« République ou Empire », un faux clivage

drapeau-du-mouvement-bonapartiste.jpgMOUVEMENT BONAPARTISTE

TOUT POUR ET PAR LE PEUPLE
« Pour l’Honneur de la France, pour les intérêts sacrés de l’Humanité »
(Napoléon le Grand, 17 ventôse an VIII – samedi 8 mars 1800)

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Qu’est-ce que le Jérômisme ?

Dans son ouvrage « Les Bonaparte : des esprits rebelles », le Prince Charles Napoléon, faisant l’apologie de ses aïeux Lucien et Jérôme-Napoléon, « en présentant le portrait de ses ancêtres, montre comment l’histoire familiale nourrit l’action au présent ». Aujourd’hui, soutien d’un Parti Socialiste bien plus connu pour sa « droitisation », ses promesses trahies et le record des privatisations de services publics que pour un socialisme porteur d’améliorations de la condition des ouvriers et des plus démunis, il se pose en digne successeur d’un Prince Jérôme-Napoléon dont on nous vante les « mérites » de « rebelle » et de « visionnaire ».

Le Jérômisme, un danger pour le Bonapartisme.

Certains diront que cette prise de position pour Mme Hidalgo n’a rien d’étonnant, et il est vrai que, dans la mesure où elle est cohérente avec le parcours de Charles Napoléon au PS, elle ne devrait pas nous surprendre. Dans la mesure où elle n’engage d’ailleurs que le prince lui-même, qui n’a aucune prétention présidentielle ou impériale – si ce n’est celle de vouloir être reconnu à tout prix comme le Prince Napoléon et donc le porteur des idées défendues par la dynastie jusqu’au décès de feu son très vaillant père… enfin, le titre seulement en ce que le concerne, mais normalement les deux vont de paire! – elle n’est pas non plus très choquante dans l’absolu. Chacun ayant, comme on le dit si souvent, le droit à ses opinions, et les princes n’échappant pas à la règle.

Mais il est une considération plus sournoise, plus inquiétante. Charles-Napoléon, en se réclamant d’une tradition de « rébellion », pour ne pas dire « crise d’adolescence permanente », au sein de la Maison de Bonaparte, se veut – non sans raison – l’héritier idéologique d’une tradition qui présente Jérôme-Napoléon et Lucien Bonaparte comme des sages, jouant chacun à son époque le rôle du bon génie de l’Empereur, celui qui « irrite le souverain » (pour son bien, toujours selon Charles Napoléon). C’est cette tradition qui a donné lieu à une « légende » jérômiste qui fait du prince Jérôme-Napoléon un défenseur de la République et des libertés, face à son cousin, Napoléon III supposé être, selon cette tradition, une nullité et un tyran.

Certes, nul n’est infaillible, et plusieurs textes, discours et propos recueillis de Napoléon le Grand, puis de Napoléon III, ont fait le point sur ce sujet, reconnaissant volontiers que tout homme, aussi éclairé qu’il soit, a besoin de conseillers pour lui apporter leurs lumières. Mais vouloir nier que Lucien, qui a pris parti contre les souverains temporels en faveur des papes, préférant d’ailleurs longtemps le titre papal de prince de Canino à celui de prince français, ou Jérôme-Napoléon, dont le comportement déloyal à l’égard de son cousin Napoléon III ne s’est pas arrêté devant l’injure et le dénigrement, furent des hommes dont le talent politique a surtout été employé à scier la branche sur laquelle ils s’étaient assis, est aussi honteux que dangereux.

Car en effet, que devons-nous penser de ceux qui prétendent que c’est à Lucien ou à Jérôme-Napoléon que nous devons le Bonapartisme républicain ? L’un ou l’autre prince, bien qu’une tradition « républicaine » les représente comme des chantres de la liberté face au despotisme impérial, prétendaient-ils effacer le Consulat, ou le second, les mandats présidentiels de Louis-Napoléon Bonaparte ? N’ont-ils pas, tous les deux, soutenu l’Empire sans états d’âme ? Napoléon III n’a-t-il pas hésité à rétablir l’Empire, au point que dans son entourage on disait ouvertement que ce qui empêchait le retour de l’Empire, c’était un empereur qui prenait très au sérieux ses dix années de présidence à venir, commencées le 14 janvier 1852 ?

Devons-nous passer sous silence l’insulte pour Napoléon IV, qui serait donc un crétin de ne pas avoir voulu de « Plon-Plon » comme successeur, tout comme son père qui s’était abstenu de participer lui-même à la guerre de Crimée (1854-1856) mais non à celle d’Italie (1859), la naissance de son fils le 16 mars 1856 ayant écarté Jérôme-Napoléon comme successeur si l’empereur trouvait la mort au champ d’honneur ? Le Bonapartisme républicain ne doit rien à Jérôme-Napoléon, un homme dont on peut mesurer l’attachement à la République et au Bonapartisme à sa réaction devant la naissance du Prince impérial en 1856. Devant le spectacle de ce triste sire, dont la sœur est obligée d’aller chercher l’ex-héritier présomptif dépité, qui s’était réfugié dans l’antichambre, pour le convaincre de signer l’acte de naissance du fils de Napoléon III, le choix des armes est partagé entre le rire et les larmes. Pouvons-nous avoir si peu d’indulgence pour les incartades de présidents de notre Ve République dans l’exercice de leurs fonctions, et autant de complaisance pour un homme qui a boudé la naissance de notre dernier empereur, comme par la suite, déshérité une deuxième fois de la succession, il a combattu, puis finalement renié, son propre fils ?

Vouloir faire d’une querelle dynastique banale au XIXe siècle une question de scission entre gentils et méchants, c’est continuer à faire du tort à notre cause comme le « prince de la Montagne » qui prétendait être plus éclairé que son cousin l’empereur. Lorsque Victor Hugo ou Rochefort présentent Napoléon III sous les traits d’un crétin, notre réaction naturelle, c’est de pourfendre leur mesquinerie. Mais que dire d’un Jérôme-Napoléon qui cache volontairement Hugo chez lui pendant les événements du 2 décembre 1851, permettant à celui-ci de tenter de soulever députés et Parisiens pour une Assemblée qui avait aboli le suffrage universel, avec les conséquences humaines que l’on connaît pendant ces premiers jours du mois de décembre 1851 ? Geste de « rébellion » d’ailleurs raconté avec plaisir par Charles Napoléon lors de la présentation de son ouvrage. Que dire aussi d’un Jérôme-Napoléon dont les propos par lesquels il a si systématiquement dénigré Napoléon III ont fait tant de plaisir à plus de 150 ans de détracteurs ? Ou des lettres supprimées de la Correspondance de Napoléon le Grand et détruites par les soins de ce même Jérôme-Napoléon – c’est-à-dire perdues pour les historiens – pour le motif que son père y était sévèrement tancé par Napoléon Ier ?

 

Bonapartisme « républicain » ou « impérial », un faux procès

Laissons de côté les personnes, parlons donc des principes. Le prince Victor-Napoléon, prétendant impérial, était-il moins démocrate ou progressiste que son père ? L’Empire en 1870, c’est un régime approuvé par plus de 7,4 millions de OUI, une démocratie parlementaire et plébiscitaire qui évolue vers une participation croissante de la population aux élections. On a pu remarquer à titre d’exemple que l’Auvergne, région bonapartiste entre autres, enregistre un OUI de plus en plus important, suivant en cela la sagesse paysanne qui veut que lorsqu’on a trouvé l’bon, on l’garde ! Cette adhésion croissante à un régime profondément républicain de par ses lois et ses institutions, dont Victor-Napoléon accepta d’assumer l’héritage, n’est-ce pas ce qu’on appelle justement la véritable RES PUBLICA ?

Lorsque le prince Charles Napoléon affirme que ce sont ceux qu’il appelle les « vrais bonapartistes », c’est-à-dire les Bonapartistes dynastiques, qui ont fait disparaître le Bonapartisme du paysage politique français, et que, si la France devait redevenir une monarchie, « autant préférer l’original à la copie », il affirme d’une part que le Bonapartisme républicain est incompatible avec un éventuel régime impérial, et que d’autre part l’Empire ne fut qu’une copie de la royauté, et donc incompatible avec la République. C’est un contresens nécessaire au jérômisme, car si en effet, le Bonapartisme doit choisir entre un empire impossible et une république hypothétique, le seul régime possible, c’est un régime républicain (sans empereur prétendument incompatible avec celui-ci) avec un chef d’État élu au suffrage universel. Contresens d’autant plus énorme que c’est au contraire la prétention dynastique de Jérôme-Napoléon, fondée sur la seule primogéniture, et non sur le droit de Napoléon IV, conféré par le plébiscite et conforme aux constitutions et à la tradition napoléonienne, de désigner son successeur, qui a donné lieu à la scission entre victoriens et jérômiens. Napoléon IV, en ne respectant pas la primogéniture, ni « l’ordre naturel », si l’on accorde du crédit à la logique jérômiste, serait donc plus jérômiste que Jérôme-Napoléon, ce prince qui s’accroche avec l’énergie du désespoir à ses « droits héréditaires » comme son descendant Charles Napoléon! Et nous ne devons pas passer sous silence que dans son propre testament, par des dispositions on ne peut plus contraires au Code Napoléon, et en contradiction avec « l’ordre naturel » qu’il avait invoqué à l’appui de ses prétentions dynastiques, ce triplement triste sire déshérita en expirant son propre fils Victor-Napoléon 

Le vrai Bonapartisme, un juste milieu

Notons que la mort de Jérôme-Napoléon, comme le fait remarquer à juste titre Laetitia de Witt, « clôt le chapitre des dissensions familiales et politiques ; Victor devenait le représentant incontestable de la cause napoléonienne ». Et lorsque celui-ci, constatant les ravages des « hussards noirs » de la République et la propagande antibonapartiste de bas étage, a mis davantage l’accent sur l’appel au peuple que sur le retour à l’Empire, il ne sortait pas de la ligne tracée par Napoléon III lorsque celui-ci s’était présenté à l’élection présidentielle de 1848. D’ailleurs, la Constitution du Second Empire fut toujours essentiellement celle du 14 janvier 1852, c’est-à-dire la deuxième constitution de la Deuxième République, formulée sur le modèle de celles du Consulat et du Premier Empire, et approuvée par le peuple au suffrage universel. Il est vrai que certains comités bonapartistes n’ont pas voulu devenir des « comités plébiscitaires », et que cela fit bien des dégâts lors des élections législatives de 1893. Mais les partisans de l’Empire ne disputaient aucunement le caractère fondamental du plébiscite, et ne furent pas plus conservateurs (sous-entendu par les Jérômistes, « réactionnaires ») que les partisans du prince Jérôme-Napoléon, ou que ceux du prince Victor-Napoléon qui ont accepté plus volontiers ce changement de titulature. C’est d’ailleurs l’Impératrice Eugénie, présentée par cette même tradition plus qu’anti-cléricale sous les traits d’une bigote obscurantiste, pour s’être opposée au prince Jérôme-Napoléon après la mort de Napoléon III, qui défendit Baudelaire et Dreyfus, et permit, soit dit en passant, à la France de récupérer l’Alsace et la Lorraine après la Première guerre mondiale. Affirmer que le Bonapartisme doit choisir entre un héritage et un avenir « républicains » ou « impériaux », c’est diviser les Bonapartistes sur une ligne de fracture imaginaire, et se faire complice de la propagande antibonapartiste véhiculée par nos détracteurs depuis 1804, pour qui un Napoléon ne peut être qu’un tyran antirépublicain ou un usurpateur anti-royaliste. Une façon bien sournoise de passer sous silence le principe le plus élémentaire de l’Idée Napoléonienne, la guérison des maux par le dépassement des clivages. Est-ce bonapartiste d’attribuer à Jérôme-Napoléon le mérite d’avoir créé ou théorisé un courant bonapartiste républicain, alors que les pièces de monnaie portaient déjà en 1804 l’inscription NAPOLÉON EMPEREUR – RÉPUBLIQUE FRANÇAISE ?       

Pour le Mouvement Bonapartiste, fidèle aux idées et à la mémoire de nos quatre empereurs, la question est ainsi déjà tranchée. Le gouvernement impérial fut une forme de république, et nous ne pouvons, ni ne voulons, renier cette vérité que Napoléon le Grand a tant de fois rappelée entre 1804 et 1821. Si l’Empire devait se rétablir, il ne pourrait se faire que sur ces fondements, et en vertu de ce même principe, par le suffrage universel d’un peuple libre. Guy de Cassagnac, soutien du prince Victor-Napoléon, lorsqu’il affirma que nous ne sommes pas les hommes d’un prince, mais les hommes d’un principe, reprenait les propos et les idées napoléoniennes telles qu’elles ont été exprimées par Napoléon le Grand, Napoléon III, et par leurs fils, Napoléon II et Napoléon IV. Aussi, loin d’attacher nos principes sur le lit de Procruste manichéen d’une « république » supposée être la seule forme de république qui puisse exister, ou d’un « empire » supposé n’être une copie de la royauté, notre priorité demeure celle de tous les vrais Bonapartistes, selon la devise de nos quatre empereurs : « TOUT POUR ET PAR LE PEUPLE » !

 

HIER! DEMAIN!

A propos mouvementbonapartiste

JOURNAL OFFICIEL DE LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE 6 février 2010 1016 - * Déclaration à la préfecture de Meurthe-et-Moselle. MOUVEMENT BONAPARTISTE Objet : défendre, faire connaître et étendre les principes et valeurs du Bonapartisme. Il s’appuie sur l’adhésion populaire à une politique de redressement conjuguant les efforts des particuliers, associations et services de l’État. Le mouvement défend les principes bonapartistes sur lesquels il est fondé, et qui régissent son fonctionnement intérieur. Il défend également la mémoire de Napoléon le Grand, ainsi que celle de Napoléon III et de leurs fils, Napoléon II et Napoléon IV. Il reconnait Napoléon IV comme ayant régné sans avoir gouverné, en vertu du plébiscite de mai 1870. Le mouvement ne reconnait pas d’empereur après 1879, en vertu de l’absence de plébiscite. Républicain, il privilégie le bonheur, les intérêts et la gloire des peuples, et n’envisage de rétablissement de l’Empire que si les fondements en sont républicains et le régime approuvé par voie référendaire.
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