LE MEMORIAL DE SAINTE-HELENE – 22-24/10/1815

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MOUVEMENT BONAPARTISTE

TOUT POUR ET PAR LE PEUPLE
« Pour l’Honneur de la France, pour les intérêts sacrés de l’Humanité »
(Napoléon le Grand, 17 ventôse an VIII – samedi 8 mars 1800)

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Aigle_Empire_MOUVEMENT BONAPARTISTE

Dimanche 22 au mardi 24 octobre 1815.

HORREURS ET MISERES DE NOTRE EXIL
INDIGNATION DE L’EMPEREUR
NOTE ENVOYEE AU GOUVERNEMENT ANGLAIS

Les ministres anglais, en violant les droits de l’hospitalité auxquels nous nous étions abandonnés avec tant de confiance, semblaient n’avoir rien épargné pour rendre cette violation plus amère et plus sensible. En nous reléguant au bout de la terre, au milieu des privations, des mauvais traitemens, des besoins de toute espèce, ils avaient voulu nous faire boire le calice jusqu’à la lie. Sainte-Hélène est une véritable Sibérie ; la différence n’en est que du froid au chaud, et dans son peu d’étendue.

L’empereur Napoléon, qui possédait tant de puissance et disposa de tant de couronnes, s’y trouve réduit à une méchante petite cahute de quelques pieds en carré, perchée sur un roc stérile ; sans rideaux, ni volets, ni meubles. Là, il doit se coucher, s’habiller, manger, travailler, demeurer ; il faut qu’il sorte s’il veut qu’on la nettoie. Pour sa nourriture on lui apporte de loin quelques mauvais mets, comme à un criminel dans son cachot. Il manque réellement des premières besoins de la vie ; le pain, le vin, ne sont point les nôtres, ils nous répugnent ; l’eau, le café, le beurre, l’huile et les autres nécessités y sont rares ou à peine supportables ; un bain, si nécessaire à sa santé, ne se trouve pas ; il ne peut prendre l’exercice du cheval.

Ses compagnons, ses serviteurs, sont à deux milles de lui ; ils ne peuvent parvenir auprès de sa personne qu’accompagnés d’un soldat ; ils demeurent privés de leurs armes, sont condamnés à passer la nuit au corps de garde, s’ils reviennent trop tard ou s’il y a quelque méprise de consigne, ce qui arrive presque chaque jour. Ainsi de réunissent pour nous, sur la cime de cet affreux rocher, la dureté des hommes et les rigueurs de la nature ! et pourtant il eût été facile de nous procurer une demeure plus convenable et des traitemens plus doux.

Certes, si les souverains de l’Europe ont arrêté cet exil, une haine secrète en a dirigé l’exécution. Si la politique seule a dicté cette mesure comme nécessaire, n’eût-elle pas dû, pour en convaincre le monde, entourer d’égards, de respects, de dédommagemens de toute espèce, l’illustre victime vis-à-vis de laquelle elle se dit forcée de violer les principes et les lois ?

Nous nous trouvions tous auprès de l’Empereur ; il récapitulait avec chaleur tous ces faits. « A quel infâme traitement ils nous ont réservés, s’écriait-il. Ce sont les angoisses de la mort ! A l’injustice, à la violence, ils joignent l’outrage, les supplices prolongés ! Si je leur étais si nuisible, que ne se défaisaient-ils de moi ? quelques balles dans le cœur ou dans la tête eussent suffi ; il y eût eu au moins quelque énergie dans ce crime ! Si ce n’était vous autres et vos femmes surtout, je ne voudrais recevoir ici que la ration du simple soldat. Comment les souverains de l’Europe peuvent-ils laisser polluer en moi ce caractère sacré de la souveraineté ! Ne voient-ils pas qu’ils se tuent de leurs propres mains à Sainte-Hélène ! Je suis entré vainqueur dans leurs capitales ; si j’y eusse apporté les mêmes sentimens, que seraient-ils devenus ? Ils m’ont tous appelé leur frère, et je l’étais devenu par le choix des peuples, la sanction de la victoire, le caractère de la religion, les alliances de leur politique et de leur sang. Croient-ils donc le bon sens des peuples insensible à leur morale, et qu’en attendent-ils ? Toutefois, faites vos plaintes, Messieurs, que l’Europe les connaisse et s’en indigne ! les miennes sont au-dessous de ma dignité et de mon caractère : j’ordonne ou je me tais ».

Le lendemain un officier ouvrit tout bonnement la porte, et s’introduisit lui-même, sans plus de façon, dans le chambre de l’Empereur, où j’étais à travailler avec lui. Ses intentions, du reste, étaient bonnes : c’était le capitaine d’un des petits bâtimens restés avec nous, qui repartait pour l’Europe et avait voulu venir prendre les ordres de l’Empereur. Napoléon revint sur le sujet de la veille, et, s’animant par degrés, lui exprima, pour son gouvernement, les pensées les plus élevées, les plus fortes, les plus remarquables. Je les traduisais à mesure et rapidement. L’officier semblait frappé de chaque phrase, et nous quitta, promettant d’accomplir fidèlement sa mission. Mais rendra-t-il les expressions, l’accent surtout, dont je fus témoin ? L’Empereur en fit rédiger une espèce de note, que l’officier aura trouvée bien faible auprès de ce qu’il avait entendu d’abondance. La voici :

NOTE : « L’Empereur désire, par le retour du prochain vaisseau, avoir des nouvelles de sa femme et de son fils, et savoir si celui-ci vit encore. Il profite de cette occasion pour réitérer et faire parvenir au gouvernement britannique les protestations qu’il a déjà faites contre les étranges mesures adoptées contre lui.

« Le gouvernement l’a déclaré prisonnier de guerre. L’Empereur n’est point prisonnier de guerre : sa lettre au prince régent, écrite et communiquée au capitaine Maitland avant de se rendre à bord du Bellérophon, prouve assez au monde entier les dispositions et la confiance qui l’ont conduit librement sous le pavillon anglais.

« L’Empereur eût pu ne sortir de France que par des stipulations qui eussent prononcé sur ce qui était relatif à sa personne ; mais il a dédaigné de mêler des intérêts personnels avec les grands intérêts dont il avait constamment l’esprit occupé. Il eût pu se mettre à la disposition de l’empereur Alexandre, qui avait été son ami, ou de l’empereur François, qui était son beau-père ; mais dans la confiance qu’il avait dans la nation anglaise, il n’a voulu d’autre protection que les lois ; et, renonçant aux affaires publiques, il n’a cherché d’autre pays que les lieux qui étaient gouvernés par des lois fixes, indépendantes des volontés particulières.

« Si l’Empereur eût été prisonnier de guerre, les droits des nations civilisées sur un prisonnier de guerre sont bornés par le droit des gens, et finissent d’ailleurs avec la guerre même.

« 3° Le gouvernement anglais considérant l’Empereur, même arbitrairement, comme prisonnier de guerre, son droit se trouvait alors borné par le droit public, ou bien il pouvait, comme il n’y avait point de cartel entre les deux nations dans la guerre actuelle, adopter vis-à-vis de lui les principes des sauvages qui donnent la mort à leurs prisonniers. Ce droit eût été plus humain, plus conforme à la justice, que celui de le porter sur cet affreux rocher : la mort qui lui eût été donnée à bord du Bellérophon en rade de Plymouth eût été un bienfait en comparaison.

« Nous avons parcouru les contrées les plus infortunées de l’Europe, aucune ne saurait être comparée à cet aride rocher : privé de tout ce qui peut rendre la vie insupportable, il est propre à renouveler à chaque instant les angoisses de la mort. Les premiers principes de la morale chrétienne, et ce grand devoir imposé à l’homme de suivre sa destinée, quelle qu’elle soit, peuvent seuls l’empêcher de mettre lui-même un terme à une si horrible existence ; l’Empereur met de la gloire à demeurer au-dessus d’elle. Mais si le gouvernement britannique devait persister dans ses injustices et ses violences envers lui, il regarde comme un bienfait qu’il lui fasse donner la mort ».

A propos mouvementbonapartiste

JOURNAL OFFICIEL DE LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE 6 février 2010 1016 - * Déclaration à la préfecture de Meurthe-et-Moselle. MOUVEMENT BONAPARTISTE Objet : défendre, faire connaître et étendre les principes et valeurs du Bonapartisme. Il s’appuie sur l’adhésion populaire à une politique de redressement conjuguant les efforts des particuliers, associations et services de l’État. Le mouvement défend les principes bonapartistes sur lesquels il est fondé, et qui régissent son fonctionnement intérieur. Il défend également la mémoire de Napoléon le Grand, ainsi que celle de Napoléon III et de leurs fils, Napoléon II et Napoléon IV. Il reconnait Napoléon IV comme ayant régné sans avoir gouverné, en vertu du plébiscite de mai 1870. Le mouvement ne reconnait pas d’empereur après 1879, en vertu de l’absence de plébiscite. Républicain, il privilégie le bonheur, les intérêts et la gloire des peuples, et n’envisage de rétablissement de l’Empire que si les fondements en sont républicains et le régime approuvé par voie référendaire.
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