LE MEMORIAL DE SAINTE-HELENE – 20-22/07/1815

drapeau-du-mouvement-bonapartiste.jpg

MOUVEMENT BONAPARTISTE

TOUT POUR ET PAR LE PEUPLE
« Pour l’Honneur de la France, pour les intérêts sacrés de l’Humanité »
(Napoléon le Grand, 17 ventôse an VIII – samedi 8 mars 1800)

♔♔♔♔♔♔♔♔♔♔♔♔♔♔♔♔♔♔♔♔♔♔♔♔♔♔

INFLUENCE DE L’EMPEREUR SUR LES ANGLAIS DU BELLEROPHON.

RESUME DE L’EMPEREUR.

Jeudi 20 au samedi 22 juillet.

Nous continuons notre route avec des vents peu favorables.

L’Empereur ne fut pas longtemps au milieu de ses plus cruels ennemis, de ceux que l’on avait constamment nourris des bruits les plus absurdes et les plus irritants, sans exercer sur eux toute l’influence de la gloire. Le capitaine, les officiers, l’équipage eurent bientôt adopté les mœurs de sa suite ; ce furent les mêmes égards, le même langage, le même respect. Le capitaine ne l’appelait que Sire et Votre Majesté ; s’il paraissait sur le pont, chacun avait le chapeau bas, et demeurait ainsi tant qu’il était présent, ce qui n’avait pas eu lieu dans les premiers instants ; on ne pénétrait dans sa chambre qu’à travers ses officiers ; il ne paraissait à sa table que ceux du vaisseau qu’il y avait invités ; enfin, Napoléon, à bord du Bellerophon, y était empereur. Il paraissait souvent sur le pont, et conversait avec quelques-uns de nous ou avec des personnes du vaisseau.

De tous ceux qui l’avaient suivi, j’étais peut-être celui qu’il connaissait le moins : on a vu précédemment que, malgré mes emplois auprès de sa personne, j’avais eu peu de relations directes avec lui. Depuis mon départ de Paris, il m’avait à peine encore adressé la parole ; mais, durant notre navigation, il a commencé à s’entretenir fort souvent avec moi.

Les occasions et les circonstances m’étaient des plus favorables : je savais assez d’anglais pour être à même de lui donner bien des éclaircissements sur ce qui se disait autour de nous.

J’avais été marin : et je donnais à l’Empereur toutes les explications qu’il désirait sur les manœuvres du vaisseau, l’état des vents et de la mer.

J’avais été dix ans en Angleterre ; j’y avais pris des idées arrêtées sur les lois, les mœurs, les usages du pays ; je pouvais répondre pertinemment à toutes les questions que l’Empereur daignait m’adresser sur ces objets.

Enfin, mon Atlas historique me laissait une foule d’époques, de dates et de rapprochements sur lesquels il me trouvait toujours prêt.

En même temps j’employai les loisirs de notre navigation au résumé qui suit, touchant notre situation à Rochefort, et les motifs qui avaient dicté la détermination de l’Empereur. J’obtenais désormais des données exactes et authentiques. Les voici :

RESUME

La croisière anglaise n’était pas forte : deux corvettes étaient devant Bordeaux, elles y bloquaient une corvette française, et donnaient la chasse à des Américains qui sortaient tous les jours en grand nombre. A l’île d’Aix nous avions deux frégates bien armées, la corvette le Vulcain, de premier échantillon, était au fond de la rade ; enfin, un gros brick ; tout cela était bloqué par un vaisseau de soixante-quatorze, des plus petits de la marine anglaise, et par une ou deux mauvaises corvettes. Il est hors de doute qu’en courant le risque de sacrifier un ou deux bâtiments, on serait passé ; mais le capitaine commandant était faible, il refusa de sortir ; le second, tout à fait déterminé, l’eût tenté : probablement le commandant avait reçu des ordres de Fouché, qui déjà trahissait ouvertement et voulait livrer l’Empereur. Quoi qu’il en soit, il n’y avait rien à attendre du côté de la mer ; l’Empereur alors débarqua à l’île d’Aix.

Si cette mission eût été confiée à l’amiral Werhuel, disait l’Empereur, ainsi qu’on le lui avait promis lors de son départ de Paris, il est probable qu’il eût passé. Les équipages des deux frégates étaient pleins d’attachement et d’enthousiasme.

La garnison de l’île d’Aix était composée de quinze cents marins, formant un très beau régiment ; les officiers, indignés de ce que les frégates ne voulaient pas sortir, proposèrent d’armer deux chasse-marée du port de quinze tonneaux chacun ; les jeunes aspirants voulurent en être les matelots ; mais au moment de l’exécution ils déclarèrent qu’il était difficile de gagner l’Amérique sans toucher sur quelque point de la côté d’Espagne ou de Portugal.

Dans ces circonstances l’Empereur composa une espèce de conseil des personnes de sa suite. On y représenta qu’il ne fallait plus compter sur les frégates ni sur les bâtiments armés ; que les chasse-marée n’offraient aucun résultat probable de succès, qu’ils ne pouvaient guère conduire qu’à être pris en pleine mer par les Anglais ou à tomber entre les mains des alliés. Il ne restait plus dès lors que deux partis : celui de rentrer dans l’intérieur, pour y tenter le sort des armes, ou celui d’aller prendre un asile en Angleterre. Pour suivre le premier, on se trouvait à la tête de quinze cents marins pleins de zèle et de bonne volonté ; le commandant de l’île était un ancien officier de l’armée d’Egypte, tout dévoué à Napoléon ; il eût débarqué avec ces quinze cents hommes à Rochefort ; on s’y fût grossi de la garnison de cette ville dont l’esprit était excellent ; on eût appelé la garnison de la Rochelle, composée de quatre bataillons de fédérés, qui offraient leurs services, et l’on se trouvait en mesure de joindre le général Clausel, si ferme à la tête de l’armée de Bordeaux ; ou le général Lamarque, qui avait fait des prodiges avec celle de la Vendée : tous les deux attendaient, désirait Napoléon ; on eût nourri facilement la guerre civile dans l’intérieur de la France. Mais Paris était pris, les Chambres étaient dissoutes ; cinq à six mille ennemis étaient dans l’intérieur de l’empire ; la guerre civile ne pouvait avoir d’autre résultat que de faire périr tout ce que la France avait d’hommes généreux et attachés à Napoléon. Cette perte eût été sensible, irréparable ; elle eût détruit les espérances des destinées futures de la France, sans produire d’autre avantage que de mettre l’Empereur dans le cas de traiter et d’obtenir des arrangements favorables à ses intérêts. Mais Napoléon avait renoncé à être souverain, il ne demandait qu’un asile tranquille ; il répugnait, pour un si mince résultat, à faire périr tous ses amis, à devenir le prétexte du ravage de nos provinces, et enfin, pour tout dire, à priver le parti national de ses plus vrais appuis, lesquels, tôt ou tard, pourraient rétablir l’honneur et l’indépendance de la France. Il ne voulait plus vivre qu’en homme privé ; l’Amérique était le lieu le plus convenable, le lieu de son choix ; mais enfin l’Angleterre même, avec ses lois positives, pouvait lui convenir encore ; et il paraissait, d’après ma première entrevue avec le capitaine Maitland, que celui-ci pourrait le conduire en Angleterre, avec toute sa suite, pour y être traité convenablement. Dès ce moment, l’Empereur et sa suite se trouvaient sous la protection des lois britanniques ; et le peuple de ce pays aimait trop la gloire pour manquer une occasion qui se présente naturellement, et devait former les plus belles pages de son histoire. On résolut donc de se rendre à la croisière anglaise sitôt que Maitland aurait exprimé positivement l’ordre de nous recevoir. On retourna vers lui ; le capitaine Maitland exprima littéralement qu’il avait autorité de son gouvernement de recevoir l’Empereur, s’il voulait venir à bord du Bellerophon, et de le conduire, ainsi que sa suite, en Angleterre. Alors l’Empereur s’y rendit, non qu’il y fût contraint par les événements, parce qu’il pouvait rester en France ; mais parce qu’il voulait vivre en simple particulier ; qu’il ne voulait plus se mêler des affaires, et surtout ne pas compliquer celles de la France. Certes, il n’eût pas pris ce parti s’il eût pu soupçonner l’indigne traitement qu’on lui ménageait ; chacun en demeura facilement convaincu. Sa lettre au prince régent publie assez hautement sa confiance et sa persuasion ; le capitaine Maitland, à qui elle a été officiellement communiquée, avant que l’Empereur se rendit à son bord, n’ayant fait aucune observation, a, par cette seule circonstance, reconnu et consacré les sentiments qu’elle renfermait.

A propos mouvementbonapartiste

JOURNAL OFFICIEL DE LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE 6 février 2010 1016 - * Déclaration à la préfecture de Meurthe-et-Moselle. MOUVEMENT BONAPARTISTE Objet : défendre, faire connaître et étendre les principes et valeurs du Bonapartisme. Il s’appuie sur l’adhésion populaire à une politique de redressement conjuguant les efforts des particuliers, associations et services de l’État. Le mouvement défend les principes bonapartistes sur lesquels il est fondé, et qui régissent son fonctionnement intérieur. Il défend également la mémoire de Napoléon le Grand, ainsi que celle de Napoléon III et de leurs fils, Napoléon II et Napoléon IV. Il reconnait Napoléon IV comme ayant régné sans avoir gouverné, en vertu du plébiscite de mai 1870. Le mouvement ne reconnait pas d’empereur après 1879, en vertu de l’absence de plébiscite. Républicain, il privilégie le bonheur, les intérêts et la gloire des peuples, et n’envisage de rétablissement de l’Empire que si les fondements en sont républicains et le régime approuvé par voie référendaire.
Cet article, publié dans Uncategorized, est tagué , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Un commentaire pour LE MEMORIAL DE SAINTE-HELENE – 20-22/07/1815

  1. Ping : 07/2015 | mouvementbonapartiste

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s