LE MEMORIAL DE SAINTE-HELENE – 25-27/10/1815

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MOUVEMENT BONAPARTISTE

TOUT POUR ET PAR LE PEUPLE
« Pour l’Honneur de la France, pour les intérêts sacrés de l’Humanité »
(Napoléon le Grand, 17 ventôse an VIII – samedi 8 mars 1800)

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Aigle_Empire_MOUVEMENT BONAPARTISTE

Mercredi 25 au vendredi 27 octobre 1815.

VIE DE BRIARS, ETC
NECESSAIRE D’AUSTERLITZ
GRAND NECESSAIRE DE L’EMPEREUR
SON CONTENU
OBJETS, LIBELLES CONTRE NAPOLEON, ETC., ABANDONNES AUX TUILERIES

L’Empereur s’habillait de fort bonne heure, il faisait dehors quelques tours, nous déjeunions vers les dix heures, il se promenait encore, et nous nous mettions ensuite au travail. Je lui lisais ce qu’il m’avait dicté la veille, et que mon fils avait recopié le matin ; il le corrigeait, et me dictait pour le lendemain. Nous ressortions sur les cinq heures, et revenions dîner à six heures, si toutefois le dîner était arrivé de la ville. La journée était bien longue, les soirées l’étaient bien plus encore. Malheureusement je ne connaissais pas les échecs, j’eus un moment envie de les apprendre la nuit ; mais comment, et de qui ? Je me donnai pour savoir un peu le piquet, l’Empereur s’aperçut bientôt de mon ignorance, il tint compte de mon intention, mais cessa. Quelquefois le désœuvrement le conduisait dans la maison voisine, où les petites demoiselles le faisaient jouer au whist. Plus souvent encore il restait à table après le dîner, et causait assis ; car la chambre était trop petite pour s’y promener.

Un de ces soirs, il se fit apporter un petit nécessaire de campagne, en examina minutieusement toutes les parties, et me le donna, disant : « Il y a bien long-temps que je l’ai, je m’en suis servi le matin de la bataille d’Austerlitz. Il passera au petit Emmanuel, continua-t-il en regardant mon fils. Quand il aura quatre-vingts ans, nous ne serons plus, mon cher ; l’objet n’en sera que plus curieux, il le fera voir et dira : C’est l’empereur Napoléon qui l’a donné à mon père à Sainte-Hélène ».

Passant de là à l’examen d’un grand nécessaire, il parcourut des portraits de sa propre famille et des présens qui lui avaient été faits à lui-même : c’étaient les portraits de Madame, de la reine de Naples, des filles de Joseph, de ses frères, du roi de Rome, etc. ; un Auguste et une Livie des plus rares ; une continence de Scipion et une autre antique du plus grand prix donnée par le pape ; un Pierre-le-Grand sur boîte, une autre boîte avec un Charles-Quint, une autre encore avec un Turenne ; d’autres enfin, dont il se sert journellement, couvertes de médaillons rassemblés de César, d’Alexandre, de Sylla, de Mithridate, etc. Venaient ensuite quelques tabatières où était son portrait enrichi de diamans. Il en chercha alors tout à coup un sans diamans ; ne le trouvant pas, il appela son valet de chambre pour qu’on le lui donnât ; malheureusement ce portrait se trouvait encore à la ville avec le gros des effets : j’en fus fâché, je pouvais croire que j’y perdais quelque chose.

L’Empereur alors passa en revue plusieurs tabatières de Louis XVIII qui avaient été laissées sur sa table aux Tuileries, lors de son départ précipité. L’une présentait sur un fond noir, en pâte imitant l’ivoire, et dans une contexture bizarre, le portrait de Louis XVI, de la reine et de madame Elisabeth : ils formaient trois croissans adossés l’un à l’autre en forme de triangle équilatéral ; une quantité de chérubins fort serrés formaient la bordure extérieure. Une autre boîte représentait une chasse au lavis et croquée, et qui ne pouvait avoir d’autre mérite que la main qui l’avait faite, on la croyait de madame la duchesse d’Angoulême. Une troisième enfin présentait un portrait qui devait être, selon les apparences, celui de la comtesse de Provence. Ces trois objets étaient simples et même communs, et ne pouvaient avoir de précieux que leur histoire.

En arrivant à Paris, le 20 mars au soir, l’Empereur trouva le cabinet du roi dans le même état où il avait été occupé ; tous les papiers demeuraient encore sur les tables. L’Empereur fit pousser ces tables dans les angles de l’appartement, et en fit apporter de nouvelles ; il voulut qu’on ne touchât à rien, se réservant d’examiner ces papiers dans ses momens perdus. Et comme l’Empereur a quitté lui-même la France sans rentrer aux Tuileries, le roi aura trouvé sa chambre et ses papiers à peu près comme il les avait laissés.

L’Empereur jeta les yeux sur quelques-uns de ces papiers. Il y trouva des lettres du roi à M. d’Avaray, à Madère, où il est mort : elles étaient de sa main, et lui avaient sans doute été renvoyées. Il y trouva aussi d’autres lettres très confidentielles du roi pareillement de sa main. Mais comment se trouvaient-elles là ? Comment lui étaient-elles revenues ? Cela était plus difficile à expliquer. Elles étaient de cinq à six pages, fort purement écrites, de beaucoup d’esprit, disait l’Empereur, mais très abstraites et fort métaphysiques. Dans l’une, le prince disait à la personne à laquelle il s’adressait : Jugez, Madame, si je vous aime, vous m’avez fait quitter le deuil. Et ce deuil, disait l’Empereur, amenait de longs paragraphes d’un style tout-à-fait académique. L’Empereur ne devinait pas à qui cela pouvait s’adresser, ni ce que ce deuil pouvait signifier ; j’étais hors d’état de pouvoir lui donner aucun renseignement.

C’est sur une de ces tables que deux ou trois jours après avoir reconfirmé quelqu’un à la tête d’une institution célèbre, l’Empereur trouva un mémoire de cette personne, qui assurément l’eût empêché de la nommer de nouveau, par la manière dont elle s’y exprimait à l’égard de lui et de toute sa famille.

Il y avait encore beaucoup d’autres pièces de cette nature ; mais les véritables archives de la bassesse, du mensonge et de la vilenie, se trouvaient dans les appartemens de M. de Blacas, grand-maître de la garde-robe, ministre de la Maison : ils étaient pleins de projets, de rapports et de pétitions de toute espèce. Il était peu de ces pièces où l’on ne se fit valoir aux dépens de Napoléon qu’on était assurément bien loin d’attendre. Le tout était si volumineux que l’Empereur fut obligé de nommer une commission de quatre membres pour en faire le dépouillement ; il regarde comme une faute de n’avoir pas confié ce dépouillement à une seule personne, et tellement à lui qu’il fût sûr qu’on n’y aurait rien soustrait. Il a eu des raisons de croire qu’il y eût trouvé déjà des indices salutaires sur les perfidies dont il s’est vu entouré à son retour de Waterloo.

On trouva, entre autres, une longue lettre d’une des femmes de la princesse Pauline. Cette volumineuse lettre s’exprimait fort mal sur la princesse et ses sœurs, et ne parlait de cet homme (c’était l’Empereur) que sous les plus mauvaises couleurs. On n’avait pas cru que ce fût assez, on en avait raturé une partie, et interligné d’une main étrangère, pour y faire arriver Napoléon lui-même de la manière la plus scandaleuse ; et à la marge, et de la main de l’interligneur, il y avait : Bon à imprimer. Quelques jours de plus, probablement ce petit libelle allait voir le jour.

Une parvenue, tenant un rang distingué dans l’Etat et dans l’instruction publique, courbée sous les bienfaits de l’Empereur écrivait en toute hâte à sa camarade de même espèce, pour lui apprendre la fameuse décision du Sénat touchant la déchéance et la proscription de Napoléon : « Ma chère amie, mon mari rentre, il est mort de fatigue ; mais ses efforts l’ont emporté, nous sommes délivrés de cet homme, et nous aurons les Bourbons. Dieu soit loué, nous serons donc de vraies comtesses ! etc. ».

Parmi ces pièces, Napoléon eut la mortification d’en rencontrer de très inconvenantes sur sa personne, et cela de la main même de certains qui la veille étaient accourus près de lui et tenaient déjà de ses faveurs. Dans son indignation, sa première pensée fut d’imprimer ces pièces, et de retirer ses bienfaits ; un second mouvement l’arrêta. « Nous sommes si volatils, si inconséquens, si faciles à enlever, disait-il, qu’il ne me demeurait pas prouvé, après tout, que ces mêmes gens ne fussent pas revenus réellement de bon cœur à moi ; et j’allais peut-être les punir quand ils recommençaient à bien faire ; il valait mieux ne pas savoir, et je fis tout brûler ».

A propos mouvementbonapartiste

JOURNAL OFFICIEL DE LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE 6 février 2010 1016 - * Déclaration à la préfecture de Meurthe-et-Moselle. MOUVEMENT BONAPARTISTE Objet : défendre, faire connaître et étendre les principes et valeurs du Bonapartisme. Il s’appuie sur l’adhésion populaire à une politique de redressement conjuguant les efforts des particuliers, associations et services de l’État. Le mouvement défend les principes bonapartistes sur lesquels il est fondé, et qui régissent son fonctionnement intérieur. Il défend également la mémoire de Napoléon le Grand, ainsi que celle de Napoléon III et de leurs fils, Napoléon II et Napoléon IV. Il reconnait Napoléon IV comme ayant régné sans avoir gouverné, en vertu du plébiscite de mai 1870. Le mouvement ne reconnait pas d’empereur après 1879, en vertu de l’absence de plébiscite. Républicain, il privilégie le bonheur, les intérêts et la gloire des peuples, et n’envisage de rétablissement de l’Empire que si les fondements en sont républicains et le régime approuvé par voie référendaire.
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