Proclamation et Constitution du 14 janvier 1852

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MOUVEMENT BONAPARTISTE

TOUT POUR ET PAR LE PEUPLE
« Pour l’Honneur de la France, pour les intérêts sacrés de l’Humanité »
(Napoléon le Grand, 17 ventôse an VIII – samedi 8 mars 1800)

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Proclamation du 14 janvier 1852
Louis Napoléon, Président de la République, au peuple Français.

Français !

LORSQUE, dans ma proclamation du 2 décembre, je vous exprimai loyalement quelles étaient, à mon sens, les conditions vitales du Pouvoir en France, je n’avais pas la prétention, si commune de nos jours, de substituer une théorie personnelle à l’expérience des siècles. J’ai cherché, au contraire, quels étaient dans le passé les exemples les meilleurs à suivre, quels hommes les avaient donnés, et quel bien en était résulté.

Dès lors, j’ai cru logique de préférer les préceptes du génie aux doctrines spécieuses d’hommes à idées abstraites. J’ai pris comme modèle les institutions politiques qui déjà, au commencement de ce siècle, dans des circonstances analogues, ont raffermi la société ébranlée et élevé la France à un haut degré de prospérité et de grandeur.

J’ai pris comme modèle les institutions qui, au lieu de disparaître au premier souffle des agitations populaires, n’ont été renversées que par l’Europe entière coalisée contre nous.

En un mot, je me suis dit : puisque la France ne marche depuis cinquante ans qu’en vertu de l’organisation administrative, militaire, judiciaire, religieuse, financière, du Consulat et de l’Empire, pourquoi n’adopterions-nous pas aussi les institutions politiques de cette époque ? Créées par la même pensée, elles doivent porter en elles le même caractère de nationalité et d’utilité pratique.

En effet, ainsi que je l’ai rappelé dans ma proclamation, notre société actuelle, il est essentiel de le constater, n’est pas autre chose que la France régénérée par la Révolution de 89 et organisée par l’Empereur. Il ne reste plus rien de l’Ancien Régime que de grands souvenirs et de grands bienfaits. Mais tout ce qui alors était organisé a été détruit par la Révolution, et tout ce qui a été organisé depuis la Révolution et qui existe encore l’a été par Napoléon.

Nous n’avons plus ni provinces, ni pays d’État, ni parlements, ni intendants, ni fermiers généraux, ni coutumes diverses, ni droits féodaux, ni classes privilégiées en possession exclusive des emplois civils et militaires, ni juridictions religieuses différentes.

A tant de choses incompatibles avec elle, la Révolution avait fait subir une réforme radicale, mais elle n’avait rien fondé de définitif. Seul, le Premier consul rétablit l’unité, la hiérarchie et les véritables principes du gouvernement. Ils sont encore en vigueur.

Ainsi, l’administration de la France confiée à des préfets, à des sous-préfets, à des maires, qui substituaient l’unité aux commissions directoriales ; la décision des affaires, au contraire, donnée à des conseils, depuis la commune jusqu’au département. Ainsi, la magistrature affermie par l’inamovibilité des juges, par la hiérarchie des tribunaux ; la justice rendue plus facile par la délimitation des attributions, depuis la justice de paix jusqu’à la Cour de cassation. Tout cela est encore debout.

De même, notre admirable système financier, la Banque de France, l’établissement des budgets, la Cour des comptes, l’organisation de la police, nos règlements militaires datent de cette époque.

Depuis cinquante ans, c’est le Code Napoléon qui règle les intérêts des citoyens entre eux ; c’est encore le Concordat qui règle les rapports de l’État avec l’Église.

Enfin la plupart des mesures qui concernent les progrès de l’industrie, du commerce, des lettres, des sciences, des arts, depuis les règlements du Théâtre-Français jusqu’à ceux de l’Institut, depuis l’institution des prud’hommes jusqu’à la création de la Légion d’honneur, ont été fixées par les décrets de ce temps.

On peut donc l’affirmer, la charpente de notre édifice social est l’œuvre de l’Empereur, et elle a résisté à sa chute et à trois révolutions.

Pourquoi, avec la même origine, les institutions politiques n’auraient-elles pas les mêmes chances de durée ?

Ma conviction était formée depuis longtemps, et c’est pour cela que j’ai soumis à votre jugement les bases principales d’une constitution empruntée à celle de l’an VIII. Approuvées par vous, elles vont devenir le fondement de notre Constitution politique.

Examinons quel en est l’esprit :

Dans notre pays, monarchique depuis huit cents ans, le pouvoir central a toujours été en s’augmentant. La royauté a détruit les grands vassaux ; les révolutions elles-mêmes ont fait disparaître les obstacles qui s’opposaient à l’exercice rapide et uniforme de l’autorité. Dans ce pays de centralisation, l’opinion publique a sans cesse tout rapporté au chef du gouvernement, le bien comme le mal. Aussi, écrire en tête d’une charte que ce chef est irresponsable, c’est mentir au sentiment public, c’est vouloir établir une fonction qui s’est trois fois évanouie au bruit des révolutions.

La Constitution actuelle proclame, au contraire, que le chef que vous avez élu est responsable devant vous ; qu’il a toujours le droit de faire appel à votre jugement souverain, afin que, dans les circonstances solennelles, vous puissiez lui continuer ou lui retirer votre confiance.

Étant responsable, il faut que son action soit libre et sans entraves. De là l’obligation d’avoir des ministres qui soient les auxiliaires honorés et puissants de sa pensée, mais qui ne forment plus un Conseil responsable, composé de membres solidaires, obstacle journalier à l’impulsion particulière du chef de l’Etat, expression d’une politique émanée des Chambres, et par là même exposée à des changements fréquents, qui empêchent tout esprit de suite, toute application d’un système régulier.

Néanmoins, plus un homme est haut placé, plus il est indépendant, plus la confiance que le Peuple a mise en lui est grande, plus il a besoin de conseils éclairés, consciencieux. De là la création d’un Conseil d’État, désormais véritable Conseil du gouvernement, premier rouage de notre organisation nouvelle, réunion d’hommes pratiques élaborant les projets de loi dans des commission spéciales, les discutant à huis clos, sans ostentation oratoire, en assemblée générale, et les présentant ensuite à l’acceptation du Corps législatif.

Ainsi le pouvoir est libre dans ses mouvements, éclairé dans sa marche.

Quel sera maintenant le contrôle exercé par les Assemblées ?

Une Chambre, qui prend le titre de Corps législatif, vote les lois et l’impôt. Elle est élue par le suffrage universel, sans scrutin de liste. Le Peuple, choisissant isolément chaque candidat, peut plus facilement apprécier le mérite de chacun d’eux.

La Chambre n’est plus composée que d’environ deux cent soixante membres. C’est là une première garantie du calme des délibérations, car trop souvent on a vu dans les Assemblées la mobilité et l’ardeur des passions croître en raison du nombre.

Le compte rendu des séances qui doit instruire la Nation n’est plus livré, comme autrefois, à l’esprit de parti de chaque journal ; une publication officielle, rédigée par les soins du président de la Chambre, en est seule permise.

Le Corps législatif discute librement la loi, l’adopte ou la repousse ; mais il n’y introduit pas à l’improviste de ces amendements qui dérangent souvent toute l’économie d’un système et l’ensemble du projet primitif. A plus forte raison n’a-t-il pas cette initiative parlementaire qui était la source de si graves abus, et qui permettrait à chaque député de se substituer à tout propos au Gouvernement en présentant les projets les moins étudiés, les moins approfondis.

La Chambre n’étant plus en présence des ministres, et les projets de loi étant soutenus par les orateurs du Conseil d’État, le temps ne se perd pas en vaines interpellations, en accusations frivoles, en luttes passionnées dont l’unique but était de renverser les ministres pour les remplacer.

Ainsi donc, les délibérations du Corps législatif seront indépendantes ; mais les causes d’agitations stériles auront été supprimées, des lenteurs salutaires apportées à toute modification de la loi. Les mandataires de la Nation feront mûrement les choses sérieuses.

Une autre Assemblée prend le nom de Sénat. Elle sera composée des éléments qui, dans tout pays, créent les influences légitimes : le nom illustre, la fortune, le talent et les services rendus.

Le Sénat n’est plus, comme la Chambre des pairs, le pâle reflet de la Chambre des députés, répétant, à quelques jours d’intervalle, les mêmes discussions sur un autre ton. Il est le dépositaire du pacte fondamental et des libertés compatibles avec la Constitution ; et c’est uniquement sous le rapport des grands principes sur lesquels repose notre société, qu’il examine toutes les lois et qu’il en propose de nouvelles au pouvoir exécutif. Il intervient, soit pour résoudre toute difficulté grave qui pourrait s’élever pendant l’absence du Corps législatif, soit pour expliquer le texte de la Constitution et assurer ce qui est nécessaire à sa marche. Il a le droit d’annuler tout acte arbitraire et illégal, et, jouissant ainsi de cette considération qui s’attache à un corps exclusivement occupé de l’examen de grands intérêts ou de l’application de grands principes, il remplit dans l’État le rôle indépendant, salutaire, conservateur, des anciens parlements.

Le Sénat ne sera pas, comme la Chambre des pairs, transformé en Cour de justice : il conservera son caractère de modérateur suprême, car la défaveur atteint toujours les corps politiques lorsque le sanctuaire des législateurs devient un tribunal criminel. L’impartialité du juge est trop souvent mise en doute, et il perd son prestige devant l’opinion, qui va quelquefois jusqu’à l’accuser d’être l’instrument de la passion ou de la haine.

Une Haute Cour de justice, choisie dans la haute magistrature, ayant pour jurés des membres des conseils généraux de toute la France, réprimera seule les attentats contre le chef de l’État et la sûreté publique.

L’Empereur disait au Conseil d’État : « Une Constitution est l’œuvre du temps ; on ne saurait laisser une trop large voie aux améliorations. » Aussi la Constitution présente n’a-t-elle fixé que ce qu’il était impossible de laisser incertain. Elle n’a pas enfermé dans un cercle infranchissable les destinées d’un grand peuple, elle a laissé aux changements une assez large voie pour qu’il y ait, dans les grandes crises, d’autres moyens de salut que l’expédient désastreux des révolutions.

Le Sénat peut, de concert avec le gouvernement, modifier tout ce qui n’est pas fondamental dans la Constitution ; mais quant aux modifications à apporter aux bases premières, sanctionnées par vos suffrages, elles ne peuvent devenir définitives qu’après avoir reçu votre ratification.

Ainsi, le Peuple reste toujours maître de sa destinée. Rien de fondamental ne se fait en dehors de sa volonté.

Telles sont les idées, tels sont les principes dont vous m’avez autorisé à faire l’application. Puisse cette constitution donner à notre patrie des jours calmes et prospères ! Puisse-t-elle prévenir le retour de ces luttes intestines où la victoire, quelque légitime qu’elle soit, est toujours chèrement achetée ! Puisse la sanction que vous avez donnée à mes efforts être bénie du ciel ! Alors la paix sera assurée au-dedans et au-dehors, mes vœux seront comblés, ma mission sera accompli.

MB_bbrConstitution du 14 janvier 1852

(faite en vertu des pouvoirs délégués par le peuple français à Louis-Napoléon Bonaparte par le vote des 20 et 21 décembre 1851).

LE PRÉSIDENT DE LA RÉPUBLIQUE, considérant que le Peuple français a été appelé à se prononcer sur la résolution suivante :

«Le peuple veut le maintien de l’autorité de Louis-Napoléon Bonaparte, et lui donne les pouvoirs nécessaires pour faire une Constitution d’après les bases établies dans sa proclamation du 2 décembre »

Considérant que les bases proposées à l’acceptation du Peuple étaient :

« 1° Un chef responsable nommé pour dix ans ;

« 2° Des ministres dépendant du pouvoir exécutif seul ;

« 3° Un Conseil d’État formé des hommes les plus distingués, préparant les lois et en soutenant la discussion devant le Corps législatif ;

« 4° Un Corps législatif discutant et votant les lois, nommé par le suffrage Universel sans scrutin de liste qui fausse l’élection ;

« 5° Une seconde Assemblée formée de toutes les illustrations du pays, pouvoir pondérateur, gardien du pacte fondamental et des libertés publiques. »

Considérant que le Peuple a répondu affirmativement par sept millions cinq cent mille suffrages,

PROMULGUE LA CONSTITUTION

dont la teneur suit :

TITRE PREMIER

ARTICLE PREMIER. – La Constitution reconnaît, confirme et garantit les grands principes proclamés en 1789, et qui sont la base du droit public des Français.

TITRE II

Formes du gouvernement de la République

ART. 2. – Le Gouvernement de la République française est confié pour dix ans au prince Louis-Napoléon Bonaparte, président actuel de la République.

ART. 3. – Le président de la République gouverne au moyen des ministres, du Conseil d’État, du Sénat et du Corps législatif.

ART. 4. – La puissance législative s’exerce collectivement par le président de la République, le Sénat et le Corps législatif.

TITRE III

Du président de la République

ART. 5. – Le président de la République est responsable devant le Peuple français, auquel il a toujours le droit de faire appel.

ART. 6. – Le président de la République est le chef de l’État ; il commande les forces de terre et de mer, déclare la guerre, fait les traités de paix, d’alliance et de commerce, nomme à tous les emplois, fait les règlements et décrets nécessaires pour l’exécution des lois.

ART. 7. – La justice se rend en son nom.

ART. 8. – Il a seul l’initiative des lois.

ART. 9. – Il a le droit de faire grâce.

ART. 10. – Il sanctionne et promulgue les lois et les sénatus-consultes.

ART. 11. – Il présente, tous les ans, au Sénat et au Corps législatif, par un message, l’état des affaires de la République.

ART. 12. – Il a le droit de déclarer l’état de siège dans un ou plusieurs départements, sauf à en référer au Sénat dans le plus bref délai. – Les conséquences de l’état de siège sont réglées par la loi.

ART. 13. – Les ministres ne dépendent que du chef de l’État ; ils ne sont responsables que, chacun en ce qui le concerne, des actes du gouvernement ; il n’y a point de solidarité entre eux ; ils ne peuvent être mis en accusation que par le Sénat.

ART. 14. – Les ministres, les membres du Sénat, du Corps législatif et du Conseil d’État, les officiers de terre et de mer, les magistrats et les fonctionnaires publics prêtent le serment ainsi conçu : « Je jure obéissance à la Constitution et fidélité au président. »

ART. 15. – Un sénatus-consulte fixe la somme allouée annuellement au président de la République pour toute la durée de ses fonctions.

ART. 16. – Si le président de la République meurt avant l’expiration de son mandat, le Sénat convoque la Nation pour procéder à une nouvelle élection.

ART. 17. – Le chef de l’État a le droit, par un acte secret et déposé aux archives du Sénat, de désigner le nom du citoyen qu’il recommande, dans l’intérêt de la France, à la confiance du Peuple et à ses suffrages.

ART. 18. – Jusqu’à l’élection du nouveau président de la République, le président du Sénat gouverne avec le concours des ministres en fonctions, qui se forment en Conseil de gouvernement, et délibèrent à la majorité des voix.

TITRE IV

Du Sénat

ART. 19. – Le nombre des sénateurs ne pourra excéder cent cinquante : il est fixé pour la première année, à quatre-vingts.

ART. 20. – Le Sénat se compose : 1° Des cardinaux, des maréchaux, des amiraux ; 2° Des citoyens que le président de la République juge convenable d’élever à la dignité de sénateur.

ART. 21. – Les sénateurs sont inamovibles et à vie.

ART. 22. – Les fonctions de sénateur sont gratuites ; néanmoins le président de la République pourra accorder à des sénateurs, en raison de services rendus et de leur position de fortune, une dotation personnelle, qui ne pourra excéder trente mille francs par an.

ART. 23. – Le président et les vice-présidents du Sénat sont nommés par le président de la République et choisis parmi les sénateurs. – Ils sont nommés pour un an. – Le traitement du président du Sénat est fixé par un décret.

ART. 24. – Le président de la République convoque et proroge le Sénat. Il fixe la durée de ses sessions par un décret. – Les séances du Sénat ne sont pas publiques.

ART. 25. – Le Sénat est le gardien du pacte fondamental et des libertés publiques. Aucune loi ne peut être promulguée avant de lui avoir été soumise.

ART. 26. – Le Sénat s’oppose à la promulgation. – 1° Des lois qui seraient contraires ou qui porteraient atteinte à la Constitution, à la religion, à la morale, à la liberté des cultes, à la liberté individuelle, à l’égalité des citoyens devant la loi, à l’inviolabilité de la propriété et au principe de l’inamovibilité de la magistrature ; 2° De celles qui pourraient compromettre la défense du territoire.

ART. 27. – Le Sénat règle par un sénatus-consulte : 1° La constitution des colonies et de l’Algérie ; 2° Tout ce qui n’a pas été prévu par la Constitution et qui est nécessaire à sa marche ; 3° Le sens des articles de la Constitution qui donnent lieu à différentes interprétations.

ART. 28. – Ces sénatus-consultes seront soumis à la sanction du président de la République et promulgués par lui.

ART. 29. – Le Sénat maintient ou annule tous les actes qui lui sont déférés comme inconstitutionnels par le gouvernement, ou dénoncés, pour la même cause, par les pétitions des citoyens.

ART. 30. – Le Sénat peut, dans un rapport adressé au président de la République, poser les bases de projets de loi d’un grand intérêt national.

ART. 31. – Il peut également proposer des modifications à la Constitution. Si la proposition est adoptée par le pouvoir exécutif, il y est statué par un sénatus-consulte.

ART. 32. – Néanmoins, sera soumise au suffrage universel toute modification aux bases fondamentales de la Constitution, telles qu’elles ont été posées dans la proclamation du 2 décembre et adoptées par le Peuple français.

ART. 33. – En cas de dissolution du Corps législatif, et jusqu’à une nouvelle convocation, le Sénat, sur la proposition du président de la République, pourvoit, par des mesures d’urgence, à tout ce qui est nécessaire à la marche du gouvernement.

TITRE V

Du Corps législatif

ART. 34. – L’élection a pour base la population.

ART. 35. – Il y aura un député au Corps législatif à raison de trente-cinq mille électeurs.

ART. 36. – Les députés sont élus par le suffrage universel, sans scrutin de liste.

ART. 37. – Ils ne reçoivent aucun traitement.

ART. 38. – Ils sont nommés pour six ans.

ART. 39. – Le Corps législatif discute et vote les projets de loi et l’impôt.

ART. 40. – Tout amendement adopté par la commission chargée d’examiner un projet de loi sera renvoyé, sans discussion, au Conseil d’Etat par le président du Corps législatif. – Si l’amendement n’est pas adopté par le Conseil d’Etat, il ne pourra pas être soumis à la délibération du Corps législatif.

ART. 41. – Les sessions ordinaires du Corps législatif durent trois mois ; ses séances sont publiques, mais la demande de cinq membres suffit pour qu’il se forme en Comité secret.

ART. 42. – Le compte rendu des séances du Corps législatif par les journaux ou tout autre moyen de publication, ne consistera que dans la reproduction du procès-verbal, dressé, à l’issue de chaque séance, par les soins du président du Corps législatif.

ART. 43. – Le président et les vice-présidents du Corps législatif sont nommés par le président de la République pour un an ; ils sont choisis parmi les députés. Le traitement du président du Corps législatif est fixé par un décret.

ART. 44. – Les ministres ne peuvent être membres du Corps législatif.

ART. 45. – Le droit de pétition s’exerce auprès du Sénat. Aucune pétition ne peut être adressée au Corps législatif.

ART. 46. – Le président de la République convoque, ajourne, proroge et dissout le Corps législatif. En cas de dissolution, le président de la République doit en convoquer un nouveau dans le délai de six mois.

TITRE VI

Du Conseil d’État

ART. 47. – Le nombre des conseillers d’État en service ordinaire est de quarante à cinquante.

ART. 48. – Les conseillers d’État sont nommés par le président de la République, et révocables par lui.

ART. 49. – Le Conseil d’État est présidé par le président de la République, et, en son absence, par la personne qu’il désigne comme vice-président du Conseil d’État.

ART. 50. – Le Conseil d’État est chargé, sous la direction du président de la République, de rédiger les projets de loi et les règlements d’administration publique, et de résoudre les difficultés qui s’élèvent en matière d’administration.

ART. 51. – Il soutient au nom du gouvernement, la discussion des projets de loi devant le Sénat et le Corps législatif. – Les conseillers d’État chargés de porter la parole au nom du gouvernement sont désignés par le président de la République.

ART. 52. – Le traitement de chaque conseiller d’État est de vingt-cinq mille francs.

ART. 53. – Les ministres ont rang, séance et voix délibérative au Conseil d’État.

TITRE VII

De la Haute Cour de justice

ART. 54. – Une Haute Cour de justice juge, sans appel ni recours en cassation, toutes personnes qui ont été renvoyées devant elle comme prévenues de crimes, attentats ou complots contre le président de la République et contre la sûreté intérieure ou extérieure de l’État. – Elle ne peut être saisie qu’en vertu d’un décret du président de la République.

ART. 55. – Un sénatus-consulte déterminera l’organisation de cette Haute Cour.

TITRE VIII

Dispositions générales et transitoires

ART. 56. – Les dispositions des codes, lois et règlements existants, qui ne sont pas contraires à la présente Constitution, restent en vigueur jusqu’à ce qu’il y soit légalement dérogé.

ART. 57. – Une loi déterminera l’organisation municipale. Les maires seront nommés par le pouvoir exécutif, et pourront être pris hors du conseil municipal.

ART. 58. – La présente Constitution sera en vigueur à dater du jour où les grands Corps de l’État qu’elle organise seront constitués. – Les décrets rendus par le président de la République, à partir du 2 décembre jusqu’à cette époque, auront force de loi.

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A propos mouvementbonapartiste

JOURNAL OFFICIEL DE LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE 6 février 2010 1016 - * Déclaration à la préfecture de Meurthe-et-Moselle. MOUVEMENT BONAPARTISTE Objet : défendre, faire connaître et étendre les principes et valeurs du Bonapartisme. Il s’appuie sur l’adhésion populaire à une politique de redressement conjuguant les efforts des particuliers, associations et services de l’État. Le mouvement défend les principes bonapartistes sur lesquels il est fondé, et qui régissent son fonctionnement intérieur. Il défend également la mémoire de Napoléon le Grand, ainsi que celle de Napoléon III et de leurs fils, Napoléon II et Napoléon IV. Il reconnait Napoléon IV comme ayant régné sans avoir gouverné, en vertu du plébiscite de mai 1870. Le mouvement ne reconnait pas d’empereur après 1879, en vertu de l’absence de plébiscite. Républicain, il privilégie le bonheur, les intérêts et la gloire des peuples, et n’envisage de rétablissement de l’Empire que si les fondements en sont républicains et le régime approuvé par voie référendaire.
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