LE MEMORIAL DE SAINTE-HELENE – 02+03/08/1815

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MOUVEMENT BONAPARTISTE

TOUT POUR ET PAR LE PEUPLE
« Pour l’Honneur de la France, pour les intérêts sacrés de l’Humanité »
(Napoléon le Grand, 17 ventôse an VIII – samedi 8 mars 1800)

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Aigle_Empire_MOUVEMENT BONAPARTISTE

PAROLES REMARQUABLES DE L’EMPEREUR

Mercredi 2, jeudi 3 août 1815.

Au matin, le duc de Rovigo m’apprend que je suis décidemment du voyage de Sainte-Hélène ; l’Empereur, en causant, lui avait dit que, si nous devions n’être que deux à le suivre, il comptait encore que je serais du nombre ; qu’il attendait de moi de l’utilité et de la consolation. Je dois à la bienveillance du duc de Rovigo la douceur de connaître ces paroles de l’Empereur : j’en suis reconnaissant ; sans lui, elles me seraient toujours demeurées inconnues. A moi, l’Empereur n’avait rien répondu quand nous avions traité ce sujet : c’est sa manière : j’aurai plus d’une fois l’occasion de le montrer.

Je ne me trouvais de véritable connaissance avec aucun de ceux qui avaient suivi l’Empereur, si j’en excepte toutefois le général Bertrand et sa femme, dont j’avais été comblé dans ma mission en Illyrie, où il commandait en qualité de gouverneur général.

Jusqu’alors je n’avais jamais parlé au duc de Rovigo ; certaines préventions m’en avaient toujours tenu au loin ; à peine nous fûmes-nous vus qu’elles furent détruites.

Savary aimait sincèrement l’Empereur ; je lui ai connu de l’âme, du cœur, de la droiture, de la reconnaissance ; il m’a semblé susceptible d’une véritable amitié : nous nous serions sans doute intimement liés. Puisse-t-il lire jamais les sentimens et les regrets qu’il m’a laissés !

L’Empereur m’ayant fait venir ce soir, comme de coutume, pour causer, à la suite de beaucoup d’objets divers, il s’est arrêté sur Sainte-Hélène, me demandant ce que ce pouvait être, s’il serait possible d’y supporter la vie, etc., etc… « Mais après tout, m’a-t-il dit, est-il bien sûr que j’y aille ? Un homme est-il donc dépendant de son semblable, quand il veut cesser de l’être ? »

Nous nous promenions dans sa chambre ; il était calme, mais affecté, et en quelque façon distrait.

« Mon cher, a-t-il continué, j’ai parfois l’envie de vous quitter, et cela n’est pas bien difficile ; il ne s’agit que de se monter un tant soit peu la tête, et je vous aurai bientôt échappé, tout sera fini, et vous irez rejoindre tranquillement vos familles… D’autant plus que mes principes intérieurs ne me gênent nullement ; je suis de ceux qui croient que les peines de l’autre monde n’ont été imaginées que comme supplément aux attraits insuffisans qu’on nous y présente. Dieu ne saurait avoir voulu un tel contre-poids à sa bonté infinie, surtout pour des actes tels que celui-ci. Et qu’est-ce après tout ? Vouloir lui revenir un peu plus vite. »

Je me récriai sur de pareilles pensées. Le poète, le philosophe, avaient dit que c’était un spectacle digne des dieux que de voir l’homme aux prises avec l’infortune ; les revers et la constance avaient aussi leur gloire ; un aussi noble et aussi grand caractère ne pouvait pas s’abaisser au niveau des âmes les plus vulgaires : celui qui nous avait gouvernés avec tant de gloire, qui avait fait l’admiration et les destinées du monde, ne pouvait finir comme un joueur au désespoir ou un amant trompé. Que deviendraient donc tous ceux qui croyaient, qui espéraient en lui ? Abandonnerait-il donc sans retour un champ libre à ses ennemis ? L’extrême désir que ceux-ci en faisaient éclater ne suffisait-il pas pour le décider à la résistance ? D’ailleurs, qui connaissait les secrets du temps ? Qui oserait affirmer l’avenir ? Que ne pourrait pas amener le simple changement d’un ministre, la mort d’un prince, celle d’un de ses confidens, la plus légère passion, la plus petite querelle ? … etc., etc.

« Quelques-unes de ces paroles ont leur intérêt, disait l’Empereur : mais que pourrons-nous faire dans ce lieu perdu ? – Sire, nous vivrons du passé ; il a de quoi nous satisfaire ? Ne jouissons-nous pas de la vie de César, de celle d’Alexandre ? Nous posséderons mieux, vous vous relirez, Sire ! – Eh bien ! dit-il, nous écrirons nos Mémoires. Oui, il faudra travailler ; le travail aussi est le faux du temps. Après tout, on doit remplir ses destinées ; c’est aussi ma grande doctrine*. Eh bien ! que les miennes s’accomplissent. » Et reprenant dès cet instant un air aisé et même gai, il passa à des objets tout-à-fait étrangers à notre situation.

Aigle_Empire_MOUVEMENT BONAPARTISTE

*Voici un ancien document que la circonstance ci-dessus contribue à rendre précieux : c’est un ordre du jour du Premier Consul à sa Garde contre le suicide.

Ordre du 22 floréal an X.

« Le grenadier Gobain s’est suicidé par amour : c’était d’ailleurs un très-bon sujet. C’est le second événement de cette nature qui arrive au corps depuis un mois.
« Le Premier Consul ordonne qu’il soit mis à l’ordre de la Garde :
« Qu’un soldat doit savoir vaincre la douleur et la mélancolie des passions ; qu’il y a autant de vrai courage à souffrir avec constance les peines de l’âme qu’à rester fixe sous la mitraille d’une batterie.
« S’abandonner au chagrin sans résister, se tuer pour s’y soustraire, c’est abandonner le champ de bataille avant d’avoir vaincu ».

A propos mouvementbonapartiste

JOURNAL OFFICIEL DE LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE 6 février 2010 1016 - * Déclaration à la préfecture de Meurthe-et-Moselle. MOUVEMENT BONAPARTISTE Objet : défendre, faire connaître et étendre les principes et valeurs du Bonapartisme. Il s’appuie sur l’adhésion populaire à une politique de redressement conjuguant les efforts des particuliers, associations et services de l’État. Le mouvement défend les principes bonapartistes sur lesquels il est fondé, et qui régissent son fonctionnement intérieur. Il défend également la mémoire de Napoléon le Grand, ainsi que celle de Napoléon III et de leurs fils, Napoléon II et Napoléon IV. Il reconnait Napoléon IV comme ayant régné sans avoir gouverné, en vertu du plébiscite de mai 1870. Le mouvement ne reconnait pas d’empereur après 1879, en vertu de l’absence de plébiscite. Républicain, il privilégie le bonheur, les intérêts et la gloire des peuples, et n’envisage de rétablissement de l’Empire que si les fondements en sont républicains et le régime approuvé par voie référendaire.
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