résultat à la gaucherie et à la brutalité de l’évêque d’Arras, le conseiller, le directeur suprême de nos affaires, qui, du reste, de son propre aveu, opérait les yeux fermés, se vantant de n’avoir pas lu, disait-il, une seule gazette, depuis le temps qu’elle ne contenaient que les succès ou les mensonges de ces misérables.

Au moment du consulat, quelqu’un ayant voulu lui donner l’idée de tenter quelques négociations auprès du Consul par l’intermédiaire de madame Bonaparte, il repoussa la chose avec indignation et dans les termes les plus sales et les plus orduriers ; ce qui força l’auteur de la proposition de lui dire que de telles expressions n’étaient guère épiscopales, et qu’il ne les avait certainement pas lues dans son bréviaire.

Dans le même temps, il apostropha grossièrement le duc de Choiseul, à la table même du prince, et en fut tancé tout aussi vertement ; le tout parce que le duc de Choiseul, sortant des prisons de Calais, et échappant à la mort par le bienfait du Consul, terminait les renseignements que lui demandait le prince sur Bonaparte en protestant que pour lui désormais il ne pourrait plus désavouer une reconnaissance personnelle.

L’Empereur disait à tout cela qu’il n’avait jamais songé aux princes ; que les phrases auxquelles je faisais allusion étaient du troisième consul, Lebrun, et sans motif particulier. Que nous semblions, au dehors, ne nous être jamais doutés de l’opinion du dedans ; que s’il eût eu pour les princes des dispositions favorables, il n’eût pas été en son pouvoir de les accomplir. Toutefois, il avait reçu vers ce temps-là des ouvertures de Mittau et de Londres.

Le roi lui écrivit, disait-il, une lettre qui lui fut remise par Lebrun, lequel la tenait de l’abbé de Montesquiou, agent secret de ce prince à Paris. Cette lettre, extrêmement soignée, disait :

« Vous tardez beaucoup à me rendre mon trône. Il est à craindre que vous ne laissiez écouler des momens bien favorables. Vous ne pouvez pas faire le bonheur de la France sans moi ; et moi je ne puis rien pour la France sans vous. Hâtez-vous donc, et désignez vous-même toutes les places qui vous plairont pour vos amis ».

Le Premier Consul répondit :

« J’ai reçu la lettre de Votre Altesse Royale ; j’ai toujours pris un vif intérêt à ses malheurs et à ceux de sa famille. Elle ne doit pas songer à se présenter en France ; elle n’y parviendrait que sur cent mille cadavres. Du reste, je m’empresserai toujours à faire tout ce qui pourrait adoucir ses destinées et lui faire oublier ses malheurs ».

L’ouverture de M. le comte d’Artois eut plus d’élégance et de recherche encore. Il dépêcha la duchesse de Guiche, femme charmante, très propre, par les grâces de sa figure, à mêler beaucoup d’attraits à l’importance de sa négociation. Elle pénétra facilement auprès de madame Bonaparte, avec laquelle toutes les personnes de l’ancienne cour avaient des contacts naturels : elle en reçut un déjeuner à la Malmaison ; et durant le repas, parlant de Londres, de l’émigration et de nos princes, madame de Guiche raconta qu’il y avait peu de jours, étant chez M. le comte d’Artois, quelqu’un parlant des affaires, avait demandé au prince ce qu’on ferait pour le Premier Consul, s’il rétablissait les Bourbons ; ce prince avait répondu : « D’abord connétable et tout ce qui s’ensuit, si cela lui plaisait. Mais nous ne croirions pas que cela fût encore assez ; nous élèverions sur le Carrousel une haute et magnifique colonne sur laquelle serait la statue de de Bonaparte couronnant les Bourbons ».

Le Premier Consul arrivant quelque temps après le déjeuner, Joséphine n’eut rien de plus pressé que de lui rendre cette circonstance. « Et as-tu répondu, lui dit son mari, que cette colonne aurait pour piédestal le cadavre du Premier Consul ? »

La jolie duchesse était encore là ; les charmes de sa figure, ses yeux, ses paroles, étaient dirigés au succès de sa mission. Elle était heureuse, disait-elle, elle ne saurait jamais assez reconnaître la faveur que lui procurait en ce moment madame Bonaparte de voir et entendre un grand homme, un héros. Mais tout fut en vain ; la duchesse de Guiche reçut dans la nuit l’ordre de quitter Paris ; et les charmes de l’émissaire étaient trop propres à alarmer Joséphine pour qu’elle insistât ardemment en sa faveur : le lendemain la duchesse de Guiche était en route pour la frontière.

« Du reste, le bruit courut plus tard, disait Napoléon, que j’avais fait, à mon tour, aux princes français des propositions touchant la cession de leurs droits ou leur renonciation à la couronne, ainsi qu’on s’est complu à le consacrer dans des déclarations pompeuses, répandues en Europe avec profusion : il n’en était rien. Et comment cela aurait-il pu être ? moi qui ne pouvais régner précisément que par le principe que les faisait exclure, celui de la souveraineté du peuple ? Comment aurais-je cherché à tenir d’eux des droits que l’on proscrivait dans leurs personnes ? C’eût été me proscrire moi-même ; le contre-sens eût été trop lourd, l’absurdité trop criante, elle m’eût noyé pour toujours dans l’opinion. Aussi, directement ni indirectement, de près ni de loin, je n’ai rien fait qui pût se rapporter à cela : c’est ce qu’auront pensé sans doute, dans le temps, les gens réfléchis qui m’accordaient de n’être ni fou ni imbécile.

« Toutefois la rumeur causée par cette circonstance me porta à faire rechercher ce qui pouvait y avoir donné lieu, et voici ce que j’ai pu recueillir.

« Au temps de notre intelligence avec la Prusse, et lorsqu’elle s’occupait de nous être agréable, elle fit demander si de souffrir des princes français sur son territoire nous causerait de l’ombrage, et on répondit par non. Enhardie, elle demanda si on aurait une trop grande répugnance à la mettre à même de leur procurer des secours annuels ; on lui répondit encore que non, pourvu qu’elle garantît qu’ils demeuraient tranquilles et s’abstiendraient de toute intrigue.

« Cette affaire se traitant entre eux, et la négociation une fois en train, Dieu sait ce que le zèle de notre agent, ou même les doctrines du cabinet de Berlin, qui n’étaient pas les nôtres, peuvent avoir proposé ! Voilà sans doute le motif et le prétexte qui donnèrent lieu à cette belle lettre de Louis XVIII, qui fut fort admirée, et à laquelle adhèrent avec éclat tous les membres de sa famille. Ces princes saisirent avidement cette occasion pour réveiller en leur faveur l’intérêt et l’attention de l’Europe qui, distraite par les grands événements du temps, ne s’en occupait plus ».

A propos mouvementbonapartiste

JOURNAL OFFICIEL DE LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE 6 février 2010 1016 - * Déclaration à la préfecture de Meurthe-et-Moselle. MOUVEMENT BONAPARTISTE Objet : défendre, faire connaître et étendre les principes et valeurs du Bonapartisme. Il s’appuie sur l’adhésion populaire à une politique de redressement conjuguant les efforts des particuliers, associations et services de l’État. Le mouvement défend les principes bonapartistes sur lesquels il est fondé, et qui régissent son fonctionnement intérieur. Il défend également la mémoire de Napoléon le Grand, ainsi que celle de Napoléon III et de leurs fils, Napoléon II et Napoléon IV. Il reconnait Napoléon IV comme ayant régné sans avoir gouverné, en vertu du plébiscite de mai 1870. Le mouvement ne reconnait pas d’empereur après 1879, en vertu de l’absence de plébiscite. Républicain, il privilégie le bonheur, les intérêts et la gloire des peuples, et n’envisage de rétablissement de l’Empire que si les fondements en sont républicains et le régime approuvé par voie référendaire.
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