LE MEMORIAL DE SAINTE HELENE – PREAMBULE

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MOUVEMENT BONAPARTISTE

TOUT POUR ET PAR LE PEUPLE
« Pour l’Honneur de la France, pour les intérêts sacrés de l’Humanité »
(Napoléon le Grand, 17 ventôse an VIII – samedi 8 mars 1800)

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J’ENTREPRENDS d’inscrire ici, jour par jour, tout ce qu’a dit et fait l’empereur Napoléon, durant le temps où je me suis trouvé près de lui. Mais avant de commencer, qu’on me pardonne un préambule qui ne me semble pas inutile.

Jamais je ne me suis attaché à aucune lecture historique, sans avoir voulu connaître le caractère de l’auteur, sa situation dans le monde, ses relations politiques et domestiques, en un mot, les grandes circonstances de sa vie : je pensais que là seulement devaient se trouver la clef de ses écrits, la mesure certaine de ma confiance. Aujourd’hui je me hâte de fournir à mon tour, pour moi-même, ce que j’ai toujours recherché dans les autres.

Je vais donc, avant de présenter mes récits, mettre au fait de ce qui me concerne.

Je n’avais guère que vingt-un ans au moment de la révolution ; je venais d’être fait lieutenant de vaisseau, ce qui correspondait au grade d’officier supérieur dans la ligne ; ma famille était à la Cour, je venais d’y être présenté moi-même. J’avais peu de fortune ; mais mon nom, mon rang dans le monde, la perspective de ma carrière, devaient, d’après l’esprit et les calculs du temps, me faire trouver, par mariage, celle que je pouvais désirer. Alors éclatèrent nos troubles politiques.

Un des vices éminents de notre système d’admission au service était de nous priver d’une éducation forte et finie.

Sortis de nos écoles à quatorze ans, abandonnés dès cet instant à nous-mêmes, et comme lancés dans un grand vide, où aurions-nous pris la plus légère idée de l’organisation sociale, du droit public et des obligations civiles.

Aussi, conduit par de nobles préjugés, bien plus que par des devoirs réfléchis, entraîné surtout par un penchant naturel aux résolutions généreuses, je fus des premiers à courir au-dehors près de nos princes, pour sauver, disait-on, le monarque des excès de la révolte, et défendre nos droits héréditaires que nous ne pouvions, disait-on encore, abandonner sans honte. Avec la manière dont nous avions été élevés il fallait une tête bien forte ou un esprit bien faible pour résister au torrent.

Bientôt l’émigration devint générale. L’Europe ne connaît que trop cette funeste mesure, dont la gaucherie politique et le tort national ne sauraient trouver d’excuse aujourd’hui que dans le manque de lumières et la droiture de cœur de la plupart de ceux qui l’entreprirent.

Défaits sur nos frontières ; licenciés, dissous par l’étranger ; repoussés, proscrits par les lois de la patrie, grand nombre de nous gagnèrent l’Angleterre qui ne tarda pas à nous jeter sur les plages de Quiberon. Assez heureux pour ne pas y avoir débarqué, je pus réfléchir, au retour, sur l’horrible situation de combattre sa patrie sous des barrières étrangères ; et dès cet instant mes idées, mes principes, mes projets, furent ébranlés, altérés ou changés.

Désespérant des événements, abandonnant le monde et ma sphère naturelle, je me livrai à l’étude, et sous un nom emprunté je refis mon éducation, en essayant de travailler à celle d’autrui.

Cependant, au bout de quelques années, le traité d’Amiens et l’amnistie du Premier Consul nous rouvrirent les portes de la France. Je n’y possédais plus rien, la loi avait disposé de mon patrimoine ; mais est-il rien qui puisse faire oublier le sol natal ou détruire le charme de respirer l’air de la patrie ?

J’accourus ; je remerciai d’un pardon qui m’était d’autant plus cher, que je pus dire avec fierté que je le recevais sans avoir à me repentir.

Bientôt après, la monarchie fut proclamée de nouveau : alors ma situation, mes sentiments, furent des plus étranges ; je me trouvais soldat puni d’une cause qui triomphait. Chaque jour on en revenait à nos anciennes idées ; tout ce qui avait été cher à nos principes, à nos préjugés, se rétablissait, et pourtant la délicatesse et l’honneur nous faisaient une espèce de devoir d’en demeurer éloignés.

En vain le nouveau gouvernement avait-il proclamé hautement la fusion de tous les partis ; en vain son chef avait-il consacré ne vouloir plus connaître en France que des Français ; en vain d’anciens amis, d’anciens camarades m’offraient-ils les avantages d’une nouvelle carrière à mon choix ; ne pouvant venir à bout de vaincre la discordance intérieure dont je me sentais tourmenté, je me condamnai obstinément à l’abnégation, je me réfugiai dans le travail, je composai, et toujours sous mon nom emprunté, un ouvrage historique qui refit ma fortune, et alors s’écoulèrent les cinq ou six années les plus heureuses de ma vie.
Cependant des événements sans exemple se succédaient autour de nous avec une rapidité inouïe ; ils étaient d’une telle nature, et portaient un tel caractère, qu’il devenait impossible à quiconque qui avait dans le cœur l’amour du grand, du noble et du beau, d’y demeurer insensible.

Le lustre de la patrie s’élevait à une hauteur inconnue dans l’histoire d’aucun peuple : c’était une administration sans exemple par son énergie et par ses heureux résultats ; un élan simultané qui, imprimé tout à coup à tous les genres d’industrie, excitait toutes les émulations à la fois ; c’était une armée sans égale et sans modèle, frappant de terreur au dehors et créant un juste orgueil au dedans.

A chaque instant notre pays se remplissait de trophées ; de nombreux monuments proclamaient nos exploits ; les victoires d’Austerlitz, d’Iéna, de Friedland, les traités de Presbourg, de Tilsitt, constituaient la France la première des nations et l’arbitre des destinées universelles : c’était vraiment un honneur insigne que de se trouver Français ! Et pourtant tous ces actes, tous ces travaux, tous ces prodiges, étaient l’œuvre d’un seul homme.

Pour mon compte, quels qu’eussent été mes préjugés, mes préventions antérieures, j’étais plein d’admiration ; et il n’est, comme on sait, qu’un pas de l’admiration à l’amour.

Or, précisément dans ce temps, l’Empereur appela quelques-unes des premières familles autour de son trône, et fit circuler, parmi le reste, qu’il regarderait comme mauvais Français ceux qui s’obstineraient à demeurer à l’écart. Je n’hésitai pas un instant ; j’y avais été fidèle jusqu’à extinction ; il n’était plus question de nos princes, nous en étions même à douter de leur existence. Les solennités de la religion, l’alliance des rois, l’Europe entière, la splendeur de la France, m’apprenaient désormais que j’avais un nouveau souverain. Ceux qui nous avaient précédés avaient-ils résisté aussi longtemps à d’aussi puissants efforts, avant de se rallier au premier des Capets ? Je répondis donc, pour mon compte, qu’heureux par cet appel de sortir avec honneur de la position délicate où je me trouvais, je transportais désormais librement, entièrement et de bon cœur, au nouveau souverain, tout le zèle, le dévouement, l’amour, que j’avais constamment nourris pour mes anciens maîtres ; et le résultat de ma démarche fut mon admission immédiate à la Cour.

Cependant je désirais ardemment à mes paroles joindre quelques actions. Les Anglais envahirent Flessingue et menacèrent Anvers ; je courus, comme volontaire, à la défense de cette place ; Flessingue fut évacuée, et ma nomination de chambellan me rappela auprès du prince. A ce poste honorifique j’avais besoin, dans mes idées, de joindre quelque occupation utile ; je demandai et j’obtins d’être membre du conseil d’Etat. Alors se succédèrent des missions de confiance : je fus envoyé en Hollande, au moment de sa réunion, pour y recevoir les objets relatifs à la marine ; en Illyrie, pour y liquider la dette publique, et dans la moitié de l’empire pour inspecter les établissements publics de bienfaisance. Dans nos derniers malheurs, j’ai reçu de douces preuves qu’après moi j’avais laissé quelque estime dans les pays où j’avais été envoyé.

Cependant la Providence avait posé un terme à nos prospérités : on connaît la catastrophe de Moscou, les malheurs de Leipzick, le siège de Paris. Je commandais dans cette cité une de ses légions qui s’honora le 31 mars de la perte d’un assez grand nombre de citoyens. Au moment de la capitulation, je remis mon commandement entre les mains de celui qui venait après moi ; je me croyais, à d’autres titres, d’autres devoirs encore auprès de la personne du prince ; mais je ne pus gagner Fontainebleau à temps : l’Empereur abdiqua, et le roi vint régner.

Alors ma situation devint bien plus étrange encore qu’elle ne l’avait été douze ans auparavant. Elle triomphait enfin cette cause à laquelle j’avais sacrifié ma fortune, pour laquelle j’étais demeuré douze ans en exil au dehors, et six ans dans l’abnégation au dedans ; elle triomphait enfin, et pourtant le point d’honneur et d’autres doctrines allaient m’empêcher d’en recueillir aucun bien !

Quelle marche aurait été plus bizarre que la mienne ? Deux révolutions s’étaient accomplies en opposition l’une de l’autre : la première m’avait coûté mon patrimoine, la seconde aurait pu me coûter la vie ; aucune des deux ne me procurait d’avantageux résultats. Le vulgaire ne verra là-dedans qu’une tergiversation fâcheuse d’opinions, les intrigants diront que j’ai été deux fois dupe, le petit nombre seulement comprendra que j’ai deux fois rempli de grands et d’honorables devoirs.

Quoi qu’il en soit, mes anciens amis, dont la marche que j’avais suivie n’avait pu m’enlever ni l’affection ni l’estime, devenus aujourd’hui tout-puissants, m’appelaient à eux. Il me fut impossible d’écouter leur bienveillance ; j’étais dégoûté, abattu ; je résolus que ma vie publique avait fini. Devais-je m’exposer au faux jugement de ceux qui m’observaient ? Chacun pouvait-il lire dans mon cœur ?

Devenu Français jusqu’au fanatisme, ne pouvant supporter la dégradation nationale dont, au milieu des baïonettes ennemies, j’étais chaque jour le témoin, j’essayai d’aller me distraire, au loin, des malheurs de la patrie ; j’allai passer quelques mois en Angleterre. Comme tout m’y parut changé ! C’est que je l’étais beaucoup moi-même !

J’étais à peine de retour que Napoléon reparut sur nos côtes. En un clin d’œil il se trouva transporté dans la capitale, sans combats, sans excès, sans effusion de sang. Je tressaillis ; je crus voir la souillure étrangère effacée et toute notre gloire revenue. Les destins en avaient ordonné autrement !

A peine sus-je l’Empereur arrivé de Waterloo, que j’allai spontanément me placer de service auprès de sa personne. Je m’y trouvai au moment de son abdication ; et, quand il fut question de son éloignement, je lui demandai à partager ses destinées.

Tels avaient été jusque-là le désintéressement, la simplicité, quelques-uns diront la niaiserie de ma conduite, que, malgré mes relations journalières comme officier de sa maison et membre de son Conseil, il me connaissait à peine. « Mais savez-vous jusqu’ou votre offre peut vous conduire ? me dit-il dans son étonnement. – Je ne l’ai point calculé, » répondis-je. Il accepta, et je suis à Sainte Hélène.

A présent, je me suis fait connaître ; le lecteur a mes lettres de créance en ses mains : une foule de mes contemporains sont vivants, on verra s’il s’en lève un seul pour les infirmer.

Je commence.

A propos mouvementbonapartiste

JOURNAL OFFICIEL DE LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE 6 février 2010 1016 - * Déclaration à la préfecture de Meurthe-et-Moselle. MOUVEMENT BONAPARTISTE Objet : défendre, faire connaître et étendre les principes et valeurs du Bonapartisme. Il s’appuie sur l’adhésion populaire à une politique de redressement conjuguant les efforts des particuliers, associations et services de l’État. Le mouvement défend les principes bonapartistes sur lesquels il est fondé, et qui régissent son fonctionnement intérieur. Il défend également la mémoire de Napoléon le Grand, ainsi que celle de Napoléon III et de leurs fils, Napoléon II et Napoléon IV. Il reconnait Napoléon IV comme ayant régné sans avoir gouverné, en vertu du plébiscite de mai 1870. Le mouvement ne reconnait pas d’empereur après 1879, en vertu de l’absence de plébiscite. Républicain, il privilégie le bonheur, les intérêts et la gloire des peuples, et n’envisage de rétablissement de l’Empire que si les fondements en sont républicains et le régime approuvé par voie référendaire.
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