LE MEMORIAL DE SAINTE-HELENE – 14/07/1815

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MOUVEMENT BONAPARTISTE

TOUT POUR ET PAR LE PEUPLE
« Pour l’Honneur de la France, pour les intérêts sacrés de l’Humanité »
(Napoléon le Grand, 17 ventôse an VIII – samedi 8 mars 1800)

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SECONDE ENTREVUE A BORD DU BELLEROPHON – LETTRE DE NAPOLEON AU PRINCE REGENT

Vendredi 14 juillet.

Je retourne à quatre heures du matin avec le général Lallemand, à bord du Bellerophon, pour savoir s’il n’était arrivé aucune réponse. Le capitaine anglais nous dit qu’il l’attendait à chaque minute, et il ajouta que, si l’Empereur voulait dès cet instant s’embarquer pour l’Angleterre, il avait autorité de le recevoir pour l’y conduire. Il ajouta encore que, d’après son opinion privée, et plusieurs autres capitaines présents se joignirent à lui, il n’y avait nul doute que Napoléon ne trouvât en Angleterre tous les égards et les traitemens auxquels il pouvait prétendre ; que dans ce pays le prince et les ministres n’exerçaient pas l’autorité arbitraire du continent ; que le peuple anglais avait une générosité de sentiment et une libéralité d’opinion supérieure à la souveraineté même. Je répondis que j’allais faire part à l’Empereur de l’offre du capitaine anglais et de toute sa conversation ; j’ajoutai que je croyais assez connaître l’Empereur Napoléon pour penser qu’il ne serait pas éloigné de se rendre de confiance en Angleterre même, dans la vue d’y trouver des facilités de continuer sa route vers les Etats-Unis. Je peignis la France, au midi de la Loire, toute en feu ; les espérances des peuples se tournant toujours vers Napoléon, tant qu’il serait présent ; les propositions qui lui étaient faites de tous côtés, à chaque instant ; sa détermination absolue de ne servir ni de cause ni de prétexte à la guerre civile ; la générosité qu’il avait eue d’abdiquer, pour rendre la paix plus facile ; la ferme résolution où il était de se bannir, pour la rendre plus prompte et plus entière.

Le général Lallemand, qui, condamné à mort, était intéressé pour son propre compte, dans la résolution que l’on pouvait prendre, demanda au capitaine Maitland, avec qui il avait été jadis de connaissance en Egypte, dont il avait même été, je crois, le prisonnier, si quelqu’un tel que lui, compromis dans les troubles civils de son pays, pouvait avoir jamais à craindre d’être livré à la France, venant ainsi volontairement en Angleterre. Le capitaine Maitland affirma que non, et repoussa le doute comme une injure. Avant de nous quitter nous nous résumâmes ; je répétai qu’il serait possible que, vu les circonstances et les intentions arrêtées de l’Empereur, il se rendit, d’après l’offre du capitaine Maitland, pour y prendre ses sauf-conduits pour l’Amérique. Le capitaine Maitland désira qu’il fût bien compris qu’il ne garantissait pas qu’on les accorderait ; et nous nous séparâmes. Au fond du cœur, je ne pensais pas non plus qu’on nous les accordât ; mais l’Empereur ne voulait plus que vivre tranquille ; il était résolu de demeurer désormais personnellement étranger aux événements politiques ; nous voyions donc sans beaucoup d’inquiétude la probabilité qu’on nous empêchât de sortir d’Angleterre ; mais là se bornaient toutes nos craintes et nos suppositions ; là se fixait aussi sans doute la croyance de Maitland : je lui rends la justice de croire qu’il était sincère et de bonne foi, ainsi que les autres officiers, dans la peinture qu’ils nous avaient faite des sentiments de l’Angleterre.

Nous étions de retour à onze heures ; cependant l’orage s’approchait, les moments devenaient précieux, il fallait prendre un parti. L’Empereur nous réunit en une espèce de conseil ; on débattit toutes les chances : le bâtiment danois parut impraticable ; il n’était plus question des chasse-marée, la croisière anglaise était inforçable ; il ne restait plus que de revenir à terre entreprendre la guerre civile, ou d’accepter les offres présentées par le capitaine Maitland. On s’arrêta à ce dernier parti : en abordant le Bellerophon, disait-on, on serait déjà sur le sol britannique ; les Anglais se trouveraient liés dès cet instant par les droits sacrés de l’hospitalité, estimés sacrés chez les peuples les plus barbares ; on se trouverait, dès ce moment, sous les droits civils du pays ; les Anglais ne seraient pas assez insensibles à leur gloire pour ne pas saisir cette belle circonstance avec avidité : alors Napoléon écrivit au prince régent :

« Altesse Royale,

« En but aux factions qui divisent mon pays, et à l’inimitié des plus grandes puissances de l’Europe, j’ai consommé ma carrière politique. Je viens, comme Thémistocle, m’asseoir sur le foyer du peuple britannique ; je me mets sous la protection de ses lois, que je réclame de Votre Altesse royale, comme celle du plus puissant, du plus constant, du plus généreux de mes ennemis ».

Je repartis vers les quatre heures avec mon fils et le général Gourgaud, pour retourner à bord du Bellerophon, où je devais demeurer. Ma mission était d’annoncer la venue de Sa Majesté, le lendemain matin, et de remettre au capitaine Maitland la copie de la lettre de l’Empereur au prince régent.

La mission du général Gourgaud était de porter immédiatement la lettre autographe de l’Empereur au prince régent d’Angleterre, et de la remettre à sa personne. Le capitaine Maitland lut cette lettre de Napoléon, qu’il admira beaucoup, en laissa prendre copie à deux autres capitaines, sous secret, jusqu’à ce qu’elle devint publique, et s’occupa d’expédier, sans délai, le général Gourgaud sur la corvette le Slaney.

Il n’y avait encore que peu d’instants que ce dernier bâtiment avait quitté le Bellerophon ; je me trouvai seul avec mon fils dans la chambre du capitaine ; M. Maitland avait été donner des ordres, lorsqu’il rentra précipitamment, le visage et la voix altérés : « Comte de Las Cases, je suis trompé ! Quand je traite avec vous, que je me démunis d’un bâtiment, on m’annonce que Napoléon vient de m’échapper ; cela me mettrait dans une situation affreuse vis-à-vis de mon gouvernement ! » Ces paroles me firent tressaillir ; j’aurais voulu pour tout au monde la nouvelle vraie. L’Empereur n’avait pris aucun engagement, j’avais été de la meilleure foi du monde, je me fusse volontiers rendu victime d’une circonstance dans laquelle j’étais parfaitement innocent. Je demandai, avec le plus grand calme, au capitaine Maitland, à quelle heure on avait dit que l’Empereur était parti ; Maitland avait été si frappé qu’il ne s’était pas donné le temps de le demander ; il recourut sur le pont et vint me le dire : « A midi. – S’il en était ainsi, lui dis-je, le départ du Slaney, que vous ne faites qu’expédier, ne vous ferait aucun tort. Mais rassurez-vous, j’ai quitté l’Empereur à l’île d’Aix à quatre heures. – Me l’affirmez-vous ? » me dit-il. Je lui en donnai ma parole, il se retourna vers quelques officiers qu’il avait avec lui, et leur dit en anglais que la nouvelle était fausse, que j’étais trop calme, que j’avais l’air trop de bonne foi, et que d’ailleurs je venais de lui en donner ma parole.

La croisière anglaise avait de nombreuses intelligences sur nos côtes ; j’ai pu vérifier depuis qu’elle était instruite à point nommé de toutes nos démarches .

On ne s’occupa plus que du lendemain. Le capitaine Maitland me demanda si je voulais que ses embarcations allassent chercher l’Empereur ; je lui répondis que la séparation était trop douloureuse pour les marins français, qu’il fallait leur laisser la satisfaction de garder l’Empereur jusqu’au dernier instant.

A propos mouvementbonapartiste

JOURNAL OFFICIEL DE LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE 6 février 2010 1016 - * Déclaration à la préfecture de Meurthe-et-Moselle. MOUVEMENT BONAPARTISTE Objet : défendre, faire connaître et étendre les principes et valeurs du Bonapartisme. Il s’appuie sur l’adhésion populaire à une politique de redressement conjuguant les efforts des particuliers, associations et services de l’État. Le mouvement défend les principes bonapartistes sur lesquels il est fondé, et qui régissent son fonctionnement intérieur. Il défend également la mémoire de Napoléon le Grand, ainsi que celle de Napoléon III et de leurs fils, Napoléon II et Napoléon IV. Il reconnait Napoléon IV comme ayant régné sans avoir gouverné, en vertu du plébiscite de mai 1870. Le mouvement ne reconnait pas d’empereur après 1879, en vertu de l’absence de plébiscite. Républicain, il privilégie le bonheur, les intérêts et la gloire des peuples, et n’envisage de rétablissement de l’Empire que si les fondements en sont républicains et le régime approuvé par voie référendaire.
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